3 min de lecture Cyclisme

Tour de France 2019 : pourquoi la course ne fait pas vraiment le tour du pays

ÉCLAIRAGE - La 106e Grande Boucle cycliste, qui s'élance samedi 6 juillet de Bruxelles, se déroule pour l'essentiel sous une diagonale Nancy-Pau, délaissant une large partie du pays.

Le peloton du Critérium du Dauphiné le 16 juin 2019
Le peloton du Critérium du Dauphiné le 16 juin 2019 Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP
Gregory Fortune
Gregory Fortune
Journaliste RTL

Chaque année, lorsque le parcours est dévoilé en octobre ou lorsque la course s'apprête à s'élancer en juillet, de nombreuses personnes s'étonnent en découvrant la carte : le Tour de France ne ressemble pas vraiment, voire pas du tout, à un véritable tour du pays, une boucle qui épouserait plus ou moins les frontières et le littoral de l'Hexagone. 

Le tracé de la 106e édition risque même de faire bondir celles et ceux qui s'attendent à une large visite des régions de France, de l'Alsace aux Pyrénées en passant par la Bretagne et la côte méditerranéenne. Les 3.480 km de course sont cette année condensés sous une diagonale Nancy - Pau, excluant en gros deux tiers du pays à l'Ouest.

Alors, y a-t-il tromperie sur la marchandise ? Pourquoi appeler Tour une course qui ne visite jamais tous les territoires la même année ? Premier élément de réponse : le terme Tour ne signifie pas que le tracé doive épouser une boucle homogène. Il annonce que la course se dispute par étapes, ici sur trois semaines. Ensuite, pour dessiner une Grande Boucle, les contraintes se révèlent multiples. 

3.500 km maximum

Elle sont d'abord réglementaires puisque l'Union cycliste internationale, le pouvoir sportif, exige des plafonnements de distance (3.500 km au total), de nombre de jours de course (21) et oblige les organisateurs à prévoir au moins deux journée de repos. Au maximum, cela offre donc la possibilité de disputer 21 étapes de 167 km en moyenne. Or, le pourtour de la France est de 6.718 km (2.913 de frontières, 3.805 de littoral). Ce qui ferait des étapes de 319 km en moyenne sur trois semaines.

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De Lille à Marseille en passant par Metz, Strasbourg, Besançon, Lyon, Nice et Toulon, il y a déjà environ 1.750 km. La distance Marseille - Bayonne via Montpellier, Perpignan et Lourdes est de 855 km. Ajoutez 1.490 km pour la remontée jusqu'au Havre par Bordeaux, Nantes, Quimper, Brest, Saint-Brieuc et Cherbourg, et encore 200 pour rejoindre Paris depuis la Normandie : sans longer les côtes au millimètre, la distance atteint 4.295 km.

Les habitants du centre de la France seraient délaissés

Même les plus sceptiques conviendront, primo qu'il est impossible d'effectuer un véritable Tour de France en vertu des règles de l'UCI, et sans avoir recours au dopage, secundo que la répétition d'un tel parcours chaque année, même en changeant de sens, risquerait de manquer d'intérêt, tertio que la plupart des habitants du pays serait privé du spectacle (à commencer par ceux de Clermont-Ferrand).

Dès lors, les organisateurs prennent le parti chaque année de bâtir une course qui, en alternance et sur plusieurs années, se rend dans toutes les régions, sur des terrains de jeu les plus variés possibles, favorable à tous les types de coureurs, tout en faisant la part belles à la géographie et au patrimoine du pays. Une seule règle, non écrite, figure au cahier des charges de façon systématique : se rendre dans les Pyrénées et les Alpes, sans ordre précis.

Aller dans toutes les régions au moins une fois tous les cinq ou six ans

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France
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Ensuite, Christian Prudhomme, en poste depuis 2006, explique sa volonté "d'aller dans toutes les régions au moins une fois tous les cinq ou six ans" tout en soulignant que "si l'on trace une ligne droite du nord de l'Alsace au Pays Basque, il n'y a pas de montagne à l'ouest. Mais il est hors de question que l'on n'y aille pas". 

Largement servi en 2018 avec départ en Vendée et long passage en Bretagne, le grand Ouest est ainsi délaissé en 2019, mais reviendra bientôt, à coup sûr. Cette fois, c'est l'autre partie du pays, la plus montagneuse, qui tire parti de l'alternance. "Le lieu du Grand Départ (Bruxelles cette année) est également un élément évidemment déterminant pour l'ensemble du parcours", ajoute le directeur du Tour.  

Par ailleurs, les organisateurs assurent être parfaitement autonomes dans leurs choix, tant vis-à-vis des équipes ou des coureurs que des diffuseurs. "On pense bien sûr à la télévision qui magnifie les paysages du Tour et de la France mais la télévision s'adapte aux parcours du Tour. La France est belle et variée, c'est une chance immense", conclut Christian Prudhomme.  

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