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Route du Rhum 2022 : "Mec, si tu veux survivre, tu as 30 sec pour trouver le couteau", Fabrice Amedeo raconte son terrible naufrage

INVITÉ RTL - Le bateau de Fabrice Amedeo a sombré au cours de la Route du Rhum 2022. Le skipper a frôlé la mort. Il raconte son naufrage, sa survie et son incroyable sauvetage au micro de RTL.

Fabrice Amadeo
Fabrice Amadeo
Crédit : Pierre Bouras
Route du Rhum : Fabrice Amedeo est l'invité de RTL Soir
00:09:11
Julien Sellier & Jeanne Le Borgne

"J'ai vraiment le sentiment d'avoir frôlé la mort plusieurs fois." Tout a commencé par une voie d'eau dans son bateau. Au beau milieu de la Route du Rhum, Fabrice Amedeo, skippeur à la barre de l'Imoca Nexans Art et Fenêtres, se retrouve subitement sans électricité et décide de mettre le cap sur le Portugal. C'est à ce moment que retentit une première explosion. "Il y a eu des alertes de fumée, qui émanaient des batteries, et ensuite une explosion, puis un début d'incendie", se remémore-t-il.

Quelques heures plus tard, une seconde explosion survient et un incendie d'une tout autre importance se déclenche. "J'ai essayé d'éteindre les flammes avec un extincteur, mais il y avait tellement de fumée que je ne pouvais plus intervenir...", retrace le marin. Celui-ci récupère alors sa combinaison de survie dans la cabine et son alliance. Il passe un dernier coup de fil à son équipe pour demander son évacuation. "J'ai raccroché et un geyser de flammes est sorti de la cabine, raconte-t-il. J'étais au milieu des flammes pour pousser le radeau de survie et tenter de le mettre à l'eau."

Mais sur le radeau de survie, les ennuis continuent. Le cordon reliant l'embarcation au bateau de course ne s'est pas rompu pas et le radeau a commencé à se remplir d'eau et se retourner. "Je me rappelle m'être dit : 'Mec, si tu veux vivre, tu as trente secondes pour trouver le couteau'", explique Fabrice Amedeo, qui a finalement trouvé le couteau et est parvenu à rompre le lien. 

"Au-revoir mon beau bateau"

Le skippeur voit alors son bateau couler. "C'est un moment absolument terrible. Ce bateau, c'est une tranche de ma vie. Je suis entrepreneur et j'ai acheté ce bateau pour pouvoir vivre mon rêve. Et là, je vois ce pan de ma vie partir en fumée et sombrer, donc c'est absolument catastrophique. Je suis bien sûr très affecté", confie-t-il pudiquement. 

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Pour autant, ce que le marin retient de sa survie, c'est qu'il a "vraiment quitté l'enfer avec ce bateau qui brûlait" et qu'une fois sur son petit radeau de survie - "une petite bouée pour enfant" -, il se sent enfin "en sécurité". "J'ai l'impression d'être dans un havre de paix, au ras de l'eau, assure-t-il. Quand j'ai quitté mon bateau, j'ai quitté l'enfer et l'océan n'était pas menaçant. L'océan m'a accueilli sur mon radeau de survie." Très lié sentimentalement à son monocoque, Fabrice Amedeo, lui dit alors "Au-revoir mon beau bateau". 

Une reconnaissance éternelle

Après près deux heures à lancer des messages de survie - "Mayday, Mayday, Mayday" - avec sa VHF, un cargo a enfin répondu à Fabrice Amedeo. "Je vois arriver un porte-conteneurs, un énorme truc qui fait peut-être 250 mètres de long et qui est haut de huit étages et là je me dis, 'Ça va être chaud, les choses sérieuses commencent'. Parce que la mer est formée..." 

Après deux tentatives de rapprochement et une montée à l'échelle, Fabrice Amedeo est finalement sauvé. "Ma vie tenait vraiment à un fil. Si le radeau passait sous l'escalier, j'étais un homme à l'eau et non plus un homme sur un radeau. J'ai eu la chance de tomber sur un équipage et surtout un capitaine d'un immense professionnalisme", lâche, reconnaissant, le skippeur. "Je suis d'ailleurs très marquée par ce passage sur ce cargo avec tous ces gens qui ont pris soin de moi", poursuit-il. 

Une fois l'adrénaline retombée, la première pensée de Fabrice Amedeo a été de se dire : "La mort n'a pas voulu de moi, ou, en tout cas, la vie m'a donné une nouvelle chance et je compte bien la saisir, aussi bien en tant qu'homme qu'en tant que marin." Il faudra ainsi compter sur le Breton lors du Vendée Globe 2024. 

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