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Masomah Ali Zada, petite reine de Kaboul, en selle pour les JO

REPORTAGE - Cette cycliste afghane, âgée de 24 ans rêve de participer aux prochains Jeux Olympiques de Tokyo. La pratique de son sport étant interdite dans son pays, elle a trouvé refuge dans le nord de la France, grâce à l'abnégation de passionnés de vélo.

Masomah Ali Zada, cycliste Afghane et son club à Lille en mai 2021
Masomah Ali Zada, cycliste Afghane et son club à Lille en mai 2021
Crédit : Nicolas Burnens / RTL
Masomah Ali Zada, petite reine de Kaboul, en selle pour les JO
05:03
Micro RTL (illustration)
Nicolas Burnens
Animateur

Masomah Ali Zada, cycliste afghane rêvant de prendre part aux J.O de Tokyo, a fui son pays, où elle n'a pas le droit de pratiquer son sport, pour se réfugier en France. RTL a rencontré la jeune femme de 24 ans et l’a suivie en périphérie de Lille, à l'entraînement, au sein d'un club de cyclistes local. 

Sur son vélo en carbone, Masomah traverse les villages, passe devant les maisons en briques rouges, les estaminets, et les champs de blé. Elle admire ce paysage, bien loin des routes afghanes. "Quand je vois les gens, les bâtiments, les constructions, je sens l’odeur de champs : ça c’est vraiment être libre" confie-t-elle.  

Un léger foulard noir dépasse de son casque. En Afghanistan, Masomah a risqué sa vie pour son sport. Faire du vélo est considéré comme un péché et un déshonneur. "Quand j'étais à Kaboul, j'ai essayé de couvrir mon visage pour que les gens ne sachent pas que je suis une fille" parce que "la place des filles est à la maison dans la cuisine" explique la jeune fille. 

Sur les pavés, le peloton file à 35 km/h, accélère au bout d'une dizaine de kilomètres. La jeune cycliste s'accroche, grimace, la douleur se lit sur son visage. Plusieurs coureurs s'échappent. "Elle s’accroche. Personne ne la pousse, elle est déjà en train de se pousser elle-même et je pense c’est ça le plus important dans le cyclisme", confie l’un des coureurs du peloton. Et d’ajouter : "plus qu’admiratif, je la trouve très courageuse". 

Un exemple à suivre

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À la fin de l'entraînement, Masomah s’arrête, exténuée. Elle a tout donné. "Au début, on a commencé un peu dur, mais c’est important parce que la course commence vite" explique-t-elle. Toute cette préparation est un entrainement pour les Jeux Olympiques, même si "je ne sélectionne pas, je le fais". 

La jeune athlète s'entraîne dur pour espérer pouvoir intégrer l'équipe olympique des réfugiés des prochains JO de Tokyo. "On n'a pas besoin qu'elle sprinte, on n’a pas besoin qu’elle soit puncheuse, ni grimpeuse. On n’a pas besoin de tout ça, on a juste besoin qu’elle puisse pouvoir être intégrée au sein du peloton et qu’elle puisse tenir les meilleurs le plus longtemps possible", affirme Jérôme Lambert, son entraîneur.

Il ajoute : "Elle quitte un pays pour un pays complètement étranger avec des codes différents, une culture différente. Rien que la barrière de la langue, c’est énorme. Je pense qu’il y a beaucoup de gens en France qui pourrait prendre son exemple". 

Athlète et étudiante

À côté du cyclisme, Masomah étudie le génie civil sur le campus de l'université de Lille pour devenir ingénieur. Dans sa petite chambre, la jeune femme, révise à son bureau. Sur une étagère, trônent des médailles de cyclisme, remportées en Afghanistan. 

À Kaboul, Masomah est parfois obligée de s'entraîner la nuit pour éviter les insultes, les jets de pierres et les agressions physiques. "On vivait dans un pays où on voyait beaucoup de discriminations contre les femmes, avec beaucoup de violence". "Mon coach nous disait toujours : 'Vous n’êtes pas n’importe qui'". 

La notoriété croissante de la jeune cycliste ne fait que renforcer la pression. Celle que les médias surnomment "la Petite Reine de Kaboul" réfléchit à abandonner le vélo. Son père lui demande de continuer. Défendant l’émancipation des femmes, il explique à sa fille que si elle arrête, cela va décourager les autres sportives : "tu ne dois pas arrêter" ajoute-t-il. 

Un combat pour toutes les femmes

Menacée de mort, Masomah est finalement contrainte de quitter l'Afghanistan. Patrick Communal découvre son histoire lors d'un reportage à la télévision. Ce professeur d'université et passionné de cyclisme l'aide alors à rejoindre la France avec sa famille. 

"Quand on regarde son parcours, elle a un destin à part" déclare-t-il. "Elle a voulu venir à l’université, elle est venue à l’université. Elle voulait une bourse olympique, elle a eu la bourse olympique".  

Assise à ses côtés, l'étudiante sourit, réajuste son voile brodé de fleurs. À 24 ans, elle souhaite devenir la première championne de cyclisme musulmane. Elle explique que "Ce n’est pas seulement pour les femmes de mon pays" d’elle continue le vélo, c’est aussi "c’est pour tous les pays où elles aimeraient faire du sport". "Les femmes, si elles veulent faire quelque chose, elles peuvent le faire" affirme-t-elle. 

Après ses révisions, Masomah remontera sur son vélo. Elle rêve de rapporter un jour, une médaille olympique pour l'Afghanistan et de changer l'image des femmes de son pays. 

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