2 min de lecture
Les participants de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc à Chamonix, le 29 août 2025.
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Sport »
Mettre RTL en favori sur Google
Ils en ont ras-le-bol. Si certains riverains chérissent l'Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), dont la 23ᵉ édition a lieu cette semaine, de nombreux habitants de Chamonix (Haute-Savoie) expriment leur exaspération face à un évènement qui dépasse les capacités d'accueil de la ville, selon eux.
Il faut dire que les chiffres donnent le tournis. Depuis lundi 24 août, plus de 10.000 coureurs s'affrontent sur huit courses, dont la majorité se terminent au cœur de la cité.
L'épreuve reine, qui s'élancera elle vendredi, attire des amateurs d'ultra-endurance du monde entier : une boucle d'environ 174 km, depuis Chamonix, avec près de 10.000 m. de dénivelé positif autour du mont Blanc, disputée de jour et de nuit entre la France, l'Italie et la Suisse. Pour l'occasion, on attend environ 100.000 spectateurs dans cette station de 9.000 âmes à l'année.
Au fil des éditions, les bouchons monstres occasionnés, les nuisances sonores et les dégâts causés sur des sentiers déjà fragilisés par le réchauffement climatique ont fini par dégoûter une partie des locaux, alors qu'il n'y avait que 300 inscrits en 2003.
Désormais, beaucoup de Chamoniards n'en peuvent plus, à l'image de Florent, membre d'une association pour le bien-vivre dans la commune. "C'est trop de monde, trop de nuisances dans la vie de tous les jours, pour se garer, pour circuler, pour travailler. Cela devient un petit peu difficile à vivre pour nous, sans parler des écosystèmes plutôt fragiles que la course traverse", explique-t-il, avec son t-shirt frappé de l'inscription "Fuck UTMB".
Le maire de Chamonix, François-Xavier Laffin, souhaite que les organisateurs réduisent la voilure autour de la plus prestigieuse des courses en montagne, tandis que certains commerçants baissent même leur rideau pendant l'évènement, leurs clients ne pouvant arriver jusqu'à eux.
"On a une vallée particulièrement contrainte, fragile. On a un environnement qu'il nous faut préserver pour pouvoir le transmettre aux futures générations. Sinon, on méprise nos habitants, on méprise quelque part notre vallée", considère l'édile divers centre. En début de semaine, lui qui a déjà participé à l'événement par le passé jugeait auprès de l'AFP que l'UTMB est "magique" mais "est allé trop loin."
Il entend également réduire la présence des dizaines de marques, qui organisent souvent des évènements privés tels que des DJ-set en haut des montagnes ou encore des courses "corporates" non-officielles.
De son côté, Isabelle Poletti, directrice de l'UTMB, ne veut pas assumer toute la fréquentation touristique de la vallée. D'ailleurs, les organisateurs ont interdit les bâtons de marche dans les zones protégées et rendu obligatoires les lumières rouges sur les lampes frontales pour ne pas effrayer la faune.
"Abîmer la nature ? Ma réponse, elle passe par
deux chiffres : 10.000 coureurs contre 130.000 randonneurs le reste du temps. On est prêts à travailler sur notre impact, mais on ne va pas supporter tout seul
l'impact de l'ensemble des populations qui utilisent les sentiers", affirme-t-elle à notre micro.
Selon elle, les retombées économiques de cette grande messe de l'ultra-trail s'élèvent néanmoins à 45 millions d'euros pour l'ensemble des vallées traversées par les épreuves. Autrement dit, les pros et les anti-UTMB n'ont pas fini de s'opposer.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte