3 min de lecture Crise économique

Basket, foot, judo... 3 exemples de clubs pros et amateurs frappés par la crise

ÉCLAIRAGE - Du petit club de judo de Guise, dans l'Aisne, au club professionnel de basket de Nanterre en passant par les footballeurs de Saint-Vrain dans l'Essonne, les dirigeants expliquent comment ils survivent mais aussi leur inquiétude pour l'avenir.

Yves Calvi_ 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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Basket, foot, judo... 3 exemples de clubs pros et amateurs frappés par la crise Crédit Image : THOMAS SAMSON / AFP | Crédit Média : Nicolas Georgereau | Durée : | Date : La page de l'émission
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Nicolas Georgereau édité par Gregory Fortune

Le coronavirus et ses variants n'en finissent pas d'impacter nos vies et notamment nos  pratiques sportives. Clubs amateurs et associations sont en souffrance financière pour une grande majorité, quel que soit le niveau, quelle que soit la discipline. Reportage dans trois clubs, un de judo, un de football et un de basket. Amateur ou professionnel, il est trèst dur de s'en sortir.

Direction l'Aisne, tout d'abord, dans la commune de Guise, 5.000 habitants. Serge Moutier a 72 ans. Il dirige le club de judo local depuis une dizaine d'années. Tout est à l'arrêt. Il n'y a personne sur les tatamis. Le club est en sommeil et vit sur un fil. "Nous étions 215 licenciés, aujourd'hui nous sommes 70", explique le dirigeant. 

À raison de 15 euros de cotisation mensuelle par licencié, ce n'est pas grand-chose. Son budget de 20.000 euros annuels dévisse : il lui reste trois mois de trésorerie. "J'ai trouvé un sponsor qui vient de me donner 1.200 euros. Ça fait du bien, ça me permet de payer les charges Urssaf. Je fais face comme je peux".

Est-ce que la municipalité va me donner la même subvention ?

Serge Moutier, président du club de judo de Guise
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Sa réserve, ce sont les 2.400 euros d’un loto organisé il y a un an. Serge Moutier attend la prochaine échéance. "Du fait qu'on n'a pas fait de judo en 2020, est-ce que la municipalité va me donner la même subvention ? Je n'en sais rien. 5.000 euros : ça, si je ne l'ai pas, ça va être très difficile".

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Serge Moutier, président du club de judo de Guise
Serge Moutier, président du club de judo de Guise Crédit : Nicolas Georgereau

On se sent seuls, complètement délaissés

Kévin Pieterwas, président du FC Saint-Vrain
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Dans le foot aussi, au niveau départemental, dans l'Essonne on fait face comme on peut. Kévin Pieterwas est le président du FC Saint-Vrain, club de 200 licenciés. Au bord du terrain, aucun sponsor ne s’affiche. Un tiers de son budget de 36.000 euros s’est envolé. "Nous ici, on se sent seuls, complètement délaissés", confie-t-il. 

Au FC Saint-Vrain, comme dans beaucoup d'associations, c'est du 100% bénévole. "Il y a des aides qui sont mises en place par la Fédération, par les districts et par les Ligues, mais qui ne nous concernent pas, parce que ce sont des aides pour les clubs qui ont des éducateurs diplômés et sous contrat", explique le dirigeant, qui regrette aussi que le lien social se soit distendu. 

"Il y a eu un arrêt sur image dans la buvette. On voit les toiles d'araignées qui se mettent sur les coupes... C'est vraiment triste". Confinement, restrictions : le club de cette commune de 3.000 habitants a perdu un quart de ses licenciés. Et le jeune dirigeant de 31 ans s’inquiète de potentielles demandes de remboursement des licences. "J'espère que ça n'arrivera pas, parce que c'est la fermeture du club".

Sur la pelouse du club de foot de Saint-Vrain
Sur la pelouse du club de foot de Saint-Vrain Crédit : Nicolas Georgereau

Le plus anxiogène, on y est

Frédéric Donnadieu, manager du club de basket de Nanterre
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L'inquiétude est donc importante dans les rangs amateurs. Elle est également présente dans le monde professionnel, notamment dans les sports collectifs en salle comme le basket. Prenez Nanterre. Le 11e du championnat de France perd à chaque match à huis-clos environ 100.000 euros. Son budget est de 4,6 millions d'euros, en baisse de 13%.

"Le plus anxiogène, on y est, explique Frédéric Donnadieu, le manager des champions de France 2013. Jusqu'au 31 décembre, tous les accompagnements ont fait qu'on a survécu normalement. Il y a eu le chômage partiel, on a baissé la masse salariale de l'équipe professionnelle entre 15 et 20% - c'est considérable. Par contre, si demain il n'y a pas de championnat et/ou des matches à huis clos, là ça peut être critique".

Dans cette structure familiale, Jean Donnadieu, président et patriarche, 63 ans de présence au club, apprécie les différents gestes. "Des membres du staff, eux-mêmes, ont proposé de baisser leur salaire. C'est quand même tout à l'honneur des gens qui l'ont fait". Les contributions de 80 entreprises, représentant la moitié du budget, sont pour l'instant sécurisées. Résultat selon eux de relations fidèles et solides.

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