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Sexe : le "problème de l'égo masculin" dans la SexTech, selon Christel Le Coq

MASTERS OF SEX - Malgré le succès de sa plateforme, la fondatrice de B.Sensory va mettre la clé sous la porte. En cause ? Un environnement français trop frileux aux entreprises de l'érotisme.

Christel Le Coq, fondatrice de B.Sensory
Christel Le Coq, fondatrice de B.Sensory Crédit : Arièle Bonte pour RTLnet
ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

Après 4 ans "de lutte" à la tête de B.Sensory, Christel Le Coq baisse les bras. "J'ai fait une erreur, c'est de vouloir lancer ce concept en France, avec un produit made in France. Mon produit me paraissait tellement soft par rapport à ce que l'on trouve sur Youporn en quelques secondes". Mais c'était sans compter la censure de l'AppStore ou de Google Play, ou son contact auprès des fonds d'investissement, trop frileux à l'idée de soutenir et financer un projet s'inscrivant dans l'univers de l'érotisme

Car B.Sensory est un concept alliant plaisir de la lecture et plaisir sexuel. L'entreprise de Christel Le Coq a ainsi conçu le premier sextoy connecté, baptisé Little Bird, et dont la particularité est simple : il vibre en même temps que vous lisez, via une application mobile, les passages les plus sensuels d'un récit érotique. 

Malgré plusieurs prix, dont l'un a été remporté en 2016 au prestigieux CES de Las Vegas, Christel Le Coq est aujourd'hui à la recherche d'un repreneur et garde un souvenir, amer, de ces quatre dernières années à tenter de convaincre la France de s'engager dans le business de la SexTech

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Le problème de l'égo masculin

"Je n'ai pas du tout la prétention de dire que si j'avais été aux Etats-Unis, j'aurais réussi et gagné des millions", explique l'entrepreneure avant son intervention aux 11èmes assises françaises de la sexologie et de santé sexuelle à Marseille, vendredi 16 mars.

"Aux États-Unis, même si on les dit très puritains, la religion suprême reste le business. Ils savent que dans le domaine du sexe, il y a de l'argent à se faire". Pour preuve, Christel Le Coq n'a jamais rencontré d'investisseurs américains lui reprochant son engagement entrepreneurial dans l'érotisme. Contrairement à la France.

En cause ? B.Sensory est perçue comme étant une entreprise "pornographique" et "pas éthique", explique Christel Le Qoq. "Il y a un vrai problème d'égo masculin qui ne veut pas financer un projet qui pourrait le remplacer", ajoute-elle avant de souligner que, dans ces instances décisionnaires, "il n'y a quasiment pas de femmes."

Combien d'hommes m'ont dit que leur femme n'avait pas besoin du Little Bird

Christel Le Coq, fondatrice de B.Sensory
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Quand on parle d'érotisme ou de sexualité, Christel Le Coq l'a remarqué, la neutralité est rarement au rendez-vous. "Combien d'hommes m'ont dit que leur femme n'avait pas besoin du Little Bird ou qu'ils n'avaient pas envie de se tirer une balle dans le pied", raconte-t-elle. "Des femmes aussi jouent contre leur camp. Elles disent qu'elles utiliseront un sextoy quand leur homme leur en achètera un". Comme si elles avaient besoin de la permission de leur partenaire pour satisfaire leur plaisir en solitaire.

Le plaisir féminin, une question politique

Christel Le Coq, souvent taclée de "nyphomane" ou de "mal baisée", ne veut pas de ce monde où les libertés individuelles régressent. "J'ai envie d'un futur un peu plus ouvert pour mes deux filles de 12 et 14 ans", confie celle pour qui le combat est finalement loin d'être terminé : "Ma priorité est de trouver un repreneur mais si je n'y arrive pas, j'ai commencé à travailler sur la création d'un accélérateur uniquement dédié aux projets de la SexTech". 

L'objectif : offrir un cadre pour favoriser l'innovation dans ce secteur, travailler autour de questions autour de la santé sexuelle, l'éducation, ou le médical, et multiplier les prises de parole autour de la SexTech, qui est loin de se résumer à la pornographie. 

"Cet échec m'a permis d'être plus militante, engagée, d'encore plus m'intéresser à l'histoire du plaisir féminin et de voir à quel point c'était politique."

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2018-03-17 14:55:00
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