3 min de lecture Droits des femmes

Sensibiliser, punir, aider... 24 mesures pour mieux lutter contre le viol

ÉCLAIRAGE - Les députées Marie-Pierre Rixain (La République En Marche) et Sophie Auconie (Agir, UDI et Indépendants) ont présenté, jeudi 22 février, 24 propositions pour lutter contre le fléau du viol au nom de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale.

Un rapport préconise 24 recommandations pour que les femmes n'aient plus à dire "Me Too"
Un rapport préconise 24 recommandations pour que les femmes n'aient plus à dire "Me Too" Crédit : iStock / Getty Images Plus
ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

En 2017, 93.000 femmes ont été victimes de viol ou tentative de viol en France. Moins de 10% des victimes portent plaintes, peut-on lire dans un rapport d'information sur le viol, rédigé par les députées Marie-Pierre Rixain (La République En Marche) et Sophie Auconie (Agir, UDI et Indépendants), membres de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes de l'Assemblée nationale.

Après avoir rappelé comment la loi définit et punit le viol (il s'agit de "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise" passible de 15 ans de prison et 20 ans pour des situations aggravantes), les auteures de ce rapport, publié jeudi 22 février, ont présenté 24 recommandations afin de mieux lutter contre ce fléau. Résumé en 4 points. 

1. Mieux évaluer

Les connaissances statistiques sur le viol sont de plus en plus précises mais encore insuffisantes, selon la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale.

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Pour mieux évaluer ces violences, cette dernière préconise d'élargir les recherches statistiques "en systématisant l’actualisation de ces données" mais aussi en ouvrant des enquêtes "incluant les populations mineures ou de plus de 70 ans". 

Marie-Pierre Rixain, députée La République En Marche
Marie-Pierre Rixain, députée La République En Marche Crédit : Thomas SAMSON / AFP

2. Mieux sensibiliser

Le viol subit encore aujourd'hui un bon nombre de clichés qui collent peu à la réalité. L'homme qui vous suit et vous agresse dans une allée sombre au cœur de la nuit sous un torrent de pluie ? Ce scénario ne reflète en rien la grande majorité des violences sexuelles qui se déroulent en effet au sein du cercle amical, voire familiale. 

Pour faire comprendre cela à l'ensemble de la société, la délégation préconise le lancement d'une "campagne nationale de grande ampleur". 

Sophie Auconie est députée Agir, UDI et Indépendants
Sophie Auconie est députée Agir, UDI et Indépendants Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP

La sensibilisation aux violences sexuelles mais aussi à l'égalité entre les femmes et les hommes et au consentement doit aussi être garantie à l'intérieur des établissements scolaires. Car malgré la loi, toutes les écoles ne dispensent pas de ces cours obligatoires sur l'éducation à la sexualité.

Les personnels de santé et de la magistrature doivent également être formés sur ces toutes ces questions, recommandent Marie-Pierre Rixain et Sophie Auconie tandis que l’effort déjà engagé avec les forces de l'ordre doit être renforcé, avec notamment un "focus spécialisé sur le viol et autres agressions sexuelles, en particulier à l’encontre des femmes en situation de handicap ou femmes migrantes". 

3. Agir sur la représentation des femmes

Productions pornographiques, images des femmes dans les publicités... La délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale demande une réflexion autour de ces thématiques. L'objectif ? Garantir une meilleure représentation des femmes au cœur de la société.

4. Faciliter les démarches pour les femmes victimes de violences

La délégation demande de faciliter le dépôt de plainte pour les victimes de violences sexuelles. Elle propose de réfléchir à la possibilité d'un signalement à distance ou dans d'autres lieux tels que les unités médico-judiciaires ou encore de permettre aux victimes de crimes plus anciens d'obtenir un rendez-vous avec une personne des forces de l'ordre spécialisé et d'avoir accès à un ou une psychologue. 

Pour aider les victimes et ne pas les obliger à répéter de trop nombreuses fois leur traumatisme, le rapport préconise d'étendre le recours systématique à l’audition filmée pour les victimes de viol au-delà des personnes mineures. 

Alignée avec les propositions de Marlène Schiappa pour la loi contre les violences sexistes et sexuelles qu'elle présentera le 7 mars prochain en Conseil des ministres, la délégation des droits des femmes de l'Assemblée nationale demande elle aussi de revoir le délai de prescription pour les crimes sexuels commis sur les victimes mineures mais aussi d'insérer dans le code pénal le principe de non-consentement en établissant "deux limites d'âge à 13 et 15 ans". 

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Sensibiliser, punir, aider... 24 mesures pour mieux lutter contre le viol
Sensibiliser, punir, aider... 24 mesures pour mieux lutter contre le viol
ÉCLAIRAGE - Les députées Marie-Pierre Rixain (La République En Marche) et Sophie Auconie (Agir, UDI et Indépendants) ont présenté, jeudi 22 février, 24 propositions pour lutter contre le fléau du viol au nom de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale.
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2018-02-23 12:06:28
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