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Mutilations génitales : ce qu'il faut savoir sur cette journée internationale

ÉCLAIRAGE - La Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines, déclarée par l'Organisation des Nations unies, a lieu ce mercredi 6 février. Objectif : lutter contre ce fléau mondial.

200 millions de femmes et de filles ont subi des mutilations génitales dans le monde
200 millions de femmes et de filles ont subi des mutilations génitales dans le monde Crédit : Yasuyoshi CHIBA / AFP
ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

200 millions de filles et de femmes seraient touchées par les mutilations génitales dans le monde, l'une des formes que peut prendre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. C'est pour lutter contre ce fléau mondial que l'Organisation des Nations unies a décrété, le 6 février, la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines.

"Les mutilations génitales féminines recouvrent l’ensemble des interventions qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales", rappelle l'ONU sur son site. Ces ablations ou excisions du clitoris, par exemple, constituent "une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles", ajoute encore l'Organisation des Nations unies.

Au-delà de la violence de ces pratiques, ces mutilations peuvent également avoir de très lourdes conséquences sur la santé des femmes et des filles, comme entraîner des infections, une infertilité, des complications à l'accouchement, voire un décès. 

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Les régions du monde concernées

De nombreux pays d'Afrique sont concernés par ces violences sexuelles à l'égard des petites filles, notamment en Éthiopie, en Mauritanie, en Somalie ou encore en Guinée. Mais ce continent n'est pas la seule région du monde où se pratiquent les mutilations génitales. Au Moyen-Orient et Proche-Orient (comme en Égypte, en Irak, au Yémen), en Asie (Indonésie, Malaisie) et en Amérique latine, les filles et les femmes doivent aussi faire face à ces violences.

Comme le souligne le document de l'INED, Les mutilations génitales féminines. État des lieux et des connaissances, écrit par Armelle Andro et Marie Lesclingand, ces violences résident également "dans les pays du Nord d’immigration africaine, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Australie". 

La France, un pays concerné et acteur du changement

La France est bien concernée par ces violences sexistes et sexuelles à l'encontre des femmes et des filles. Selon l'Unicef, 5% des victimes vivent en Europe, dont environ 53.000 femmes résident en France.

Le gouvernement français est l'un des acteurs mondiaux de lutte contre ces mutilations, offrant par exemple le remboursement des frais chirurgicaux de réparation et sensibilisant la population sur les dangers de l'excision, par exemple. 

Une lutte internationale

L'ONU et l'Unicef sont particulièrement mobilisés dans la lutte contre les mutilations génitales, notamment à travers un "programme commun" dont l'objectif principal est, depuis 2007, de "protéger les femmes et les jeunes filles (...) dans le cadre d'une approche à la fois respectueuse des différences culturelles et axée sur les droits humains".

Des médecins sont également spécialisés dans la réparation des appareils génitaux mutilés, à l'image du docteure Ghada Hatem-Gantzer, gynécologue obstétricienne qui lutte contre toutes les formes de violences sexuelles à l'égard des femmes ou de Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix et qui a soigné 40.000 femmes victimes de mutilations sexuelles. 

Des citoyennes à travers le monde se mobilisent, elles aussi, à leur échelle, pour mettre fin à ce fléau mondial, à l'image de la chanteuse et activiste Inna Modja, de la sage-femme Aissa Edon, ou d'associations telles que SOS Africaines en danger

Une première condamnation

Le vendredi 1er février 2019 au Royaume-Uni, une Ougandaise de 37 ans a été condamnée pour une excision, commise sur sa fille âgée de trois ans. Pratique illégale depuis 1985, c'est la première fois qu'une personne est condamnée sur le sol britannique.

La police londonienne a souhaité que cette condamnation puisse avoir un effet "dissuasif" dans le pays. La peine de la mère de la petite fille sera prononcée le 8 mars. Elle encourt jusqu'à 14 ans de prison. De quoi dissuader le reste du monde ?

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