3 min de lecture Cinéma

"Girl" : pourquoi il faut regarder ce film primé à Cannes

NOUS L'AVONS VU - Le premier long-métrage de Lukas Dhont a obtenu la Caméra d'Or au Festival de Cannes 2018. On vous donne trois raisons d'aller le regarder.

Victor Polster interprète Lara dans "Girl", un film de Lukas Dhont
Victor Polster interprète Lara dans "Girl", un film de Lukas Dhont Crédit : Diaphana Distribution
ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

Lara a un rêve : celui de devenir danseuse. Soutenue par son père, un homme qui l'élève seul avec son petit frère, l'adolescente intègre une prestigieuse école de danse en Belgique où elle se dépasse physiquement dans l'espoir d'atteindre son but. 

Mais Lara n'est pas une fille comme les autres. Car si la souffrance physique des cours de ballet et la pression de réussir lui pèsent un peu plus chaque jour, en privé, elle doit se battre plus que les autres contre son propre corps. Jeune fille trans, Lara souhaite en effet avoir recours à une chirurgie pour transformer son pénis en vagin... et devenir enfin, de son point de vue, une véritable femme. 

Girl est le premier long-métrage du réalisateur et scénariste belge Lukas Dhon. En salles depuis le mercredi 10 octobre, il a été présenté lors du Festival de Cannes 2018 dans la section Un certain regard. Un an après la consécration de Jeune Femme, premier film de la réalisatrice française Léonor Serraille, Lukas Dhon a lui aussi décroché la Caméra d'or, ce prestigieux prix avec ce beau film sensible qui raconte l'histoire de celles et ceux que l'on voit encore trop peu dans le cinéma francophone comme étranger. 

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Si vous n'êtes pas encore décidé d'aller le voir au cinéma, voici encore trois autres raisons qui finiront bien par vous convaincre.

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GIRL Bande Annonce (Cannes 2018) Film Adolescent Date :

1. Pour l’interprétation bouleversante de Victor Polster

Lara est interprétée par Victor Polster, acteur et danseur belge âgé de 16 ans, dont Girl est également le premier film. Véritable révélation, Victor Polster incarne avec beaucoup de sensibilité et d'émotion le personnage de cette adolescente qui utilise son corps pour exercer sa passion, tout en éprouvant un violent rejet à son égard.

L'interprétation de Victor Polster n'est pas la seule à bluffer à l'écran. Arieh Worthalter, qui incarne le père célibataire de Lara, mais aussi les rôles secondaires comme le petit-frère, les amies de Lara ou encore le personnel médical qui la suit, incarnent tous et toutes avec profondeur chacun de leurs personnages. Sans jamais tomber dans les clichés.

Arieh Worthalter et Victor Polster dans "Girl" de Lukas Dhont
Arieh Worthalter et Victor Polster dans "Girl" de Lukas Dhont Crédit : Diaphana Distribution

2. Pour comprendre la transidentité

Si le terme de transidentité est encore flou pour vous, Girl l'illustre sans discours trop théorique. Lara et son père découvrent, en même temps que les spectateurs et les spectatrices, les étapes par lesquelles la jeune fille doit passer avant de se faire opérer. 

Le psychiatre explique que le genre est une construction sociale et que ce n'est pas l'opération qui va rendre Lara femme. Elle l'est déjà. La médecin de son côté détaille au père et à sa fille comment, techniquement, on peut transformer un pénis en vagin.

Le film montre également ce qu'il ne faut surtout pas faire ou dire devant une personne trans sous peine d'être taxée de transphobie. Appeler une personne par son prénom donné à la naissance (et qui rappelle donc son genre biologique), demander à une personne trans de montrer son sexe... Vous comprendrez en un clin d’œil, selon les réactions de Lara, ce qui relève ou non du respect d'autrui. 

Victor Polster est lui-même danseur en Belgique
Victor Polster est lui-même danseur en Belgique Crédit : Diaphana Distribution

3. Pour questionner la représentation du genre

Pour écrire son film, Lukas Dhont a été inspiré par un article qu'il a lu alors qu'il venait de commencer son école de cinéma. Ce dernier parlait d'une jeune fille, "née dans un corps de garçon" raconte Lukas Dhont. "J’ai tout de suite ressenti de l’admiration, et j’ai été enthousiasmé à l’idée de pouvoir écrire sur un personnage comme elle : quelqu’un de courageux, qui très jeune remettait en cause le lien qu’établit la société entre sexe et genre". 

Le réalisateur lui-même a expérimenté cette remise en cause, dans une moindre mesure, lorsqu'il était jeune. Passionné par le théâtre, le chant et la danse, il se détourne de cette activités lorsqu'il apprend qu'elle est catégorisée comme étant "pour les filles". Devenu adulte, Lukas Dhont revient à ses premières amours et permet à chacun et chacune de questionner la perception et la représentation du genre.

Certains ou certaines ne le feront jamais, Lara l'a entrepris dès son adolescence, ce qui fait alors d'elle une héroïne et un modèle d'ouverture d'esprit, dont beaucoup devraient s’inspirer. 

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2018-10-14 08:03:00
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