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Musique : les "tribute bands", ces groupes de reprise sont-ils l'avenir du rock ?

En français on dirait "groupe hommage" ou "groupe de reprises". On en compte près de 20.000 dans le monde. Ils copient le look et les chansons des plus grands groupes de l'histoire du rock, les Beatles, Led Zeppelin ou Queen... et ils jouent à guichets fermés partout où ils passent. Le magazine "Marianne" s'est penché sur le phénomène.

Un artiste jouant de la guitare électrique (illustration)
Un artiste jouant de la guitare électrique (illustration)
Crédit : JOHANNA LEGUERRE / AFP
Les tribute bands, l'avenir du rock?
03:18

Un incroyable succès qui passe presque inaperçu : les "tribute bands". En français on dirait “groupe hommage” ou ”groupe de reprises”. On en compte près de 20.000 dans le monde. Ils copient le look et les chansons des plus grands groupes de l’histoire du rock et ils jouent à guichets fermés partout où ils passent. Le magazine Marianne s’est penché sur le phénomène. 

Les "tribute bands", ça a commencé à Londres et à Los Angeles. Des armées de faux Beatles, de faux Doors ou de faux Nirvana. Chez nous, ça a mis du temps à décoller, mais depuis cinq ou six ans, c’est la folie. On vient applaudir One Night of Queen, Abba Mania, ou The Rocket Man. Autrement dit des ersatz de Queen, Abba, ou Elton John, et bien d’autres.

Des appellations un peu faux cul. Mais c’est une obligation légale : interdiction de se produire avec le nom du vrai groupe. Il faut aussi déclarer des droits, le groupe original touche 8,8 % du chiffre d’affaires. Et interdiction de toucher aux arrangements mais ça tombe bien, les fans viennent pour ça : entendre exactement ce qu’ils connaissent. 

"Je me suis vu sur scène !"

Chez nous, les pionniers, ce sont les Rabeats, un groupe de faux Beatles apparu à la fin des années 90. Mais le leader du genre aujourd’hui, c’est le producteur Richard Walter, qui a pourtant failli passer à côté. Il y a une quinzaine d’années, son agent anglais lui propose de venir à Londres pour entendre une copie de Led Zep'.

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Walter refuse. Prendre l’avion pour voir une doublure, et puis quoi encore ! L’autre insiste. "Au bout de trois chansons, j’étais scotché", dit Walter. Robert Plant himself qui était venu écouter son clone a écrit dans le livre d’or : “Je me suis vu sur scène !” Alors, je me suis dit : c’est ça qu’il faut faire mais en voyant grand." 

Les Rolling Stones, un casse-tête

C’est comme ça qu’il met la main sur One night of Queen, avec un certain Gary Mullen, plus Freddie que Mercury lui-même. "Je le convaincs de tenter l’aventure en France, avec tout le barnum des concerts historiques de Wembley. Pari tenu. La sœur de Mercury est venue avec sa mère, qui lui a dit : “Grâce à toi, j’ai vu mon fils !’’. 

Les possibilités sont infinies ou presque. "Pour les Rolling Stones, ça va être coton", dit Walter. "Mon problème c’est de dégotter un Keith Richards. Parce que trouver quelqu’un qui joue aussi mal de la gratte et le faire aussi bien, c’est un foutu talent ! Idem pour Jagger, qui ne sait pas chanter. D’ailleurs c’est à cause de ça que les Stones sont très peu repris, ils sont trop atypiques". 

Beaucoup se sont moqués de cette aventure revival. "Au début", poursuit Walter, "on me disait, personne ne déboursera entre 50 et 80 euros pour un spectacle de clones. Quinze euros max, ce serait déjà cadeau.". Ceux qui faisaient la fine bouche ne ricanent plus. Un spectacle s’amortit autour de 2.500 personnes. One night of Queen, c’est 3.500 spectateurs en moyenne, à raison de 250 concerts par an. Une affaire en or. 

En plus, pour les producteurs, c’est confort : pas de caprice de stars, zéro problème d’ego. "Gary Mullen ne voulait pas être une star, il voulait être Mercury,  grosse nuance ! Jamais il n’aurait pu imaginer un jour chanter devant 100.000 personnes à Hyde Park." Les groupies sont plutôt des quinquas mais de plus en plus de jeunes viennent grossir les rangs. Richard Walter en est convaincu: même les tournées d’hologramme ne stopperont pas le succès des tribute bands.

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