5 min de lecture Concert

Indochine : pluie de surprises au Stade Pierre-Mauroy pour la fin du "13 Tour"

NOUS Y ÉTIONS - Ce 22 juin, Nicola Sirkis fêtait ses 60 ans sur la scène de Lille. Au programme : un ultime voyage dans la galaxie "13" et de beaux cadeaux.

Nicola Sirkis accompagné par l'orchestre de la garde républicaine Crédits : Aymeric Parthonnaud | Date : 23/06/2019
6 >
Nicola Sirkis accompagné par l'orchestre de la garde républicaine Crédits : Aymeric Parthonnaud | Date : 23/06/2019
Nicola Sirkis chantant "J'ai demandé à la lune" Crédits : Twitter Indochine | Date : 23/06/2019
Indochine durant "Station 13" Crédits : Twitter Indochine | Date : 23/06/2019
Nicola Sirkis à Lille le 22 juin 2019 Crédits : Aymeric Parthonnaud | Date : 23/06/2019
Les fameuses photos signées Erwin Olaf Crédits : Aymeric Parthonnaud | Date : 23/06/2019
Nicola Sirkis, ému,face à son public Crédits : Aymeric Parthonnaud | Date : 23/06/2019
1/1
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Une puissance intacte, de la générosité et la douce nostalgie du temps qui passe. Voilà les trois ingrédients principaux de ce concert du groupe français Indochine au Stade Pierre-Mauroy de Lille, donné le 22 juin 2019. Il s'agit là de la première des deux dates exceptionnelles qui viennent servir de conclusion au "13 Tour" qui triomphe depuis des mois partout en France. 

Ceux qui ont eu le plaisir de voir ce concert retrouveront ici la même architecture. Pas de jaloux chez les "Indofans", les grands titres de ce tout nouvel album résolument taillé pour le live et la scène sont là. Mais, nous sommes bien obligés de reconnaître qu'il y a ceux qui auront vu ce concert du 22 juin et les autres. 

Anniversaire de Nicola Sirkis oblige, le chanteur d'Indochine était habité d'une émotion toute particulière. Et c'était sans compter sur les surprises que les proches du chanteur et le public avait préparé. Des surprises pensées pour Nicola Sirkis mais qui étaient autant de cadeaux pour le public très nombreux venus du Nord, de Belgique et de partout en France. 

Un dernier voyage spatial

À lire aussi
Paul McCartney et Ringo Starr ensemble à Los Angeles The Beatles
VIDÉO - The Beatles : Paul McCartney et Ringo Starr réunis le temps d'un concert

Le plat de résistance était le concert du 13 Tour. Pour des raisons techniques, on ne retrouvait pas ici le dôme-soucoupe volante de salles comme l'AccorHotels Arena de Paris. La scénographie était tout de même extrêmement bien travaillée avec un gigantesque écran capable de plonger le public dans un voyage interstellaire. Le plafond était occupé par des centaines de projecteurs astucieusement programmés pour réaliser des figures géométriques et offrir, tout au long du concert, une ambiance et une profondeur aux différents tableaux d'Indochine. 

C'est avec l'apocalyptique Black Sky que Nicola Sirkis et ses musiciens entrent en scène. Le noir et le rouge, couleurs fondamentales du groupe, dominent. L'écran propulse le public dans un voyage spatial entre planètes rougeoyantes, astéroïdes et nébuleuses colorées. Entre ces images dignes d'un film de science-fiction, on distingue un cœur ou l'iris d'un œil cachés parmi les astres. Ce n'est pas un vide intersidéral froid que propose le groupe mais un univers curieusement organique. "Et je m'envole / Tout seul dans les étoiles / Mon vaisseau dans l'espace / Entre Vénus et Mars / Je veux voir quand notre /Terre s'éloigne / Au-delà / Vers le plus beau", chante Nicola Sirkis. La chanson alterne entre néant et espoir.

La fête commence cependant avec 2033. La salle se colore tel un arc-en-ciel et une pluie de confettis tombe délicatement sur la fosse qui se presse, compacte, près de la scène. Nicola Sirkis y chante la résistance de l'amour malgré les époques et les obstacles, 1923, 1983, 2023, 2033, 2053... Le temps passe sans altérer quoi que ce soit. Un peu comme la voix et l'énergie de Nicola Sirkis. Impeccable vocalement pendant près de trois heures, les fans ne seront pas déçus et ceux qui ont l'habitude d'écouter les enregistrements studio seront ravis de constater que la qualité du son et de la voix sont au rendez-vous. 30 ans, 50 ans ou 60 ans... Le temps semble simplement agrandir le répertoire du groupe sans altérer la force scénique. 

Fendre la foule

Visuellement, le tableau le plus puissant est sans doute Henry Darger avec les images de ces 13 enfants qui illustrent la pochette de l'album 13. On doit cette création, inspirée par le pionnier de l'art brut (Henry Darger), au génial photographe Erwin Olaf. Leurs visages puissants, innocents et inquiétants saisissent le public. Indochine bascule ensuite sur Station 13, ode à ses héros disparus comme David Bowie. Le public s'enflamme alors sur le "Oui, oui c'est moi / oui, oui, voilà" qu'ils connaissent mieux. Magie des singles et des clips forts. 

>
Indochine - Station 13 (Clip officiel)

Suivent Alice & June, Miss Paramount et A l'assaut et ses drapeaux imaginaires. Des milliers de rubans de papiers sont propulsés dans les airs créant dans la foule une petite dizaine de pom-pom girls et boys amateurs.

La température retombe avec La vie est belle. Priorité est donnée à la voix de Nicola Sirkis. Son visage et ceux des membres du public apparaissent clairement sur l'écran géant, soulignant ainsi toute l'émotion du morceau. Le chanteur donne au public le temps de chanter a capella et la magie opère. "La vie est belle et cruelle à la fois, elle nous ressemble parfois /Moi je suis né pour n'être qu'avec toi", résonne dans le Stade Pierre-Mauroy. 

Pour Tes Yeux Noirs, Nicola Sirkis fend la foule. Il fait presque le tour entier de la salle avant de regagner la scène et lancer Kimono dans l'ambulance. Entre temps, des centaines de petites pancartes "Nicola" sont brandies dans la fosse et les gradins s'illuminent. Le public est venu avec des centaines de ballons rouges en forme de cœur éclairés par les lampes des smartphones. "Merci beaucoup, vous pouvez être fiers de vous", lance Nicolas Sirkis avant de reprendre le chant.

Réunion de famille pour un anniversaire émouvant

Dès la onzième chanson, Indochine offre un premier cadeau au public avec Dunkerque. Une chanson sortie en 2002 avec l'album Paradize et qui a su faire plaisir aux habitants de la région. Les tubes Song For A Dream, Un été français et Club 13 viennent clore le spectacle.

Mais c'était sans compter sur un deuxième concert. Après quelques secondes d'obscurité, l'agitation grandit. On remarque l'arrivée d'un grand nombre d'invités. Seuls les reflets des cuivres donnent quelques indices à la foule : une fanfare arrive. La lumière se fait et c'est un orchestre de la Garde Républicaine qui apparaît. Les musiciens font retenir les premières notes de J'ai demandé à la lune

Ce set acoustique parfaitement exceptionnel compte de grands titres comme Salômbo, Troisième sexe ou Electrastar (avec la participation de Lou Sirkis, nièce du chanteur et fille du Stéphane Sirkis le frère jumeau de Nicola ; cette chanson était dédiée à Stéphane dans l'album Paradize). Les guitares de l'oncle et de la nièce mêlent leurs vibrations créant une résonance toute particulière qui semble occuper chaque cm3 du Stade lillois. Une chanson beaucoup plus rare, Justine (1999), entre aussi dans la sélection. 

Et vient enfin l'heure de l'anniversaire. Théa Sirkis, la fille de Nicola, apparaît. Elle porte un grand T-shirt à la gloire d'Ariana Grande pour sa tournée Sweetener et un immense bouquet de fleurs blanches. La garde républicaine entonne l'éternelle musique de "joyeux anniversaire" reprise chaleureusement par le public. Ému, le chanteur semble perpétuellement hésiter entre plaisir de vivre ce moment et une sorte de timidité face à ces attentions. 

Une touche de militantisme

Il ne reste plus à Indochine qu'à terminer son concert avec quelques chansons indispensables : College Boy, Trois nuits par semaine, l’indéboulonnable L'aventurier, Cartagène et enfin Karma Girls. Nicola Sirkis n'oublie pas de distiller quelques messages militant contre le harcèlement (scolaire, sexuel...) ou pour les droits des personnes LGBTQ+ en brandissant un drapeau arc-en-ciel qu'il a réclamé à des membres du public. 

Le public justement est remercié des dizaines de fois, un hommage est aussi rendu aux membres du groupe, entre les anciens présents depuis plus de trente ans et le petit dernier à la batterie depuis cinq ans. Ultime surprise : un petit feu d'artifice donné au dessus du toit du stade alors que le public sortait de l'enceinte.

Le dimanche 23 juin, Indochine donnera un autre concert dans la même salle. Concert qui sera retransmis en direct sur Internet. Idéal pour guetter d'autres surprises et profiter du spectacle depuis chez vous. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Concert Lille Indochine
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7797906093
Indochine : pluie de surprises au Stade Pierre-Mauroy pour la fin du "13 Tour"
Indochine : pluie de surprises au Stade Pierre-Mauroy pour la fin du "13 Tour"
NOUS Y ÉTIONS - Ce 22 juin, Nicola Sirkis fêtait ses 60 ans sur la scène de Lille. Au programme : un ultime voyage dans la galaxie "13" et de beaux cadeaux.
https://www.rtl.fr/culture/musique/indochine-pluie-de-surprises-au-stade-pierre-mauroy-pour-la-fin-du-13-tour-7797906093
2019-06-23 03:05:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/DjRso_Fg6RIfqVZjwXEAMg/330v220-2/online/image/2019/0623/7797906177_nicola-sirkis-accompagne-par-l-orchestre-de-la-garde-republicaine.jpg