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Indochine : "13", un album ombreux, politique et taillé pour le live

NOUS L'AVONS ÉCOUTÉ - 13 chansons et 2 titres bonus. De l'Indochine pur sucre qui retrouve ses racines et injecte quelques touches électro dans un disque sombre mais plein de vie.

Le visuel du clip "Kimono dans l'ambulance" d'Indochine
Le visuel du clip "Kimono dans l'ambulance" d'Indochine Crédit : Capture YouTube
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Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Vivons, aimons et dansons, l'apocalypse est là. C'est un peu la philosophie de 13, le nouvel album d'Indochine qui sort ce vendredi 8 septembre. Les fans ont été patients, le dernier disque du groupe mené par Nicola Sirkis, Black City Parade date de février 2013. Une éternité.

Si le premier single de 13 s'intitule La Vie est belle, ce n'est pas qu'Indochine soit subitement devenu une formation mièvre. 13 est fondamentalement sombre, car "la vie est belle... et cruelle à la fois / Elle nous ressemble parfois". Le couple et l'amour sont présentés comme les derniers sanctuaires du bonheur. Il suffit de compter le nombre de fois où les mots : "nuit", "toi" et "moi" sont prononcés.

Le présent est angoissé et angoissant. Le passé, lui, est un doux souvenir. "Je me raccroche à qui ? Tous mes héros sont morts (...) J'ai traversé ma vie, tous mes héros sont morts", chante Nicola Sirkis dans Station 13

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Indochine - Station 13 (audio + paroles) [extrait]

Perte de proches, disparition de légendes musicales comme David Bowie ? Difficile d'être sûr. Mais le chanteur britannique disparu en 2016 et son album-testament Black Star (étoile noire) apparaît dans les esprits. L'un des nouveaux titres d'Indochine a d'ailleurs été baptisé Black Sky (ciel noir).

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Ce titre, Sirkis évoque d’ailleurs un futur meilleur, mais forcément loin d'ici, loin de la Terre : "Le ciel est noir et je m'envole" ou "Mon vaisseau dans l’espace, entre Vénus et Mars, je veux voir quand notre Terre s’éloigne".

Apocalypse BB

Ambiance toujours ténébreuse et urbaine dans la chanson Kimono dans l'ambulance, qui débute sur ce qui ressemble à une sirène étouffée et lancinante. "La vie est froide et sale, si froide si sale", répète Nicola Sirkis avant un "fade" qui souligne ces paroles. Certains pourraient y voir une allusion aux attentats. Il n'en est rien pour Nicola Sirkis qui explique que c'est une histoire plus personnelle qui est la source d'inspiration de ce titre tout en reconnaissant les différents niveaux lectures de la chanson.

L'actualité fait différentes incursions dans 13. Le premier titre bonus, Trump le monde, très surprenant dans certaines rythmiques quasi reggae, commence sur des enregistrements de la voix de Donald Trump répétant qu'il va "construire un mur" [entre les États-Unis et le Mexique]. 

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Indochine - Kimono dans l'ambulance (audio + paroles) [extrait]

La politique française n'est pas en reste avec Un été français où la notion de nation fantasmée est abordée ("Je rêve d'un été français, un été parfait") pour mieux être contestée ("Pardonne-moi si ici tout devient Front national, un pays infernal"). Un titre plus tôt, Nicola Sirkis appelle à "réunir les étendards", deux titres plus tard il se fait critique des religions : "Tomberont les croix, les diables, les dieux n'existent pas". 

L'avenir se dessine comme une utopie, sinon rien. À côté du champ lexical de la mort et de l'agonie ("Je veux mourir avec toi", "Putain c'est dur la vie et putain que ça dure"), on trouve de nombreuses références aux rêves.

Nicola Sirkis avoue craindre le temps qui passe. "Le temps me fait peur et notre futur se rétrécit, confie-t-il. Mais on veut montrer qu'on peut aller plus loin dans un monde moins con et donc plus féminin". Suffragette BB porte un message féministe, Tomboy 1, tout comme la pochette de l'album signée Erwin Olaf, met les femmes au centre tout en contestant l'idée de genres rigides.

Un album taillé pour le live

Il y a une unité de forme et de fond dans cet album 13. Indochine retrouve ses anciennes sonorités et la présence forte des synthés propulseront les auditeurs dans des années 80 toujours référence. L'œuvre est cohérente, elle s'offre comme un monolithe d'Indochine pur sucre. Les fans jubileront, ceux qui n'ont jamais apprécié ne seront peut-être pas happés par 13
L'album présente aussi quelques traits marquants. La présence très forte dans le mix de la batterie. Le rythme saisit, domine, de quoi faire plaisir au petit nouveau du groupe, le Suédois Ludwig Dahlberg qui tient les baguettes.

Des touches électro viennent offrir une atmosphère rétro-futuriste. Le tout est très dansant. L'effet des chansons ne sera que décuplé lors des concerts que va donner le groupe très prochainement lors d'une tournée événement

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Indochine : "13", un album ombreux, politique et taillé pour le live
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2017-09-08 07:35:00
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