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SFR fait main basse sur la Ligue des champions de football

ÉDITO - SFR sera le diffuseur exclusif de la Ligue des champions et de la Ligue Europa de 2018 à 2021. Une opération spectaculaire qui rebat les cartes du sport à la télé.

Des ballons de football (illustration)
Des ballons de football (illustration)
Crédit : AFP
SFR fait main basse sur la Ligue des champions de football
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Loïc Farge
Loïc Farge

C'est un coup franc direct dans la lucarne de Canal et de BeIN Sports qui, jusqu'ici, se partageaient la diffusion de ces grandes compétition de foot. Mais c'est un but acquis au prix fort. Très fort puisque l'addition se monte à 350 millions d'euros par an, ce qui représente un investissement global supérieur à 1,2 milliard d'euros. Une augmentation inouïe du prix des spectacles sportifs : la note est deux fois supérieure à celle payée par les diffuseurs français lors des précédentes enchères. Ce chèque, qui s'additionne aux 100 millions déjà versés pour acquérir les droits du foot anglais, va peser très lourd dans les calculs de rentabilité de SFR.

Trop cher payé ? C'est un gros coup de poker. On dit que le foot c'est le meilleur appât pour draguer les abonnés. Avec ces atouts, SFR espère faire coup double. D'abord affaiblir sévèrement Canal +, qui n'est plus au mieux de sa forme, et terrasser BeIN Sports, qui perd déjà 300 millions d'euros par an, et dont le Qatar ne va pas soutenir éternellement le train de vie dispendieux. Dans la foulée, SFR espère enrayer l'hémorragie de clients. L'opérateur en a perdu 2 millions depuis 2015, dont  350.000 abonnés lors du premier trimestre 2017.

Sur le terrain, tout reste à prouver

Sur le fond, ce contrat de diffusion dépasse largement le ballon rond. Il s'inscrit dans le bras de fer que se livrent les grands groupes de média et de télécommunications. Une guerre sans merci au nom de ce que les spécialistes appellent la "convergence" : la maîtrise des réseaux de diffusion télé, de l'Internet du mobile, de la pub et, au-delà, de nos données personnelles qui sont l'or noir de la nouvelle économie. La réunion de tous ces paramètres dans une boîte, la Box, c'est la nouvelle caverne d'Ali Baba de cette industrie.

SFR se place en position de force. Sur le papier, la composition de l'équipe est sans concurrent. Sur le terrain, tout reste à prouver. Cette acquisition à un prix stratosphérique ne sera rentabilisée que si le nombre d'abonnés explose. Pour SFR, il en faudra a minima 2 millions de plus, et 4 pour rassurer les banques. Altice, sa maison mère, a 50 milliard de dettes à couvrir.

Dans cette partie qui reste ouverte, il y a déjà un grand battu : le téléspectateur, qui n'a déjà plus que les Olympiades et le Tour de France en diffusion gratuite, et qui devra d’une façon ou d'une autre financer ces nouveaux jeux du cirque.

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