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Isabelle Morini-Bosc : "'Demain nous appartient' devrait être l'un des tubes de l'été"

ÉDITO - Le générique de la série de TF1, signé Joyce Jonathan, rentre dans toutes les têtes, à l'instar de l'intrigue qui depuis le 17 juillet a réuni en moyenne 3 millions de téléspectateurs chaque soir.

Ingrid Chauvin tient le premier rôle dans "Demain nous appartient"
Ingrid Chauvin tient le premier rôle dans "Demain nous appartient" Crédit : Fabien MALOT / TELSETE / TF1
Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc Journaliste RTL

"C'est un nouveau départ... pour écrire une histoire... il faut jouer pour voir... demain. Écouter son instinct... ses rêves auxquels on tient... la vie nous appartient... demain." Ces paroles de chansons ne vous disent rien ? C'est donc que vous rentrez d'une expédition dans Les Grandes Jorasses ou d'un trek à dos de mule en Papouasie. Car en France, impossible d'échapper à cette "ritournelle" que TF1 et Internet diffusent "en boucle". Il s'agit évidemment du générique du nouveau feuilleton de la Une, Demain nous appartient, une fiction commencée lundi 17 juillet et sur laquelle il serait bienvenu de faire un premier point. Point d'audience inclus, évidemment. 

On peut d'abord rappeler en prologue qu'elle est louable, cette décision de TF1 de renouer avec une tradition télévisuelle mondiale, celle du feuilleton de 26 minutes programmé à l'heure des repas... Et datant des années 60 avec par exemple, côté français, Les saintes chéries, Vive la vie ou L'Homme du Picardie. Le rêve de tout diffuseur, c'est toutefois d'avoir la même chance que CBS en 1952. Cette année-là, la chaîne américaine "récupère" pour la télé l'émission de radio Guiding Light, qui existe depuis 1936 et raconte le quotidien de cinq familles dans l'hypothétique ville de Springfield. 

La concurrence de la Grande Boucle

L'adapter, c'est l'adopter : Guiding Light, c'est le record de longévité d'un programme tous genres et tous pays confondus : 73 ans d'existence (de 1952 à 2009), 15.762 épisodes sur CBS, 18.262 si on rajoute la production radiophonique qui a duré jusqu'en 56. Qui dit mieux ? Qui dit plus, surtout ? On ignore s'il faut souhaiter un tel sort aux acteurs de Demain nous appartient, installés à Sète où se déroule l'intrigue.

En tout cas, l'audience se maintient actuellement autour des 3 millions de fidèles de moyenne : 3,3 lundi 17 juillet, contre quasiment 3.000.000 jeudi 20 juillet, après une petite chute de tension et d'attention la veille. Il faut dire que l'audience du vélo est particulièrement forte ce jour-là : plus de 5.000.000 de fanas suivent le Tour de France l'après-midi, encore présents sur l'Equipe 21 ou la Trois (outre RTL) à 19h30. Les vélos et les chaînes, on le redit, ça va toujours ensemble ! 

Pas de concurrence en interne, c'est déjà ça !

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Et ça, la concurrence "extérieure", c'est le seul élément que la Une ne maîtrise pas ! Elle a en revanche été astucieuse par rapport aux autres chaînes du groupe TF1 : pas de Yann Barthès (Quotidien) l'été en face sur TMC - contrairement à ce qui avait brièvement été envisagé -, pas de pub durant les 5 premiers jours - histoire d'empêcher le téléspectateur d"aller se faire voir ailleurs" au moment de la "réclame" - pas d'horaire rigide le premier soir (19h30 au lieu de 19h20), histoire de "titiller" le public et le retenir sur la Une. 

C'est de bonne guerre et c'est surtout malin : si le public s'insurgeait brusquement contre ce retrait momentané de la publicité, ce serait un peu comparable à la mauvaise humeur et à la mauvaise foi d'un client de grand restaurant qui, une fois le service commencé, se plaindrait d'être servi très rapidement de l'entrée au dessert ! 

La première chaîne d'Europe ne souhaite qu'une chose, que ce refrain nous reste en tête.

Isabelle Morini-Bosc
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Reste donc maintenant à finir comme on a commencé, par l'évocation du générique, de cette chanson qui se "déverse" dans votre tête alors que vous n'en demandiez pas tant ! Qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore (on a le droit) elle est efficace, et n'en dites pas de mal à Joyce Jonathan : c'est en effet à cette auteur-compositeur-interprète qu'on doit les paroles positives de cette "scie" obsédante. Demain nous appartient devrait être l'un des tubes de l'été.

Histoire de finir sur une "note" culturelle, on vous pose une colle : savez-vous justement d'où vient ce terme de "tube" ? Du cylindre rotatif d'un phonographe, sur lequel étaient enregistrés les morceaux populaires... C'est Boris Vian qui, en 1957, a l'idée de reprendre ce terme pour désigner une chanson à succès "dont les paroles sont creuses comme un tube". Et même un "tube d'aspirine", ajoutent alors les chansonniers, "vu qu'il faut en vider plusieurs pour supporter ça"... Est-ce le cas pour Demain nous appartient ? Peu importe. La première chaîne d'Europe ne souhaite qu'une chose, que ce refrain nous reste en tête. C'est son rêve estival. Voire national... National Sète, évidemment. Ah, on l'a déjà faite? Tant pis !

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