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Isabelle Morini-Bosc : "Burggraf n'avait pas tort face à Vallaud-Belkacem"

ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc revient sur l'échange polémique entre la chroniqueuse d'"On n'est pas couché" et l'ancienne ministre de l'Éducation Nationale. Elle s'interroge sur l'action de son successeur.

Vanessa Burggraf et Najat Vallaud-Belkacem se sont vivement écharpées samedi 20 mai sur le plateau d'"On n'est pas couché"
Vanessa Burggraf et Najat Vallaud-Belkacem se sont vivement écharpées samedi 20 mai sur le plateau d'"On n'est pas couché"
Crédit : Capture d'écran France 2
Isabelle Morini-Bosc

On le répète, il faut se moquer des idées reçues, des idées toutes faites et des petites phrases du même acabit, si convenues et pourtant pas très convenables. En politique par exemple, il est parfaitement injuste d'affirmer que nos élus sont "tous pourris" : plusieurs d'entre eux ne nous aident certes pas à les aider, avec des scandales aussi nombreux que des perles sur un collier.

Mais d'autres ont, outre du bon sens, le sens de la France et de leur mission. Il faut donc faire confiance, même à temps partiel, même avec prudence. C'est un peu comme l'apiculteur avec ses abeilles : il les aime sans crainte, mais les approche tout de même avec un masque de protection. La vigilance est nécessaire. Cela vaut pour le nouveau gouvernement : on peut vouloir jouer le jeu sans vouloir jouer avec le feu, autrement dit faire confiance tout en restant attentifs. 

Jean-Michel Blanquer venge Vanessa Burggraf

Il y a tout de même un ministre en rodage qui me laisserait déçue s'il était décevant : celui de l'Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer. Quel dommage qu'il n'ait pas été imposé plus tôt, ce type qui veut rétablir la chronologie dans l'histoire et surtout, avoir des gosses sachant lire, écrire et compter à la sortie du primaire.

Cette exigence vous semble une tautologie, une lapalissade, un truisme ? Peut-être, sauf que si c'était aussi évident que cela, on aurait des gamins sachant s'exprimer en sixième, ce qui n'est globalement pas le cas. Jean-Michel Blanquer venge d'ailleurs rétrospectivement et involontairement la chroniqueuse Vanessa Burggraf, bousculée fin mai par Najat Vallaud-Belkacem sur le plateau du magazine de France 2 On n'est pas couché

Retour sur le vif échange entre Vanessa Burggraf et Najat Vallaud-Belkacem

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Petit rappel des faits : ce soir-là, l'équipe de Laurent Ruquier reçoit donc la patronne de l'enseignement d'alors, tout en sourires de ses jolies quenottes bien blanches. Du moins jusqu'au moment où Vanessa Burggraf fait remarquer que la réforme de l'orthographe l'a atterrée. Le regard de la ministre s'assombrit : corps penché en avant comme le taureau dans l’arène, elle ne gratte pas le sol mais c'est tout comme : "Vanessa, vocifère-t-elle, je n'ai jamais mené de réforme de l'orthographe. C'est une 'fake news' (!)".

La chroniqueuse insiste : "pourtant, dans l'école de ma fille..." La ministre la coupe brutalement, l'accusant d'incompétence voire de malveillance, et bien sûr de "balance de ragots infondés". Ambiance. Déstabilisée, Vanessa Burggraf se tait, face à une Najat Vallaud-Belkacem qui s'esclaffe trop fort et met les rieurs de son côté. 

L'enseignement du français taillé en pièce

Pourtant, si la protégée de Laurent Ruquier n'a pas complètement raison, elle n'a foncièrement pas tort. Pas tort du tout. C'est en effet une vieille loi des années 1990 qui a finalement été adoptée en 2016 et a permis d'achever de tailler en pièces l'enseignement du français (et on ne parle évidemment pas là des pièces du répertoire classique). Or le tricotage de cette nouvelle loi, la ministre l'a bien validé, cautionné, adopté, non ?! Le cas contraire conduirait à douter de l'utilité de son ministère. 

C'est à la suite de ce genre de dispositions gouvernementales que de nombreuses écoles ont décidé de ne plus embêter les élèves avec des temps composés de l'indicatif qu'ils ne savent plus conjuguer; et ont également décidé de simplifier 2.400 mots. Sans parler bien sûr de la non-obligation pour les adolescents d'étudier de grands auteurs qu'ils trouvent aujourd'hui rébarbatifs. 

Je trouve bien que Laurent Ruquier ait défendu sa chroniqueuse.

Isabelle Morini-Bosc

Mais dites-moi, s'il faut tellement simplifier le fond et la forme, pourquoi l'Éducation Nationale a-t-elle choisi d'appeler un simple ballon un référent bondissant ? Ce n'est pas cucul, ça ? C'est dire si je trouve tout simplement bien que Laurent Ruquier ait rappelé l'historique de la loi et défendu sa chroniqueuse, une chroniqueuse avec qui, par ailleurs, je ne passerais pas mes vacances et qui ne me le demande pas non plus. La situation est donc claire. Les politiques, pas toujours.

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