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Interview de Meghan et Harry : comment a réagi la reine Elizabeth II ?

Après l'entretien choc du couple face à Oprah Winfrey, la famille royale tente de trouver la meilleure stratégie pour apaiser... ou riposter.

La reine Elizabeth II, en juillet 2020
La reine Elizabeth II, en juillet 2020
Crédit : Chris Jackson / POOL / AFP
Aymeric Parthonnaud & AFP

Le temps de la légèreté et du bonheur de façade du mariage de Meghan et Harry est déjà bien loin. Depuis l'annonce du Megxit, le duc et la duchesse de Sussex sont dans un affrontement perpétuel et par médias interposés avec le reste de leur famille. D'un côté, le père de Meghan Markle qui ne semble pas capable de tenir sa langue et de l'autre la couronne britannique et ses héritiers directs (Elizabeth II et les princes Charles et William). Harry a voulu plus de liberté et de tranquillité pour lui et sa famille et il a obtenu un exil. Kate et Meghan ont été opposées par la presse people sans que Buckingham ne sache siffler la fin de la partie. Le dernier échange d'amabilités concerne l'interview donnée à Oprah Winfrey par le couple qui réside désormais en Californie... 

La pression s'est particulièrement intensifiée sur la famille royale pour répondre aux accusations de racisme et d'insensibilité portées par Harry et Meghan. Secoué par les confessions explosives du couple, le palais de Buckingham a jusqu'ici choisi de répondre par le silence. Mais le séisme est considérable, rappelant l'époque de Lady Diana voire pour certains commentateurs la crise d'abdication du roi Edouard VIII en 1936.

Selon le Times, la reine Elizabeth II a refusé d'approuver un communiqué visant à apaiser la situation : la grand-mère d'Harry souhaiterait plus de temps pour étudier sa réponse. Le prince Charles, le père d'Harry dont celui-ci s'est dit "vraiment déçu", n'a fait aucune allusion à l'entretien mardi en visitant une église transformée en centre de vaccination anti-Covid à Londres.

Installés depuis un an en Californie, les Sussex ont dressé un portrait sombre de la monarchie qui a, selon Meghan parfois émue jusqu'aux larmes, refusé l'aide qu'elle réclamait lorsqu'elle était en proie à des pensées suicidaires. Un récit qui fait écho aux difficultés psychologiques et émotionnelles de Diana Spencer rappelées très directement par la dernière saison de la série The Crown sur Netflix qui a terni le lustre de l'institution en 2020. Harry et Meghan ont aussi fait état de conversations au sein de la famille royale sur la couleur de peau qu'aurait leur fils Archie, aujourd'hui âgé de 22 mois, avant sa naissance.

De lourdes conséquences politiques

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Sur l'identité de la personne s'enquérant de la teinte de peau d'Archie, le couple a tenu à faire savoir qu'il ne s'agissait ni de la reine Elizabeth II, 94 ans, ni de son mari le prince Philip, 99 ans, actuellement hospitalisé. Cette accusation s'est même invitée sur la scène politique, le Parti travailliste, principale formation d'opposition, réclamant une enquête.

Certains au sein du gouvernement craignent aussi que la monarchie ne soit durablement ébranlée dans un pays qui a été amené à s'interroger sur son passé colonial dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, susceptible de remettre en cause dans la foulée l'organisation du Commonwealth, chère à la reine. "S'ils ne nomment jamais la personne qu'ils accusent, il y aura un nuage de suspicion sur les futurs rois parmi les minorités ici et les peuples du Commonwealth. S'ils la nomment, et que c'est une personne très haut placée, ce sera un désastre", a confié anonymement un ministre britannique à Politico.

Les Britanniques se montrent divisés concernant le couple, auquel une partie de la presse reproche d'affaiblir la monarchie par intérêt personnel. Selon un sondage de l'institut YouGov, ils sont la même proportion (32%) à trouver qu'ils ont été traités justement ou injustement par la famille royale. Mais 61% des 18-24 ans trouvent qu'ils n'ont pas été traités de manière équitable.

Le Premier ministre Boris Johnson a refusé d'être entraîné dans le débat, se contentant d'exprimer sa "plus grande admiration" pour Elizabeth II. Le secrétaire d'Etat chargé du Pacifique, Zac Goldsmith, a tweeté que "Harry dynamite sa famille". Aux Etats-Unis, Meghan a reçu le soutien du président Joe Biden et de l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

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