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Napoléon : comment Joséphine de Beauharnais lui a permis de conquérir le pouvoir

La légende a réduit Joséphine Beauharnais à son personnage de femme galante, mondaine et superficielle, ou de victime d’un mari écrasant et méprisant. C'est pourtant elle qui lui a permis de conquérir le pouvoir suprême.

Le sacre de Napoléon peint par David et exposé au Musée du Louvre à Paris
Le sacre de Napoléon peint par David et exposé au Musée du Louvre à Paris
Crédit : Martin BUREAU / AFP
Joséphine : l'arme indispensable de Napoléon
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Lorànt Deutsch

Joséphine de Beauharnais a été pour Bonaparte la femme essentielle, indispensable, providentielle, qui lui a permis, au-delà de la gloire militaire, de conquérir le pouvoir suprême. 

De son vrai nom Marie-Rose-Joseph Tascher de la Pagerie, Joséphine est créole, ce qui signifie simplement qu’elle est née aux colonies. En l’occurrence, l’île de la Martinique. Elle a 16 ans lorsqu’elle embarque en 1779 avec son père sur L’Isle de France et épouse le 13 décembre 1779 Alexandre de Beauharnais avec qui elle a deux enfants : Eugène et Hortense. 

Son mari la trompe et, grand classique, se paye le luxe d’être jaloux et même de douter de sa paternité s’agissant d’Hortense. Il exige qu’elle entre au couvent. Elle n’y entrera que lorsque ce goujat l’aura dépouillée de ses meubles. Elle gagne son procès en séparation. Elle a vingt ans et sait déjà qu’elle n’aura rien qu’elle ne soit allée chercher, j’allais dire avec les dents. 

Réfugiée chez sa tante et son beau-père à Fontainebleau, elle ne manque pas une occasion de se faire valoir en société, de rendre service, de se faire aimer, estimer. À charge de revanche bien entendu ! Une recette qu’elle appliquera avec succès toute sa vie.

Sa première rencontre avec Bonaparte a lieu en 1795

Bonaparte est un jeune capitaine en 1793, il s’est fait remarquer au siège de Toulon et il a été nommé général de brigade dans la foulée. Mais c’est après avoir réprimé, sur l’ordre de Barras (dont Joséphine a été la maîtresse) l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (le 5 octobre 1795), qu’il fait son entrée retentissante dans l’Histoire.
Après les événements du 5 octobre 1795, ordre est donné aux Parisiens de remettre leurs armes aux autorités. Eugène, le fils de Joséphine, qui a 14 ans, veut conserver le sabre de son père, Alexandre de Beauharnais. Il en demande l’autorisation à Bonaparte. Marie-Rose invite alors le général à dîner dans son petit hôtel de la rue Chantereine. Six mois plus tard, ils sont mariés. Il l’a rebaptisée Joséphine, une façon sans doute de lui redonner une virginité après une série d’amants qu’il imagine innombrables.

Un mariage précipité pour "la dot des dots"

Joséphine a toutes les qualités que Bonaparte apprécie chez une femme : la grâce, la délicatesse, la distinction, l’élégance, et l’habileté de ne jamais sembler le dominer. Le feu c’est lui, mais elle n’est pas de glace et l’aime à sa façon, nonchalante. Elle est flattée de la passion qu’il lui témoigne et qui la rassure sur ses capacités de séduction. 

Quant à Joséphine, elle voit en lui l’homme qui monte. Il vient d’obtenir le commandement de l’armée d’Italie et il lui a promis de "rouler sur l’or". C’est sa dernière chance d’assurer sa sécurité financière et celle de ses enfants : Hortense et Eugène Beauharnais. 

L’affaire aurait pu s’arrêter là, entre deux draps, mais le couple se marie précipitamment le 9 mars 1796. Pourquoi ce mariage précipité ? L’intérêt bien sûr : Napoléon la croit plus riche qu’elle n’est, mais il décide quand même de l’épouser, car elle a la dot des dots : un énorme capital social et mondain. Barras a d’ailleurs conseillé ce mariage au jeune Corse pour obtenir, lui a-t-il dit, de la "consistance" et se franciser.

L'irrésistible ascension

Après la désastreuse campagne en Egypte, Joséphine n’a d’autre intérêt que de servir les ambitions de son mari. L’hôtel de leurs premières amours, rue Chantereine, attire tous les déçus du Directoire, des jacobins aux thermidoriens. Joséphine a rallié Fouché, Talleyrand et deux des cinq directeurs. L’un de ses biographes, la décrit comme "un animal politique à sang froid".

Madame la Consulesse - c’est son titre officiel - occupe la première place en haut de la hiérarchie sociale. En revanche, elle a perdu la liberté qu’elle avait connue pendant dix ans avec Eugène et Hortense. Bonaparte s’est révélé un pater familias absolu, austère et coléreux, qui ne se gêne pour personne et impose à tous ses rythmes effrénés et ses diktats.

Cependant, Joséphine reçoit en reine les ministres, les diplomates, les généraux et leurs épouses. Elle joue le jeu et se glisse avec une aisance incomparable dans ce rôle qui semble taillé pour elle. Et elle ne déçoit pas, en continuant de s’entremettre pour tous ceux qui sollicitent sa protection ou ses générosités. Mais son influence n’est plus la même sur un mari de plus en plus despotique et misogyne.

Du sacre à la chute, elle lui sera fidèle

Le 2 décembre 1804 est son jour de gloire autant que celui de Napoléon. Elle est la première souveraine à être sacrée depuis Marie de Médicis. Le célèbre tableau de David l’a immortalisée agenouillée devant Napoléon qui s’apprête à la couronner. Une scène qui dit tout de leurs relations de dépendance et d’autorité. Mais en même temps, on ne voit qu’elle, rayonnante de beauté et de grâce. 

Le dernier acte de cette histoire est celui de la chute de l’empereur à laquelle elle assiste impuissante et bouleversée. Les Alliés sont à Paris en 1814 et tous veulent voir Joséphine. Elle reçoit le tsar Alexandre 1er et Louis XVIII lui fait des avances. Les Bonaparte sont en exil. Le 29 mai 1814, elle quitte définitivement la scène. 

Les admirateurs de Napoléon n’ont souvent retenu que la Joséphine qui osa tromper l’empereur. D’autres n’ont vu en elle que la femme dépensière et agioteuse. Entre légende noire et hagiographie, retenons au moins son exceptionnelle capacité à toujours trouver le meilleur dans le pire et son incomparable fidélité à un aigle amoureux d’un cygne

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