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Danton : son rôle méconnu et sanglant après la Révolution de 1789

Danton ne participe jamais directement aux grandes "journées" révolutionnaires, mais il est toujours dans la coulisse. Il les arrange, les prépare et gère "le service après-vente".

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Crédit : Lionel Guericolas / Agence 1827 / RTL
Danton, celui qui offrit sa tête au peuple
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Lorànt Deutsch - édité par Capucine Trollion

En 1789, Danton participe aux élections du Tiers état aux États généraux, mais il ne sera pas l’un de ses députés, contrairement à Robespierre, Barère, Barnave, et tant d’autres de cette génération d’avocats déterminés à bousculer une société de privilèges. 

Danton, lui, s'enrôle dans la garde bourgeoise de son district et acquiert vite une belle renommée d’agitateur et d’orateur. La rue joue immédiatement un rôle sur les décisions prises en assemblée, cela, Danton le comprend d’instinct. Et toute sa vie politique, il s’appuiera sur l’adage "vox populi, vox dei",  pour mener sa barque sur le fleuve de la Révolution. Un royaume de mille ans s’effondre en une semaine. 

Le 14 juillet, la Bastille est prise. Vous connaissez la suite. Mais ce que vous connaissez peut-être moins, c’est le rôle de Danton, à la suite de ces événements.

Il a créé le club des Cordeliers

Le 27 avril 1790, il crée le club des Cordeliers, l’un de ces nombreux clubs politiques, comme ceux des Jacobins ou des Feuillants. Celui des Cordeliers, situé dans le réfectoire du couvent franciscain du même nom, rassemble les ultra-révolutionnaires comme Hébert, Marat ou Camille Desmoulins. C’est par exemple aux Cordeliers que l’on demande pour la première fois la déchéance du roi après la fuite de Louis XVI et de la famille royale à Varennes, le 21 juin 1791. 

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C’est un club proche des sociétés populaires, ou l’entrée est libre et où fourmillent des hommes armés de piques, vêtus de veste carmagnole et de pantalons sans bas, que l’on appelle les "sans-culottes"

La tribune est comme une scène pour cet homme théâtral et cela donne des formules tonitruantes qui marquent les esprits : "Que la pique du peuple brise le sceptre des rois". "Une nation se sauve, elle ne se venge pas." "Après le pain, l'éducation est le premier besoin d'un peuple."  Ça claque. Il faudra désormais compter avec lui, car la Révolution est loin d’être terminé. Et pour Danton, tout commence !

Il s'enfuit quand la Révolution se radicalise

Danton ne participe jamais directement aux grandes "journées" révolutionnaires, mais il est toujours dans la coulisse. Il les arrange, les prépare et surtout, il gère le service après-vente et parfois ça tourne mal. 

Le 17 juin 1791, une foule manifeste sur le Champ-de-mars, réclamant la déchéance du Roi et la proclamation d'une République. Les Constituants et la Commune de Paris font tirer sur les pétitionnaires par la garde nationale, commandée par La Fayette. Il y a une cinquantaine de victimes. Pour la première fois, la Révolution fait tirer sur la Révolution. 

Danton n’a pas de responsabilité directe, mais il préfère se réfugier à Arcis-sur-Aube, puis en Angleterre, le temps que passe l’orage. Il passe trois mois plus tard avec l'amnistie votée le 13 septembre. Danton revient à Paris et tente de se faire élire à l'Assemblée législative mais l'opposition des modérés l'en empêche. C’est qu’il a encore mauvaise réputation notre homme ... 

Et ne bronche pas pour les Massacres de Septembre

Le 10 août 1792 lors de la prise des Tuileries, soit la chute de la monarchie, Danton, là encore, ne participe pas directement à cette journée, mais il en est le grand bénéficiaire. Il est nommé dans la foulée au ministère de la Justice.

Pendant la guerre contre les Prussiens, le manifeste de Brunswick menace les Parisiens des pires tourments. On redoute une "Saint-Barthélemy des Patriotes". Danton comprend que la nation a besoin d’un électro-choc pour être sauvée de l’avancée prussienne. C’est dans ce contexte de peur panique qu’il monte à la tribune, en costume rouge, comme un diable sorti de sa boîte, et prononce sa plus célèbre phrase, le 2 septembre 1792 : "Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France sera sauvée !". 

Sauf que l’audace qu’il réclame va tourner à la sauvagerie. Le jour même de son discours commencent les "Massacres de Septembre", une réaction sanglante des Parisiens à une prétendue conspiration armée préparée dans les prisons. Ces massacres de Septembre font plus de 1.300 morts à Paris en cinq jours. On accuse Danton d’avoir laissé faire, d’avoir couvert ces massacres. En vérité, il s’en lave un peu les mains, comme Ponce Pilate. Il ne cautionne pas, mais si tel est la volonté du peuple, il faut en prendre en acte...

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