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"The Haunting of Hill House" : 4 raisons de succomber à la série horrifique de Netflix

ÉCLAIRAGE - L'adaptation de ce roman de 1959 fait un tabac auprès des abonnés et reçoit les lauriers de la critique. Quels sont les secrets de cette réussite ?

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The Haunting of Hill House | Bande-annonce officielle | Netflix Crédit Image : Netflix |
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

C'est sans doute "la" série qui vous fera bondir cette saison sur Netflix. The Haunting of Hill House bénéficie d'un bouche à oreille très favorable depuis sa mise en ligne. La série horrifique inspirée du roman éponyme de l'auteure américaine Shirley Jackson constituera une parfaite mise en bouche pour vous plonger dans l'esprit d'Halloween qui approche.

La série prend pour cadre un grand classique de l'horreur, presque un cliché : la maison hantée. La famille Crain, Hugh, Olivia et leurs cinq enfants débarquent dans un gigantesque manoir qu'ils envisagent de remettre à neuf dans les années 90. Rapidement, les enfants sentent que quelque chose ne tourne pas rond dans la bâtisse. La nuit venue, des bruits, des ombres, des figures spectrales parfaitement terrifiantes viennent perturber le sommeil de la famille Crain.

Vous pensez avoir déjà vu cent fois une pareille histoire et pourtant The Haunting of Hill House va vous happer. Le casting, la réalisation, le scénario, le suspense... tout est extrêmement bien ficelé notamment grâce à la construction de la série qui évolue sur plusieurs chronologies, à la manière de This Is Us dans un autre registre. Vous suivez les les aventures des enfants Crain en 1992 mais aussi la vie (toujours hantée) de ces personnages 26 ans plus tard. Éteignez la lumière, montez le son et recouvrez-vous d'un plaid.

1- Une réalisation sublime

Le premier élément qui fascine dans cette série réalisée par Mike Flanagan (à qui l'on doit des films d'horreur comme Abstentia, Ouija et la future adaptation du roman de Stephen King Doctor Sleep), c'est la qualité de la cinématographie.

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La maison, la lumière, les couleurs toujours très froides, les effets spéciaux et les costumes très recherchés participent de la création d'une atmosphère idéale pour angoisser les spectateurs sans pour autant les faire suffoquer.

L'épisode 6 de cette première saison, qui en compte 10 en tout, est probablement l'un des modèles de cette grande maîtrise de la réalisation. L'épisode se décompose en seulement deux ou trois gigantesques plans-séquences. La caméra tourne, se déplace lentement et passe de pièce en pièce, de personnage en personnage, de 1992 à 2018 sans coupure. 

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The Haunting of Hill House | Featurette : Filmer la peur | Netflix

Le plan-séquence est évidemment une démonstration de la grande qualité des acteurs qui ne peuvent commettre aucune erreur au risque de devoir tout recommencer depuis le début. C'est aussi un outil redoutable pour tenir le spectateur en haleine, sans montage c'est un peu comme si nous devions regarder une scène sans pouvoir cligner des yeux une fois. Un stress idéal pour terrifier les cœurs sensibles lors des apparitions cauchemardesques que réservent le scénario. 

2- Des terreurs enfantines implacables

Cette série ne joue pas sur le gore pour dégoûter ses spectateurs. Il joue aussi modérément sur le "jump-scare", cette technique efficace qui consiste a simplement faire apparaître une image horrifique soudainement à l'écran pour faire sursauter le public. Pas de démon d'une autre dimension en images de synthèse, pas de serial-killer avec un masque... The Haunting of Hill House préfère s'appesantir sur l'horreur discrète et des peurs que tout le monde a ressenti dans sa jeunesse.

La série commence par les cauchemars des enfants, les monstres sous le lit, les amis imaginaires et autres croque-mitaines... Les fantômes et scènes horrifiques ne sortent que la nuit, l'éclairage, les bruitages et la musique font tout le travail et convoquent dans les souvenirs des spectateurs les peurs les plus ancestrales (et donc les plus efficaces).

À ces éléments s'ajoutent, dans la vie de la famille Crain en 2018, d'autres problématiques : visions, solitude, conflits familiaux, paralysies nocturnes, addictions, suicides, incompréhensions... des terreurs moins fantastiques mais qui se mêlent très intelligemment à l'intrigue et permet à chacun de se sentir personnellement concerné par le scénario. Réalisme oblige. 

3- Psychiatrie ou surnaturel ?

C'est d'ailleurs ce traitement des apparitions qui fait toute la force du message de la série. The Haunting of Hill House n'oublie pas de nous perdre en chemin et de faire vaciller nos certitudes dès qu'elles commencent à se cristalliser un peu. On peut choisir, comme dans X-Files, le camp des croyants ou celui des sceptiques.

Les enfants voient-ils vraiment des spectres qui les harcèlent chaque nuit ou ne font-ils que des cauchemars ? Les jumeaux peuvent-ils vraiment ressentir ce que vit l'un ou l'autre ou est-ce une coïncidence ? Le père est-il responsable du drame de l'été 1992 ou la maison est-elle hantée ?

À travers les personnages des deux aînés de la fratrie Steven (Michiel Huisman) et Shirley (Elizabeth Reaser), les deux cartésiens de la famille, un thème revient en boucle : la famille ne serait pas maudite, elle est simplement atteinte de divers troubles mentaux. La mère, étrange, somnambule, s'est suicidée, l'un des fils a des problèmes récurrents avec la drogue, tous vivent avec des hallucinations plus ou moins fortes, ils sont suivis par des psychiatres... Le doute est là.

Le scénario maintient en permanence cet équilibre entre surnaturel et troubles psychiatrique pour apporter une profondeur assez fascinante à la série. Et c'est sans doute pour cela qu'il est très difficile d'arrêter de dévorer le show, épisode après épisode. On veut connaître la vérité. 

4- Des personnages fascinants

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The Haunting of Hill House | La famille Crain | Netflix

Enfin, il y a le casting dont la performance est remarquable. Certains visages sont bien connus des amateurs de séries. Michiel Huisman joue dans Game of Thrones le mercenaire Daario Naharis. Carla Gugino (la mère) a été aperçue dans Wayward Pines, Californication ou le film Watchmen. Timothy Hutton (le père) était le plus jeune oscarisé pour un rôle secondaire dans Ordinary People, récemment il a tourné dans l'excellente série American Crimes ou encore How To Get Away With Murder. Son personnage, plus jeune, est interprété par Henry Jackson Thomas Jr., découvert pour son rôle du jeune Elliott dans E.T. de Spielberg... Bref, des actrices et acteurs aux C.V. solides.

Le script et l'interprétation sont les vrais points forts de ce projet horrifique. Les enfants ne sont pas d'insupportables clichés terrifiés. Chaque épisode prend le temps de développer la personnalité et la psychologie de chaque membre de la famille Craig, de l’innocence de l'enfance aux traumatismes de l'âge adulte. Cette galerie aborde aussi différentes façons de gérer le deuil : par le récit pour Steven devenu riche en racontant le traumatisme familial dans des romans sensationnels, par le travail dans des pompes funèbres pour Shirley, par les paradis artificiel pour Luke ou grâce à un mystérieux don pour Theo.

Une histoire qui se déplie et s'entremêle avec une grande intelligence au service du frisson d'abord et de l'émotion surtout. 

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