1. Accueil
  2. Culture
  3. Ciné et séries
  4. "Hippocrate", saison 2 : quand la Covid devient la goutte d'eau d'un hôpital épuisé
3 min de lecture

"Hippocrate", saison 2 : quand la Covid devient la goutte d'eau d'un hôpital épuisé

NOUS L'AVONS VU - La série de Canal+ plonge une nouvelle fois dans les eaux troubles de l'hôpital public français.

Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Avec son ambiance grise, ses problèmes de planning et ces chaises musicales qui n'en finissent pas, la première saison de la série hospitalière Hippocrate (Canal+) avait déjà peint avec justesse les forces et les failles du système public de santé français. Oubliez la lumière éclatante et les intrigues romantico-dramatiques de Grey's Anatomy ou les génies incompris de Dr House ou Good Doctor

Hippocrate frôle à certains moments le registre du documentaire en nous projetant dans le quotidien de jeunes internes français. Des médecins en devenir qui font au mieux mais tombent immanquablement dans les pièges d'un système qui en demande toujours trop et dans une chaîne de solidarité qui ne manque jamais de se retourner contre ces artisans. L'enfer est pavé de bonnes intentions et manifestement, l'hôpital français y ressemble terriblement dans cette fiction signée Thomas Lilti. 

Nous ne rentrerons pas dans le détail de l'intrigue de la première ou de la deuxième saison de cette série que vient de diffuser Canal+. Nous vous laissons la découvrir car elle le mérite amplement et le suspense n'est pas à négliger. Canal+ continue, après Baron Noir, Le Bureau des Légendes... à prouver qu'elle est la fabrique des grandes séries hexagonales.

Disons simplement que l'on suit les destins bousculés de Chloé (Louise Bourgoin), Hugo (Zacharie Chasseriaud), Alyson (Alice Balaïdi) et Arben (Karim Leklou). La première - froide, ambitieuse et autoritaire - fascine, Hugo et Alyson en médecins à peine sortis de l'adolescence nous guident quand le dernier, discret (et à raison) nous émeut. 

Un constat objectif de l'état de l'hôpital public

La première saison joue sur le thème du secret pour tisser l'intrigue. Chacun des personnages en a au moins un, des secrets qui deviennent des mensonges, des mensonges qui deviennent des fautes et aussi un ciment entre les personnages. Les spectateurs sont en permanence en empathie avec les décisions des soignants même si chacun pourrait trouver à y redire s'ils étaient eux même leurs patients. 

À lire aussi

Les scénaristes dressent en réalité une gigantesque carte des responsabilités de l'hôpital français avec une seule cible, subtilement pointée du doigt : le système avec ces deux grandes lacunes, les bras et les moyens. Ici, pas de discours militant ou politique, pas de manifestation ou de brassard noir, pas de ministre enguirlandé en marge d'une visite officielle. Hippocrate met les mains dans le cambouis et on plonge avec les personnages sans ne jamais reprendre sa respiration. Comme les soignants. Là est le problème. 

De nombreux Français se sont familiarisés cette année avec les notions de vaccin, de quarantaine, d'ARS, de pandémie, de maladies nosocomiales, de réanimation, la pénurie des soignants, du matériel, le manque de chambres libres, les conséquences d'une gestion économe de l'hôpital depuis des décennies.... 

Pourquoi nous applaudissions les soignants

Sans jamais plonger dans la crise du Covid, la saison 2 qui se déroule juste avant l'arrivée de ce virus laisse entrevoir  à quel point l'hôpital broie, année après année. À quel point les soignants sont tenus par le besoin d'être présent pour sauver des vies et que la noblesse de cette mission fait oublier toutes les souffrances, toutes les fatigues... mais ne peut pas protéger éternellement des erreurs. 

Chaque saison compte 8 épisodes d'un peu moins d'une heure. La première saison était une découverte de l'hôpital en banlieue parisienne. La deuxième est une plongée en apnée dans l'enfer des urgences. Le rythme s'accélère. On retrouve ici l'ambiance d'Urgences, qui continue de faire référence. Si le sujet avait été abordé dans la saison 1, la saison 2 (en plus d'introduire de nouveaux personnages charismatiques) met vraiment l'accent sur la gestion de troubles psychiatriques, qui, il y a quelques mois encore, étaient grandement invisibilisés. 

Le Covid, lui, fera une brève apparition à la fin de la saison. La pandémie est la cerise sur le gâteau. Comme un tsunami qui viendrait surprendre un nageur déjà épuisé par des années à flotter en haute mer. Hippocrate nous fait simplement comprendre pourquoi on applaudissait les soignants il y a un an et nous fait aussi, quelque part, regretter d'avoir arrêté...

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/