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Emmy Awards 2026 : le triomphe de Matthew Rhys, ce Gallois discret devenu poids lourds des séries américaines

L'ex-star de "Brothers and Sisters" et "The Americans" a décroché un record aux Emmy Awards lundi 14 septembre en remportant deux prix de meilleur acteur pour ses prestations dans "Widow's Bay" et "The Beast in me". Une consécration pour cette figure discrète du petit écran américain.

Matthew Rhys aux Emmy Awards 2026

Crédit : AFP / Amy Sussman - Getty Images North America - Getty Images via AFP

Benjamin Pierret

Double victoire pour Matthew Rhys. Lundi 14 septembre, l'acteur gallois est entré dans l'histoire des Emmy Awards, les Oscars de la télé, en remportant deux trophées de meilleur acteur dans la même soirée.

Une première pour cette remise de prix créée en 1949, et une consécration pour ce visage récurrent du petit écran états-unien, devenu une figure de la quality TV, ou "télévision de qualité".

L'acteur de 51 ans s'est imposé dans les catégories de meilleur acteur dans une mini-série (pour The Beast in Me, Netflix) et de série comique (Widow's Bay, Apple TV, qui a par ailleurs décroché un record de récompenses). Dans la première, un thriller psychologique, il campe un promoteur immobilier mystérieux et charismatiques soupçonné d'avoir tué sa femme.

Dans la seconde, une comédie d'épouvante, il incarne un maire maladroit qui tente de promouvoir le tourisme sur une île réputée hantée. Deux rôles aux antipodes l'un de l'autre, représentatifs de sa palette. 

Avant le succès, des apparitions remarquées (avec quelques pépites)

Né à Cardiff en 1974, Matthew Rhys déménage à Londres après le lycée pour étudier l'art dramatique à la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Arts. Rapidement, il multiplie les apparitions dans des séries et des films britanniques. En 1999, il commence à tutoyer Hollywood en décrochant un second rôle dans Titus, porté par Jessica Lange et Anthony Hopkins. Sa carrière se poursuit au Royaume-Uni, notamment avec une adaptation scénique du Lauréat à Londres.

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Un succès dont il tirera une humilité à toute épreuve, laquelle explique peut-être sa discrétion : "Après ça, j'ai pensé que j'étais sur une pente ascendante", racontait-il au New York Times il y a quelques semaines. "Je me suis dit : 'Ça y est, c'est mon moment. Et puis je n'ai trouvé aucun travail pendant longtemps".

Sa filmographie contient pourtant plusieurs pépites : il a notamment incarné le poète gallois Dylan Thomas face à Keira Knightley dans le film The Edge of Love (John Maybury) en 2008 et tourné sous la caméra de Steven Spielberg dans The Post en 2017. Mais c'est à la télévision américaine qu'il se fait un nom. Sa première incursion dans une série à succès a lieu en 2006 grâce à Brothers & Sisters. Durant les cinq saisons de ce programme centré sur une grande fratrie, il campe l'avocat homosexuel Kevin Walker aux côtés de Sally Field et Calista Flockhart. 

L'âge d'or commence

C'est un point de bascule : à partir de là, Matthew Rhys commence à décrocher ses plus grands rôles, toujours à la télévision américaine. De 2013 à 2018, il joue avec Keri Russell (Felicity, La Diplomate) dans une fiction qui fera date : The Americans. ils se glissent dans la peau de deux agents du KGB infiltrés dans l'Amérique des années 1980. Les deux acteurs y nouent une relation amoureuse ; ils vivent aujourd'hui ensemble à Brooklyn avec leur famille.

Ce rôle lui permet de décrocher son premier Emmy Award en 2018 et de s'imposer comme un visage de la quality TV. Un terme utilisé par les critiques américains pour désigner des séries qu'ils considèrent d'une qualité supérieure, se basant les thématiques qu'ils explorent, leur concentration sur la psychologie des personnages ou leur casting prestigieux. Parmi les piliers du genre on retrouve Twin Peaks, Les Soprano, The WireBreaking Bad ou Six Feet Under.

Son grand rôle suivant sera celui de Perry Mason dans la série HBO du même nom, diffusée entre 2020 et 2023. Il y prête ses traits à ce personnage d'avocat détective né sous la plume de l'auteur américain Erle Stanley Gardner dans une série de romans.

Autant de grands rôles télévisuels aussi marquants que l'acteur reste loin des projecteurs. Sans doute à cause d'un syndrome de l'imposteur dont il ne parvient pas à se défaire : "Je ne me suis tout simplement jamais senti confiant, je n'ai jamais eu cette assurance que je rêve d'avoir", confiait-il au New York Times. J'aimerais arriver à un stade où je pourrais avoir confiance en moi et où je ne ferais pas semblant. Ça arrivera quand ?" Peut-être maintenant.

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