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Le visuel du long-métrage "Dix pour cent", qui sortira dès le 10 septembre 2026 sur Netflix.
Crédit : Netflix
À première vue, rien ne la destinait à devenir culte. Une série française centrée sur des agents de stars qui raconte leurs négociations et les caprices de leurs clients, souvent des acteurs, actrices, chanteurs et chanteuses, jouant leur propre rôle avec autodérision.
Dix ans plus tard, Dix pour cent est devenu un succès en France et à l'international. Les personnages sont devenus familiers et attachants auprès du public, à tel point que la fiction a été adaptée dans bon nombre de pays.
Créée par Dominique Besnehard, lui-même agent d'artistes tels que Sophie Marceau pendant une vingtaine d'années, la série est d'abord diffusée sur France Télévisions, avant d'intégrer le catalogue de Netflix. Ce 10 septembre 2026, un long-métrage sera disponible sur la plateforme de streaming américaine, et viendra clôturer une histoire démarrée en 2015.
Le pari était risqué. Lorsque Dominique Besnehard lance Dix pour cent en 2015, personne ne pouvait parier sur la réussite du projet. Auprès du public, le métier d'agent d'artistes est méconnu, voire ignoré. Cela peut parfois être perçu comme un milieu rempli de personnes favorisées. Pourtant, le contraire s'opère.
"Je pense que les gens en ont assez des notaires, des flics et des hôpitaux dans les séries, estime Dominique Besnehard à RTL.fr. Mais finalement, les histoires d'agents intéressent le public. Ils vivent comme dans un bureau d'avocat. Ils s'aiment, se déchirent. C'est une comédie humaine, et ce sont les thèmes de la vie qui sont abordés." Ce ne sont pas seulement les célébrités comme Isabelle Adjani ou Cécile de France qui attirent les spectateurs, mais également l'aspect intriguant des coulisses d'un monde étranger pour les spectateurs.
Ça a très bien marché, mais ce n'était pas non plus les scores de "Capitaine Marleau"
Dominique Besnehard à RTL.fr
À son lancement, la série est un succès. Elle conquiert autant le public que la presse française. Diffusée sur France 2, le premier épisode de la saison 1 rassemble 4,5 millions de téléspectateurs. "Ça a très bien marché, mais ce n'était pas non plus les scores de Capitaine Marleau, tempère le créateur de Dix pour cent. Mais France Télévisions était satisfait des résultats parce que c'était quelque chose d'original, d'un peu glamour. Ce n'était ni une histoire de meurtre ni une série populaire."
La critique est conquise. En 2015, Les Inrocks écrivent : "Joie, le résultat n'a rien d'une momie surmaquillée, mais tout de la meilleure surprise sérielle de l'année". De son côté, Paris-Match salue une série "bien interprétée et bien écrite". "Après la diffusion de la première saison, les gens me demandaient dans la rue, comment on devient agent ?", se souvient Dominique Besnehard.
On peut remercier la Covid
Dominique Besnehard à RTL.fr
Dix pour cent va monter en puissance "grâce" à un événement mondial : la pandémie de Covid-19. "La Covid a fait des ravages, sauf pour nous, lance Dominique Besnehard. Les gens regardaient depuis chez eux et commentaient les épisodes". Et de poursuivre : "On peut remercier la Covid. À cette époque, beaucoup de gens du métier ont également vu la série. Kevin Kline en a parlé à Sigourney Weaver, qui en a parlé à Meryl Streep". Avant d'ajouter que l'actrice américaine lui a même confié avoir "adoré Dix pour cent" lors de sa remise de la légion d'honneur par Emmanuel Macron.
Le sel du succès de cette série provient également des véritables histoires dont elle s'inspire. D'abord, Dominique Besnehard connaît parfaitement ce milieu, puisqu'il a lui-même été agent d'artistes pendant 20 ans. Les histoires qu'il raconte dans Dix pour cent sont donc pour la plupart inspirées de ce qu'il a pu voir et vivre.
"Ce n'était pas traficoté et je pense que c'est l'une des raisons de ce succès. [...] Au fur et à mesure de l'intrigue, Fanny Herrero (scénariste de la série, ndlr), leur a raconté des vies et a fictionné les personnages comme c'est le cas pour les situations d'amour", explique-t-il à RTL.fr.
La plupart des personnages sont inspirés de personnes existantes. Celui d'Andréa, qui est obsédé par le boulot et interprété par Camille Cottin, s'inspire d'Élisabeth Tanner, une agente de comédiens qui a codirigé l'agence Time Art, fondée en 2015. Le personnage de Mathias (Thibault de Montalembert) est quant à lui lié à Bertrand de Labbey, patron d'Artmedia jusqu'en 2016. "C'est un homme qui était très en avance sur la vision des agents, mais qui était également un homme très dur, qui avait beaucoup d'ambition", explique Dominique Besnehard.
Gabriel, personnage protecteur, généreux et disponible pour ses talents, joué par le comédien Grégory Montel, est directement inspiré de Besnehard lui-même, selon le créateur de la série. Et des exemples comme ceux cités précédemment sont nombreux au sein de la fiction. La plupart des personnages de l'agence sont inspirés de personnalités du métier.
Les spectateurs s'attachent aux différents personnages. La longévité de la série a en effet permis aux scénaristes de créer des arcs narratifs autour d'histoires d'amour, de victoires, de défaites... "C'était quitte ou double, souligne Dominique Besnehard. Soit ça marchait, soit les gens allaient se dire, c'est des problèmes de gens privilégiés, on s'en fout un peu."
"Ce qui est beau dans ces personnages, c'est aussi le regard des assistants. Les rôles joués par Nicolas Maury et Laure Calamy dans la première saison regardent les stars avec des yeux ébahis. Ces vedettes sont parfois capricieuses mais sont également des êtres humains", constate-t-il. Et le point fort de cette série est aussi sa capacité à traiter de sujets d'actualité. Dans l'un des épisodes, Cécile de France est par exemple prête à avoir recours à la chirurgie esthétique pour obtenir un rôle dans un film américain.
Après une série qui était en fin de compte un peu des problèmes de privilégiés, Dix pour cent s'est ensuite ouvert
Dominique Besnehard à RTL.fr
"C'est peut-être aussi des problèmes de femmes qui sont confrontées à cela. Donc, c'est devenu universel. Après une série qui était en fin de compte un peu des problèmes de privilégiés, Dix pour cent s'est ensuite ouvert" à des sujets plus complexes et de société, décrit l'ancien agent.
Jean Dujardin, Isabelle Adjani, Mimie Mathy, Joeystarr, Franck Dubosc, Cécile de France... On ne compte plus le nombre de célébrités qui sont apparues dans la série depuis plus de dix ans. C'est aussi la force de Dix pour cent. Cette capacité à convaincre ces artistes de se prêter au jeu de leur propre rôle poussé à l'extrême avec une dose d'autodérision importante.
"Ils se mettent tous en abîme, se réjouit Dominique Besnehard. Certains acteurs ont même eu peur que les gens pensent qu'ils sont vraiment comme ça dans la vraie vie." En réalité, la plupart des histoires qui arrivent aux invités de la série sont inspirées de faits réels, mais les acteurs ayant vécu ces histoires ne les jouent pas à l'écran. Elles sont confiées à d'autres célébrités. "À part Béatrice Dalle qui a joué exactement ce qui lui est arrivé dans la vie au sein de la série", souligne-t-il. Dans l'épisode 5 de la saison 3, Béatrice Dalle est perturbée par la demande d'un réalisateur qui lui impose une scène de nudité qui n'était pas prévue. Elle refuse et son agent, Andréa Martel doit alors intervenir.
Les acteurs n'aiment pas trop se moquer d'eux-mêmes
Dominique Besnehard à RTL.fr
Une autodérision qui n'est pas forcément une coutume française. "Les acteurs n'aiment pas trop se moquer d'eux-mêmes", explique-t-il. Mais dans Dix pour cent, il faut pourtant savoir maîtriser cet art. "En Amérique, les acteurs sont des gens plus cyniques", souligne Dominique Besnehard. Le constat est clair : les comédiens français ont davantage de mal à avoir de l'autodérision. Tous ? Sauf un. "Franck Dubosc fait penser aux acteurs italiens comme Nino Manfredi par exemple. Ce sont des acteurs qui peuvent se moquer d'eux-mêmes avec beaucoup de dérision", affirme-t-il.
Si les Français ont du mal avec cela. Les Américains, eux, s'y prêtent à cœur joie. En témoigne, le film qui sera disponible sur Netflix ce 10 septembre 2026 et qui comptera parmi le casting George Clooney et Eva Longoria. Cette dernière, qui n'a tourné qu'une seule journée et que Dominique Besnehard compare à une véritable "femme d'affaires" essaye de faire l'adaptation de Dix pour cent en Amérique du Sud, selon lui. "C'est elle qui a racheté les droits', explique-t-il.
George Clooney quant à lui n'est resté que deux jours sur le tournage. L'ancien agent le décrit comme un homme "concentré" et "très sympathique". "Il était à l'heure, a fait son texte. Le contraire de l'image qu'on peut avoir des grandes stars américaines", se souvient le créateur de la série.
Outre les spectateurs français que la série a su conquérir, le monde entier est aussi sensible à ces histoires d'agents d'artistes. Des remakes sont déjà disponibles au Québec, en Inde, en Turquie ou encore en Italie. Et d'autres adaptations pourraient naître dans un futur proche. Dominique Besnehard y va même de son commentaire dévoilant avoir adoré la version italienne en raison de la présence de nombreuses stars au casting. Au contraire, la version québécoise le laisse sur sa faim. "Il y a plein de qualités, mais il n'y a pas de stars au Québec", regrette-t-il.
En attendant, le public a rendez-vous une ultime fois avec l'agence ASK et ses agents ce 10 septembre 2026 sur Netflix.
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