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"Rencontres du troisième type" et "Disclosure Day" de Steven Spielberg.
Crédit : Carlotta Films / Universal
C'est une histoire d'amour qui dure depuis plus de 50 ans. Ce mercredi 10 juin, sort au cinéma le nouveau film de Steven Spielberg, Disclosure Day, avec un casting cinq étoiles, entre Emily Blunt, Colin Firth, Josh O'Connor ou encore Colman Domingo. Avec son 37e long-métrage, le réalisateur de 79 ans retourne à l'un de ses sujets préférés : les extraterrestres.
La mère du cinéaste américain lui disait toujours "ne soyons pas assez prétentieux pour croire que nous sommes la seule forme de vie intelligente dans l'univers", aime-t-il raconter. Un enseignement que Steven Spielberg a gardé avec lui toute sa vie, allant même jusqu'à l'affirmer en interview : l'être humain n'est pas seul dans le vaste univers qui est le nôtre. Une certitude qui a grandi depuis son premier film sur la question, Rencontres du troisième type.
En 1977, Steven Spielberg prend le contre-pied de tous les long-métrages sortis sur les aliens jusqu'alors. Et si ces derniers étaient en réalité… des créatures sympathiques ? Sur le papier, Rencontres du troisième type est un film d'ovnis classique : des faits étranges se produisent à répétition à travers le monde, un homme voit une soucoupe volante passer au-dessus de sa voiture, un garçon de 4 ans assure que ses jouets bougent tout seuls, etc.
Alors que des civils tentent de percer ce mystère (et se heurtent aux secrets du gouvernement), un scientifique joué par François Truffaut réalise qu'une forme de vie extraterrestre essaie d'entrer en contact avec les humains. Steven Spielberg met de côté la diplomatie et les armes pour prôner la communication et l'art. Il suffit de cinq petites notes de musique pour échanger avec cette forme de vie étrangère, comme un message d'espoir pour assurer que l'inconnu n'est pas toujours à craindre.
Pour ce film, Steven Spielberg a choisi comme conseiller technique Allen Hynek, un scientifique civil ayant collaboré sur un projet de l’US Air Force en 1952 pour enquêter sur les témoignages sur les UFO (objets volants non identifiés). À cette époque, le cinéaste américain "croyait aux croyants", comme il l'explique dans une interview au Monde. "Je ne dirais pas à propos de ce film qu’il s’agit de science-fiction, mais de 'science-spéculation'. J’ai dû inventer un genre, et c’était il y a quarante-neuf ans", continue-t-il.
Auprès de France Inter, il ajoute : "Il y a 50 ans, je voulais croire en la vie extraterrestre parce que je n'arrivais pas à imaginer qu'il n'y en ait pas. Je n'arrivais pas à imaginer qu'on soit les seuls dans l'univers, la seule civilisation intelligente."
Puis quatre années après Rencontres du troisième type, vient le gentil E.T., l'extraterrestre. Les aliens ne sont plus vus à travers les yeux d'adultes à la recherche de la vérité, mais à travers ceux d'enfants beaucoup plus empathiques et indulgents. Adieu également aux bases militaires secrètes, aux scientifiques en combinaison et aux grandes plaines désertiques : bienvenue dans une maison de banlieue typique de Los Angeles.
C'est ici que le jeune Elliot, 10 ans, rencontre un extraterrestre prénommé E.T., traqué par des militaires et abandonné par son peuple. La petite créature cherche désespérément à rentrer chez lui ("E.T. téléphone maison") et va être aidée par Elliot, sa sœur et son grand frère. Dans ce monde à hauteur d'enfant, la famille a une place primordiale - surtout quand les parents traversent un divorce - mais surtout, l'amitié, la tolérance et l'empathie font loi. Les aliens sont encore une fois vus avec un regard bienveillant.
Le film "E.T. l'extra-terrestre" de Steven Spielberg.
Crédit : United International Pictures (UIP)
Un sentiment qui va complètement changer avec La Guerre des mondes (2003), le seul de ses films qui dénote en montrant l'Autre comme une menace. Il faut dire que ce long-métrage est l'adaptation du roman éponyme d'H.G. Wells et a été imaginé par un Steven Spielberg marqué par les attentats du 11-Septembre aux États-Unis. Tom Cruise, qui occupe le rôle principal, mentionnait à la sortie du film une version "noire" d'E.T, et il n'a pas vraiment tort.
La famille est également au cœur de La Guerre des mondes où Tom Cruise campe le rôle d'un père divorcé tentant désespérément de sauver ses enfants alors que des machines aliens sortent de terre pour détruire les humains. Pas de communication ou de diplomatie au programme : les technologies militaires sont balayées et les humains doivent compter sur leur instinct de survie le plus primaire pour voir un autre jour. L'ambiance est sombre et Steven Spielberg veut nous rappeler à quel point l'humanité est fragile.
Un écart du côté sombre rapidement oublié par Spielberg avec Disclosure Day, où il retrouve la quête de la vérité de Rencontres du troisième type et la connexion intime d'E.T.. "Disclosure Day est un film de synthèse. Rencontres du troisième type est le premier acte, E.T., le deuxième, et mon nouveau film, le troisième. Ces trois films posent une même question : que ferions-nous face à une présence extraterrestre ?", s'interroge le réalisateur auprès de nos confrères du Monde.
Si dans le premier la présence des aliens est cachée et dans le deuxième révélée mais qu'à des enfants, Disclosure Day va encore plus loin en voulant dévoiler les secrets gouvernementaux au plus grand nombre, d'où le nom du film "le jour des révélations" en français. Sans trop dévoiler l'intrigue : le personnage de Josh O'Connor a des secrets en sa possession, celui de Colin Firth essaie désespérément de les récupérer et Emily Blunt, présentatrice météo d'une chaîne de télévision locale, se retrouve mêlée à cela sans le vouloir. Et le résultat vaut vraiment le détour.
En gardant son don pour faire un blockbuster efficace et thriller haletant pour le grand public, Steven Spielberg cherche à faire réfléchir. Car depuis 1977, son avis sur les aliens a bien changé. "Un demi-siècle plus tard, j'ai réalisé Disclosure Day avec la certitude bien plus forte qu'il y a davantage de vérité que de fiction dans ce film", assurait-t-il au CinemaCon de Las Vegas, salon des professionnels du cinéma, en avril. Précisant auprès du Monde : "Avec l’invention du smartphone, n’importe qui, même un gamin, peut se trouver témoin d’un phénomène aérien hors du commun et le filmer. (…) Je peux vous garantir que, depuis le début du 21e siècle, nous n’avons jamais disposé d’autant de preuves visuelles."
Steven Spielberg, à l'instar d'un Barack Obama, est donc formel : nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Mais l'humanité est-elle prête à savoir ? Auprès de la BBC, le réalisateur reste fidèle à lui-même : optimiste. "C'est une question d'empathie et de rassemblement", assure-t-il ajoutant qu'une telle découverte "unirait l'humanité". C'est du moins tout ce qu'il souhaite dire avec Disclosure Day.
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