3 min de lecture Festival de Cannes

Cannes 2017 : pourquoi "120 battements par minute" peut gagner la Palme d'or

NOUS L'AVONS VU - Le film de Robin Campillo - en compétition officielle au Festival de Cannes - sur l'association Act Up-Paris qui lutte contre le Sida dans les années 90 a conquis la Croisette.

Nahuel Perez Biscayart, bouleversant dans le rôle de Sean dans "120 battements par minute" de Robin Campillo
Nahuel Perez Biscayart, bouleversant dans le rôle de Sean dans "120 battements par minute" de Robin Campillo Crédit : Celine Nieszawer
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

C'est l'histoire d'un combat. Un combat pour la vie, contre la mort. Contre la maladie des "pédés, des putes, des prisonniers, des drogués", comme ils disent. Contre l'épidémie du Sida qui frappe de plein fouet les années 90. Contre les laboratoires pharmaceutiques. 
Dans son film, Robin Campillo nous transporte deux décennies en arrière, quand la lutte contre le Sida était loin d'être une priorité des pouvoirs publics et que les associations se démenaient pour tenter de faire bouger les choses, tandis que dans leurs rangs, leurs amis mourraient à petit feu. 

C'est aussi une histoire d'amitié, d'amour, de solidarité entre communautés touchées par le même fléau impitoyable. L'histoire d'une société qui a mis du temps à se réveiller et comprendre qu'une épidémie n'a pas de frontière de genre ni de sexe. C'est surtout l'histoire d'Act Up-Paris. Une association d'activistes née en 1989 pour éveiller les consciences. 

120 battements par minute a fait fondre la Croisette, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, samedi 20 mai. Un film qui porte bien son nom puisqu'il emballe les cœurs du public et des critiques. Qu'en est-il du jury ? Le long-métrage peut-il remporter la 70e Palme d'Or ? 

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120 BATTEMENTS PAR MINUTE Bande Annonce + Extrait (Adèle Haenel - Cannes 2017)

Un film historique qui résonne encore aujourd'hui

"Le Sida c'est comme une guerre, une guerre invisible aux yeux des autres. Pourtant nos amis meurent, et nous ne voulons pas mourir. Nous nous battons contre ceux pour qui l'épidémie est une aubaine car elle tue depuis plus de 10 ans, dans l'indifférence générale". Les discours sont forts. Les actions aussi. L'histoire vraie de ce combat raconté pendant 2h20 a tout pour devenir l'oeuvre en or de Cannes. 

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Il est autant historique que d'actualité. Le Sida n'est pas derrière nous et continue de tuer dans le monde. En 2014, on comptait 37 millions de personnes vivant avec le virus, un chiffre qui n'a jamais été aussi élevé. "Je ne risque pas de choper votre connerie de Sida, je ne suis pas pédé". C'est le genre d'idées reçues que l'on entend dans le film, et qui ont encore la peau dure. Tout comme celle-ci : "Mettre des distributeurs de préservatifs dans les collèges c'est inciter à la pratique sexuelle". Un argument qui, plus de 20 ans après, est toujours utilisé

À l'heure où l'homophobie est loin d'être un lointain mauvais souvenir en France, et encore plus dans le monde - notamment ce qu'il se passe actuellement en Tchétchénie - le film retentit aussi comme une ode à la communauté LGBTQI, à son courage, sa tolérance, ses différences qui font aussi son union, son humour et sa capacité d'autodérision inimitable. 

Applaudi unanimement par les critiques

Remarquablement incarné et délicatement filmé, 120 battements par minute a ému, voire retourné les estomacs par sa force. On y retrouve des acteurs encore peu remarqués mais dont les noms risquent d'apparaître dans de plus en plus de génériques, comme Adèle Haenel (Les Combattants), mais aussi Nahuel Perez Biscayart dans le rôle attachant de Sean, Arnaud Valois est le touchant Nathan, Antoine Reinartz le leader indomptable ou encore Aloïse Sauvage, qui est Eva, la leader au sang-froid. 

Les spectateurs, critiques ou non, n'ont pas tardé à applaudir (ou claquer de doigts en clin d’œil au film) chaleureusement l'oeuvre de Robin Campillo. Après la standing ovation dans la salle, les critiques sont dithyrambiques : "Cannes succombe d'un coup au cœur", écrit Télérama, "bouleverse le Festival", pour Le Monde, "de battre mon cœur s'est relancé", poétise-t-on au Figaro, et "emballe le Festival" pour Libération. Sur Twitter, même impression. 

L'un des principaux activistes d'Act Up-Paris, Didier Lestrade, a aussi réagi : "Jamais mais jamais je n'aurais pensé qu'en créant Act Up-Paris en 1989, un film serait projeté un jour à Cannes". 

Une histoire vraie, des images crues, des actions choquent, un sujet qui résonne dans l'actualité, des acteurs impeccables, une scène d'amour extrêmement bien filmée, de l'autodérision, des rires dans la salle, de l'émotion et des larmes. Une recette gagnante qui pourrait bien conquérir les cœurs des jurés. Les journalistes ciné lui ont déjà donné la récompense, mais ils n'ont pas toujours été en accord avec le jury. Réponse dimanche prochain pour la soirée de clôture. Le film fera sans nul doute sensation dès le 23 août dans les salles.

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Cannes : "120 battements par minute", fresque des années sida Crédit Image : Céline Nieszawer | Crédit Média : Paul Gypteau, Corinne Taeger, Agnès Coudurier / AFPTV / AFP | Date :
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2017-05-22 15:45:00
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