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Où doit-on mettre le tiret et l'apostrophe dans une question ?

Traits d’union, apostrophes, ces petits signes que l’on n’entend pas sont parfois un casse-tête à l’écrit. Les astuces de Muriel Gilbert.

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Où doit-on mettre le tiret et l'apostrophe dans une question ? Crédit Image : Vert Baudet | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Venantia Petillault

Ce matin, nous venons en aide à une institutrice de maternelle, Karine, qui m’écrit qu’elle écoute mes "chroniques avec délectation" (oh, merci Karine !) et qui m’appelle au secours parce qu’elle est toujours embêtée, quand elle écrit des questions, "avec le T de liaison. Où doit-on mettre le tiret (et éventuellement l’apostrophe), demande-t-elle, dans, par exemple : 'Combien de fleurs y a t il dans ce vase? Combien en reste t il ? Où va t elle ?'" Dans tous les exemples cités par Karine, il faut deux traits d’union, un de chaque côté du T que Karine appelle "T de liaison", que l’on appelle aussi un "T euphonique".

L’euphonie, c’est, selon Larousse.fr, la "qualité des sons agréables à entendre ou aisés à prononcer". Quand on pose une question en français, à l’oral, on dit souvent : "Il sait plonger ?" ou "Est-ce qu’il sait plonger ?", mais la forme la plus soutenue, à l’écrit en particulier, implique ce qu’on appelle l’inversion du sujet : "Sait-il plonger ?". Et dans ce cas, on place un trait d’union entre le verbe et le sujet : "sait-il", qui se dit "sait-T-il", puisqu’on fait la liaison entre le T final de sait et la voyelle initiale de il. Ce trait d’union, en général, ne pose pas de problème, on ne l’oublie pas.

Là où l’on se pose des questions, c’est, comme dans les exemples donnés par Karine, quand le verbe se termine par une voyelle. Par exemple : "Il a, elle aime, on donne", si l’on inverse sujet et verbe, pour poser une question, ça donne  "a il", "aime elle", "donne on", ce qui est imprononçable, c’est pourquoi on ajoute, entre deux traits d’union, ce T "de liaison" ("a-t-il, aime-t-elle, donne-t-on"), qui n’a pas d’autre rôle que de rendre la phrase prononçable. Donc souvenez-vous, Karine, c’est simple : T de liaison, deux traits d’union. Karine ne le demande pas, mais c’est avec la locution "va t en" que je trouve le plus d’erreurs dans les écrits des journalistes.

C’est un impératif

"Va-t’en", ce n’est pas le même cas. D’abord, ce n’est pas une question, c’est un impératif, et il n’y a pas d’inversion du sujet. Si j’écris "va-t-il partir ?", le T est bien un T euphonique, ou de liaison, donc il sera entre deux traits d’union. Dans "va-t’en", en revanche, le T représente le pronom "te". On dit "allons-nous-en, allez-vous-en", qu’on écrit bien avec deux traits d’union ; on devrait aussi dire "va-te-en", mais pour éviter le choc des voyelles (le hiatus), on retire le E de te, et on le remplace à l’écrit par une apostrophe. Donc, pour "va-t’en", il faut à la fois le trait d’union et l’apostrophe. Curieux, n’est-ce pas ? C’est la même chose, d’ailleurs, si on dit : "Donne-m’en". Et profitons-en pour le rappeler : on ne dit pas "Donne-moi-z’en" !

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