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D'où vient l'expression "tiré par les cheveux" ?

Cette semaine, Muriel Gilbert dévoile l'origine de plusieurs expressions liées aux cheveux, mais pas seulement.

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Un bonbon sur la langue du 23 juin 2018 Crédit Image : AFP | Crédit Média : Muriel Gilbert | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert

Les expressions, c'est le pied. Il y a quelques semaines, lors d'une précédente chronique, on se demandait d'où venaient certaines expressions, notamment l'expression "tiré par les cheveux". Quelque chose de "tiré par les cheveux", selon la définition du Larousse, est "amené de façon peu logique, peu naturelle".

On dit par exemple : "Ses explications sont tirées par les cheveux", pour dire qu’elles sont peu crédibles. Cette locution serait apparue au début du XVIIe siècle, et le sens vient des violences capillaires du sens littéral de l’expression.

Quand on tire quelqu’un (ou quelqu’une) par les cheveux, on le contraint, on le force. Comme une idée que l’on emmène dans une direction illogique ou tarabiscotée, comme si on la tirait de force dans le sens qui nous arrange.

Il existe des tas d’expressions qui utilisent les cheveux ou les poils en général – vous savez que je suis une fanatique de la chose, j’ai écrit deux bouquins sur la question. On peut par exemple "saisir l’occasion aux cheveux", c’est-à-dire "dès qu’elle se présente".

Merlans, maquereaux et grue

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On se demandait pourquoi les coiffeurs sont appelés des merlans. L’une de nos auditrices, Sylviane, a envoyé l’explication, et elle a tout à fait raison. Ce surnom vient du fait que les perruquiers du XVIIIe siècle poudraient la coiffure de leurs clients fortunés en leur faisant appliquer un masque vaguement conique pour protéger leur visage. Du coup, à la fois le visage du client et la poudre qui les enveloppait tous les deux, client et coiffeur, les faisaient ressembler à des merlans farinés prêts à cuire. 

Dans le genre poissons, on pourrait se demander d’où viennent les maquereaux : les proxénètes. Certains penchent pour les goûts vestimentaires clinquants des souteneurs, qui rappelleraient la livrée chatoyante du poisson, mais l’explication la plus vraisemblable a moins de fantaisie. Le mot viendrait du néerlandais "makelaar", "intermédiaire, courtier, trafiquant".

En revanche, dans la famille maquereau, vous connaissez la jolie explication de la grue pour désigner une prostituée ? La grue est un bel oiseau échassier net comme le flamant rose, elle se tient volontiers sur une patte, gardant l’autre pliée pour la délasser, un peu comme quelqu’un qui attend dans la rue, appuyé contre un mur, en faisant ce qu’on appelle le pied de grue.

Concernant l’expression "prendre son pied", le pied était à l’origine une unité de longueur. Quand on prenait son pied, dans l’argot du XIXe siècle, on prenait sa part, plutôt d’un butin, a priori. Quand on prend son pied, on a son compte, on est satisfait, quoi !

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