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L'Europe songe à nouveau à affaiblir la protection des messages sur WhatsApp

Le Conseil de l'Union européenne remet sur la table la question de l'accès des autorités aux communications chiffrées pour faciliter les enquêtes des services de renseignement.

Le logo de la messagerie en ligne Whatsapp dans un œil (illustration)
Le logo de la messagerie en ligne Whatsapp dans un œil (illustration)
Crédit : Christophe SIMON / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste

Le chiffrement des communications est de nouveau dans le viseur des autorités. Le Conseil de l'Union européenne, qui regroupe les ministres des États membres, a adopté récemment un projet de résolution visant à trouver un moyen de contraindre les opérateurs de messageries sécurisées, comme WhatsApp ou Signal, à laisser les services de renseignement accéder aux contenus des échanges sur leur plateforme dans le cadre de leurs enquêtes. 

Intitulé "Sécurité grâce au chiffrement et sécurité malgré le chiffrement", le document publié par le média autrichien ORF.at essaie de tracer une voie médiane entre les avantages de ce standard de sécurité pour la confidentialité des communications et ses inconvénients pour les pouvoirs des autorités, qui se trouvent régulièrement démunies face à des communications protégées auxquelles elles ne peuvent accéder.

"Il y a des cas où le chiffrement rend l'analyse du contenu des communications dans le cadre d'accès aux preuves électroniques extrêmement difficile ou pratiquement impossible malgré le fait que l'accès à ces données soit légal, indique la note en date du 6 novembre. Il est donc essentiel de préserver les pouvoirs des autorités compétentes dans le domaine de la sécurité et de la justice pénale grâce à un accès légal pour mener à bien leurs tâches, prescrit et autorisé par la loi".

Pour autant, les auteurs du documents sont conscients que les solutions "doivent être conformes aux principes de légalité, de transparence, de nécessité et de proportionnalité". Il n'y a pas de moyen unique d'atteindre les objectifs fixés", écrivent-ils. Aussi, "les gouvernements, l'industrie, la recherche et les universités doivent travailler ensemble pour atteindre stratégiquement cet équilibre".

Une exception exposerait toutes les communications

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Le chiffrement de bout en bout est un protocole technologique qui garantit que seuls les participants à un canal de discussion peuvent consulter les messages échangés. S'ils sont interceptés par un tiers, leur contenu prendra la forme d'une suite de chiffres et de lettres illisible impossible à décoder sans la clé de chiffrement. 

Au fil des ans, cette technologie a été implémentée dans un certain nombre de services de communications comme WhatsApp, iMessages, Telegram ou Signal, pour protéger les communications des utilisateurs contre le piratage, l'espionnage et les programmes de surveillance. 

Pour les autorités, le chiffrement est un obstacle majeur à la conduite de leurs enquêtes. Comme ces services sont aussi utilisés par des criminels, des terroristes ou des pédophiles, ils constituent des sources d'informations capitales auxquelles les forces de l'ordre et les services de renseignement ne peuvent avoir accès. 

À défaut de pouvoir faire parler des téléphones et des flux de discussions cryptés, les services de renseignement demandent l'instauration de portes dérobées dans ces logiciels pour permettre aux enquêteurs de contourner ces protections pour prévenir les attaques et quand les enquêtes l'exigent. 

De leur côté, les éditeurs de ces services estiment qu'une seule exception à la règle reviendrait à corrompre tout le système. Ils refusent donc d'affaiblir la sécurité de leurs appareils au nom du droit à la vie privée de leurs clients

Le sujet est remis sur la table après chaque attaque terroriste dont les auteurs ont utilisé ces canaux pour communiquer lors de la préparation de leurs méfaits. Le projet de résolution européen intervient quelques jours avant la tenue d'un mini-sommet sur le terrorisme organisé mardi à Vienne, où une attaque jihadiste a fait quatre morts la semaine dernière.

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