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Des implants connectés dans le cerveau humain d'ici 6 mois : le projet d'Elon Musk est-il sérieux ?

Lors d'une conférence organisée jeudi, Elon Musk a promis de réaliser les premiers tests de ses implants cérébraux connectés sur des humains en 2023.

La société Neuralink veut permettre au cerveau humain de communiquer directement avec les ordinateurs.
La société Neuralink veut permettre au cerveau humain de communiquer directement avec les ordinateurs.
Crédit : Neuralink
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Benjamin Hue

Neuralink n'a jamais été aussi proche de réaliser ses premiers essais sur des humains. Lors d'un événement organisé jeudi 1er décembre, Elon Musk a fait le point sur les avancées de son entreprise spécialisée dans les interfaces reliant le cerveau aux ordinateurs. Avec de nouvelles promesses à la clé : selon le milliardaire, Neuralink pourrait implanter l'un de ses appareils dans la tête d'une personne dans les six prochains mois, après avoir seulement mené des essais sur des animaux jusqu'alors.

Comme il est de coutume avec Elon Musk, ces annonces sont à prendre avec des pincettes. Le fantasque entrepreneur est rompu aux prédictions hasardeuses lorsqu'il est question de ses affaires. En juillet 2019, il avait fixé à 2020 l'horizon de ses premiers tests sur des humains. Un objectif remisé par la suite à 2022. Et désormais à 2023. L'homme d'affaires n'attendrait plus que l'approbation de la Food and Drug administration, le gendarme des dispositifs médicaux aux États-Unis, à qui Neuralink aurait envoyé tous les documents nécessaires.

Comment fonctionne Neuralink

Les implants cérébraux de Neuralink sont des micro-puces d'intelligence artificielle qui se glissent sous la peau dans le but d'établir une interface directe entre le cerveau et une machine. De la taille d'une pièce de 2 euros, ces implants, qui contiennent des micro-fils reliés à des électrodes, sont destinés à traiter différents troubles neurologiques, comme la paralysie, pour permettre aux personnes souffrant de ces pathologies de contrôler des appareils par la pensée. Ils pourraient permettre, par exemple, à un paraplégique de marcher à nouveau grâce à un exosquelette, ou encore d'écrire un texto sans avoir à le taper sur son téléphone. 

Selon Neuralink, le système robotique mis au point par l'entreprise est capable d'établir une soixantaine de connexions avec le cerveau en quinze minutes. "C'est comme remplacer un morceau de votre cerveau par une montre connectée", a résumé Elon Musk mercredi, se disant prêt à se faire implanter l'appareil dans la tête ou dans celle de l'un de ses enfants à l'avenir.

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Pour l'instant, les implants cérébraux connectés de Neuralink ont seulement été implantés dans le crâne d'animaux. La dernière expérience montrait un singe jouer à des jeux vidéo avec ses pensées. Quelques mois plus tôt, un premier implant autonome et fonctionnel avait été logé dans le cerveau d’un cochon. Neuralink a présenté mercredi une nouvelle vidéo montrant des singes taper des phrases comme par télépathie. Elon Musk a aussi annoncé plusieurs nouvelles utilisations potentielles de ses implants, notamment pour rendre la vision à des personnes aveugles ou la mobilité à des personnes paralysées.

Des doutes sur la "révolution" Neuralink

Ces annonces ont été à nouveau accueillies avec un certain scepticisme par les observateurs. Outre les retards successifs sur les ambitieuses promesses du milliardaire, de sérieux doutes entourent la capacité de Neuralink à livrer son produit. Les équipes de l'entreprise n'ont toujours pas apporté de preuve scientifique concrète de leurs avancées. Nombre de scientifiques considèrent qu'Elon Musk surestime les réalisations de Neuralink, qui n'est en outre pas le seul acteur à travailler dans cette branche de la recherche. L'entreprise Synchron a par exemple annoncé en juillet avoir implanté la première interface cerveau-machine aux États-Unis. 

Lancée en 2016, la société Neuralink serait en outre traversée par d'importantes tensions. Le média américain Fortune expliquait en début d'année que de nombreux employés avaient quitté l'entreprise pour la concurrence, exaspérés par un rythme de travail trop effréné et un management problématique. Selon l'agence Bloomberg, Elon Musk aurait fait part de ses inquiétudes en interne, exhortant ses employés à "produire quoi que ce soit d'utile" avant que "tout le monde soit mort". Neuralink doit également composer avec l'opposition de groupes de défense des droits des animaux qui l'accusent d'abus sur les singes ou les cochons au cœur des expérimentations de l'entreprise. Une plainte fédérale a été déposée plus tôt cette année.

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