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Comment le stress affecte les souris ?

Les chercheurs tiennent peut-être une solution à la perte de cheveux chez les humains. Une étude a réussi à prouver que les souris stressées perdent leur pelage et que cette chute de poils pouvait être empêchée.

Souris de laboratoire, illustration
Souris de laboratoire, illustration Crédit : VIN CATANIA / AFP
Nicolas Barreiro et AFP

Des souris stressées à en perdre leurs poils. Une nouvelle étude vient indiquer que ces rongeurs perdent leur pelage en situation de stress, à cause d'une hormone qui perturbe leur pousse capillaire. Elle est peut-être une nouvelle source d'espoir pour les humains qui perdent leurs cheveux.

L'étude, publiée mercredi dans Nature, est la première à montrer comment le stress peut entraîner des chutes capillaires, et propose une façon de les arrêter. La pousse des cheveux suit trois phases : anagène, catagène et télogène, pour respectivement la croissance du poil, son arrêt et enfin sa chute (qui correspond au repos de la glande capillaire). Les chercheurs, emmenés par le professeur Ya-Chieh Hsu, de l'Université de Harvard, se sont demandés si les hormones produites en situation de stress avaient un effet sur ces phases

Chez l'humain, le stress induit une production de cortisone, dont l'équivalent chez la souris est la corticostérone, produite par la glande surrénale. Pour jauger le rôle de la corticostérone, les chercheurs ont retiré la glande surrénale d'un groupe de souris, baptisées ADX, puis ont comparé leur pousse de poils à celle d'un groupe de contrôle.

Comment empêcher la chute chez les souris ?

Les souris ADX, sans glande surrénale, avaient une phase télogène (de repos) plus courte, et leurs poils poussaient plus vite et longtemps pendant la phase anagène. Elles enchaînaient aussi beaucoup plus rapidement les trois phases de croissance, au rythme de 10 fois sur 16 mois, contre seulement trois fois pour les souris du groupe de contrôle.

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L'étude a également examiné les effets d'une élévation du taux de corticostérone sur des souris, obtenue via l'administration de cette hormone ou en soumettant le rongeur à des stress extérieurs. Dans les deux cas, les souris ont subi une phase de repos de leur pousse de poils plus longue que la phase normale.

Les chercheurs ont trouvé que la corticostérone gênait la production d'une protéine, Gas6, essentielle à la pousse des poils. Ils ont vérifié qu'ils pouvaient contrecarrer l'effet de la corticostérone en injectant la protéine Gas6 dans la peau des souris. 

Une solution pour les humains ?

Malheureusement, cette découverte est bien loin de représenter une cure pour la perte de cheveux chez l'humain, a averti le professeur Hsu. "Notre découverte est juste le premier pas important, et plus de travail sera nécessaire avant de trouver une application chez l'humain", a-t-il dit à l'AFP. Même s'il "serait intéressant de voir si Gas6 peut stimuler la pousse de cheveux en général", a-t-il ajouté.

Il y a aussi des différences importantes entre souris et humains dans ce domaine, a expliqué Rui Yi, professeur de pathologie et dermatologie à l'Université de Northwestern, cité dans Nature. "Même si la corticostérone est considérée être l'équivalent chez les rongeurs de la cortisone humaine, nous ne savons pas si la cortisone agit de la même façon chez l'humain", a-t-il écrit. 

Les cycles de pousse de poils diffèrent aussi entre les deux espèces. La plupart des poils d'une souris se trouvent généralement dans un état de repos, alors que c'est le cas pour seulement 10% des cheveux d'un humain.

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