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Chez Google, mieux vaut faire profil bas sur les inégalités salariales

Une ex-salariée de Google a raconté comment elle avait essayé de témoigner des inégalités de salaires au sein de l'entreprise. Avant d'être mise à l'index par sa hiérarchie.

Le siège de Google à Mountain View en Californie
Le siège de Google à Mountain View en Californie
Crédit : SUSANA BATES / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Malgré ses bureaux paradisiaques et son étiquette d'entreprise parmi les plus cools de la planète, Google n'est pas à l'abri d'une mauvaise publicité. Illustration avec Erica Baker, employée pendant neuf ans comme ingénieure par la firme de Mountain View, dont le récit publié mi-juillet sur Twitter a mis à mal le "Google Way of life" plébiscité dans l'imaginaire collectif. Le site américain Wired a rapporté l'intégralité de la série de tweets, résumée en français par le site de Courrier International.

D'importantes disparités salariales

Le 17 juillet, @EricaJoy raconte sur Twitter comment "quelque chose l'a contrarié hier, et [la] dérange toujours aujourd'hui'". Un dimanche où elle parlait des salaires avec quelques collègues, la jeune femme crée un tableur en document partagé pour qu'ils puissent y noter leur rémunération. Diffusé sur le réseau interne de l'entreprise, le document "s'est répandu comme une traînée de poudre", assure-t-elle. "Des gens ont commencé à ajouter des tableaux croisés qui, comme par magie, ont fait ressortir des choses pas terribles sur les écarts de salaires". 

Tandis que le tableur met en lumière d'importantes disparités salariales au sein de l'entreprise, Erica Baker a rendez-vous le lundi suivant avec ses supérieurs hiérarchiques. "En haut-lieu, les gens étaient énervés. Ma supérieure refusait carrément d'interagir avec moi", écrit-elle. "Tu sais ce qui pourrait se passer ?", demande-t-elle à Erica, qui répond : "Rien. Il est illégal de prendre des mesures contre des employés qui discutent de leurs salaires".

Toutes ses primes refusées par sa hierarchie

Sa direction trouve pourtant un moyen d'entraver son action. L'entreprise californienne permet en effet à ses salariés de se recommander entre eux pour obtenir des bonus. Erica Baker affirme que beaucoup d'entre eux lui ont témoigné leur soutien et offert des primes de 150 dollars. Mais celles-ci lui ont été systématiquement refusées par sa hiérarchie. "Pendant ce temps, le tableur poursuit son chemin. Des collègues demandent à la direction s'il serait possible de publier les échelles de salaires (haha, non)", écrit-elle.

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À son départ de Google, Erica affirme que 5% des employés avaient complété son tableur. "Certains ont demandé et obtenu un réajustement de leur rémunération grâce à des données contenues dans le document", précise-t-elle. Avant de quitter l'entreprise, elle a confié le document à un collègue qui avait participé à son élaboration. "Pour qu'il ne soit pas récupéré par la direction" et qu'il ne puisse pas sortir de l'entreprise. 

Désormais employée par la messagerie du futur

Google a répondu dès le lendemain par un communiqué, pour assurer ses employés de sa bonne foi. "Notre politique n'est pas d'évoquer les cas individuels ou les anciens salariés. Mais nous pouvons confirmer que nous menons régulièrement des analyses des rémunérations pour veiller à leur équité. Les employés sont libres de partager leurs salaires entre eux s'ils le souhaitent". 

Quant à Erica, il semble selon son profil Linkedin qu'elle travaille désormais chez Slack, un service de messagerie popularisé par les start-up de la Silicon Valley valorisé à plus d'un milliard de dollars en passe de révolutionner la communication en entreprise.

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