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"C'est la méthode Apple" : pourquoi l'iPhone passe enfin au pliant

Sept ans après Samsung, Apple s'apprête à lancer, mercredi 9 septembre, son tout premier iPhone pliant, avec l'ambition de renouveler les usages de son produit phare et d'inciter une partie de ses clients à monter encore en gamme dans un marché globalement en repli.

Apple pourrait s'inspirer du format du Galaxy Z Fold 8 de Samsung pour le successeur de l'iPhone 17

Crédit : RTL

Benjamin Hue

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L'iPhone s'apprête à vivre sa transformation la plus spectaculaire depuis sa création en 2007. Pour sa première conférence à la tête d'Apple, John Ternus devrait dévoiler ce mercredi 9 septembre lors de la keynote de rentrée du groupe un premier modèle pliant. Sept ans après le premier Galaxy Fold de Samsung, la firme californienne rejoindrait ainsi Huawei, Xiaomi, Oppo ou Honor sur ce marché encore marginal, qui représente moins de 3% des ventes mondiales de téléphones. 

Mais dans un secteur attendu en recul cette année, les pliables font figure d'exception. Selon IDC, ils seraient la seule catégorie promise à la croissance, précisément grâce à l'arrivée du groupe américain. 

"Le lancement d’un smartphone pliable correspond parfaitement à la méthode Apple : attendre qu’une technologie corrige ses défauts de jeunesse et que le marché commence à montrer des signes de viabilité, avant d'entrer dans la danse et de tenter de redéfinir la catégorie. Souvenez-vous de l'Apple Watch", illustre Dipanjan Chatterjee, vice-président et analyste principal chez Forrester, joint par RTL. 

L’arrivée d’Apple pourrait servir de catalyseur et accélérer l’adoption des smartphones pliants auprès du grand public. IDC anticipe plus de dix millions d’iPhone pliables livrés dès la première année. De son côté, Counterpoint Research estime qu’Apple pourrait capter 25% des ventes mondiales de smartphones pliants d’ici la fin de l’année et contribuer à faire progresser le marché de 21%.

Le format passeport s'impose dans le secteur

Deux grandes familles se partagent aujourd’hui le secteur. D’un côté, les modèles à clapet, comme le Galaxy Z Flip 8 de Samsung, vendu à partir de 1.299 euros, ou le Motorola Razr 70, proposé à 869 euros. Leur principal intérêt est de se replier sur eux-mêmes pour occuper moins de place dans une poche, tout en retrouvant le format d'un smartphone classique une fois ouverts. De l'autre, les modèles au format livre, qui conservent les dimensions d'un téléphone traditionnel lorsqu’ils sont fermés mais se transforment en petite tablette lorsqu’on les déplie, à l’image du Honor Magic V6, vendu 2.299,90 euros.

Mais depuis quelques mois, un troisième format s'impose comme la tendance à suivre pour le secteur : celui des pliables dits "passeport". Plus larges et plus compacts, ils cherchent à combiner le confort d’un petit smartphone fermé avec celui d’une petite tablette une fois ouverts. Huawei a ouvert la voie avec le Pura X Max, avant Samsung avec son Galaxy Z Fold 8, proposé à partir de 1.999 euros, puis Xiaomi, qui vient d’annoncer un 18 Fold aux proportions similaires pour près de 1.500 euros.

C'est également cette piste qu’Apple aurait retenue pour son premier iPhone pliable, dont le nom pourrait être Fold, Ultra ou Duo. Fermé, l’appareil prendrait les proportions d’un petit carnet, avec un écran externe de 5,5 pouces suffisamment grand pour répondre à des messages, naviguer sur Internet ou suivre un itinéraire. Ouvert, il offrirait un écran intérieur de 7,8 pouces, proche du format d’un iPad Mini et davantage adapté à la lecture, à la vidéo ou au travail.

Un format taillé pour le divertissement et la productivité

Mais qu’est-ce que ce format change réellement à l’usage ? Lors du lancement du Galaxy Z Fold 8 cet été, Samsung a mis en avant le confort procuré par ces nouvelles proportions. Plus large, l’écran extérieur offre davantage d’espace pour les images et les réseaux sociaux. À l’intérieur, la dalle au format 4:3 se prête mieux à la lecture d’un PDF ou au visionnage d’une vidéo, avec des bandes noires moins visibles sur certains contenus. Encore faut-il que les applications sachent tirer parti de cet espace supplémentaire.

Toutes ne sont pas encore adaptées aux proportions particulières de ces smartphones. Certaines affichent des marges ou des éléments mal dimensionnés, d’autres gèrent encore difficilement le passage de l’écran externe à l’écran intérieur ou le changement d’orientation. Sur TikTok, les vidéos verticales peuvent apparaître entourées de larges bandes noires lorsqu'un pliable se déploie en mode paysage. L’utilisateur doit donc encore parfois chercher la position la plus adaptée au contenu qu’il consulte.

L’un des principaux enjeux pour Apple sera de proposer une expérience plus homogène, à la hauteur de ce que proposent déjà iOS et iPadOS. "J’ai du mal à croire qu’Apple se lance sur cette niche simplement dans une approche défensive. Le groupe a certainement l’ambition de redéfinir la catégorie avec une expérience utilisateur différenciée et une meilleure intégration des logiciels et des applications, avec une interface plus adaptative et vraiment multitâche", analyse Thomas Husson, analyste indépendant spécialiste du secteur, joint par RTL.

Selon Bloomberg, l’iPhone pliant fonctionnerait ainsi avec une version d’iOS 27 spécialement adaptée à son grand écran, sans pour autant reprendre toutes les fonctions ni les applications de l’iPad. Il pourrait notamment afficher deux applications côte à côte et intégrer des barres de navigation latérales inspirées d’iPadOS. Il deviendrait alors possible, par exemple, de consulter un document tout en rédigeant un mail, ou de faire glisser un élément d’une fenêtre à l’autre sans avoir à jongler en permanence entre les applications.

Le Galaxy Z Fold 8 permet de naviguer sur Internet tout en lisant une vidéo sur YouTube

Crédit : RTL

Des compromis difficiles à accepter sur un produit aussi haut de gamme

Que trouvera-t-on concrètement sous le capot de cet iPhone pliable ? À en croire les dernières indiscrétions, Apple ne lésinerait pas sur la puissance. L'appareil embarquerait une puce A20 Pro de dernière génération, 12 Go de mémoire vive et fonctionnerait exclusivement avec une eSIM, sans emplacement pour une carte nanoSIM physique.

Cette fiche technique haut de gamme ne serait toutefois pas sans compromis. Le lecteur d'empreintes Touch ID ferait son retour à la place de la reconnaissance faciale Face ID, dont les capteurs seraient trop encombrants sous l’écran. 

Côté photo, l’appareil se limiterait à deux modules de 48 mégapixels, sans le téléobjectif des modèles Pro. Un sacrifice qui pourrait être difficile à faire accepter sur un iPhone aussi haut de gamme. Xiaomi n’a d’ailleurs pas tardé à appuyer là où ça fait mal en dévoilant 48 heures avant Apple, son Xiaomi 18 Fold au format passeport doté de trois capteurs photo.

Autres inconnues : l’autonomie et surtout la résistance de l’appareil au quotidien. Les écrans souples restent plus sensibles aux rayures et aux corps étrangers, tandis que la charnière doit supporter des milliers d’ouvertures. Apple devra également rendre le pli central aussi discret que possible. Le groupe aurait notamment breveté un revêtement intégrant des matériaux dits "autocicatrisants", capables d’atténuer certaines rayures ou déformations.

L’iPhone le plus cher jamais commercialisé 

Reste enfin la question qui pourrait décider du succès de cet iPhone pliable : son prix. Apple doit encore préciser sa date de commercialisation, les volumes disponibles au lancement et surtout son tarif, qui pourrait dépasser les 2.500 euros. Un niveau inédit pour un iPhone, très au-dessus des modèles Pro les plus chers commercialisés jusqu’ici.

À ce prix, Apple devra prouver que le format pliant apporte suffisamment de valeur pour convaincre des clients de dépenser davantage pour un appareil censé réunir les usages d’un smartphone et d’une petite tablette. "Le véritable test pour Apple sera de savoir si l’entreprise est capable de transformer cette niche en un nouveau segment de marché significatif", prévient Dipanjan Chatterjee.

Dans le cas contraire, l’iPhone pliable pourrait rester un produit vitrine, très haut de gamme et statutaire, à l’image du Vision Pro, le casque de réalité mixte lancé en grande pompe il y a deux ans avant de retomber dans l'ombre.

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