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Alerte au "Sim swapping" : comment se protéger du retour de cette arnaque qui peut vider vos comptes

Perte soudaine de réseau, SMS de validation interceptés, comptes compromis : le "Sim swapping" revient dans l'actualité. Voici comment fonctionne cette fraude et les réflexes à adopter pour limiter les risques.

Un homme sur son téléphone (illustration)

Crédit : Photo de Adrianna Calvo provenant de Pexels

Comment détecter le SIM Swapping

00:05:19

Jérémy Descours

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Votre téléphone affiche soudainement "Aucun service" ou "Appels d'urgence"? Avant de le redémarrer dix fois, vérifiez qu'il ne s’agit pas d'un "Sim swapping". Cette arnaque, qui consiste à prendre le contrôle du numéro de téléphone d'une personne, refait parler d’elle. La gendarmerie de la Somme a en effet donné l'alerte le 27 août dernier dans un post Facebook.

Mais comment fonctionne le "Sim swapping" ? Le principe est assez simple. Un escroc récupère d'abord suffisamment d'informations sur sa victime : nom, date de naissance, adresse e-mail, numéro de téléphone, etc. Il peut ensuite tenter de se faire passer pour elle auprès de son opérateur, ou pirater son espace client, afin de transférer son numéro vers une autre carte Sim ou une eSim qu'il contrôle.

La carte Sim de la victime est alors désactivée. Le pirate reçoit à sa place les appels et surtout les SMS contenant des codes de validation.

Les fuites de données peuvent faciliter les attaques

C'est là que les choses peuvent rapidement dégénérer. Avec ces codes, et s'il dispose par ailleurs d'identifiants ou d'autres informations personnelles, l'escroc peut tenter de récupérer des comptes, changer des mots de passe, valider des paiements ou effectuer des transferts bancaires. Une affaire révélée fin 2023 avait ainsi conduit au démantèlement d'un réseau soupçonné d'avoir dérobé plus de 600.000 euros à une soixantaine de victimes. 

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Le retour de cette escroquerie est d'autant plus préoccupant que les dernières années ont été marquées par d'importantes fuites de données. Certaines informations volées chez des opérateurs (données clients, identifiants liés au smartphone ou à la carte Sim, coordonnées bancaires) peuvent être recoupées avec d'autres données disponibles dans les milieux cybercriminels.

Attention cependant, une fuite ne permet donc pas automatiquement de réaliser un Sim swapping, mais plus les escrocs disposent d'informations précises sur une cible, plus ils peuvent rendre crédible une usurpation auprès d'un opérateur téléphonique. Cette menace intervient par ailleurs après un été 2026 marqué par plusieurs cyberattaques visant des services publics français, notamment le fisc et l'Éducation nationale, ainsi que des outils de messagerie du ministère de la Transition écologique.

Quels signes doivent vous alerter et comment se protéger ?

Il n'existe pas de solution miracle. Tant que les procédures de sécurité des opérateurs pourront être contournées, le risque d'usurpation existera. La première règle est donc de réagir très vite au moindre indice. Le premier signal est la perte brutale de réseau, sans raison apparente. Autre indice : des demandes de changement de mot de passe ou des alertes de connexion que vous n'avez pas provoquées. Dans les deux cas, contactez immédiatement votre opérateur et vérifiez votre espace client. 

Si vous êtes connecté en Wi-Fi, connectez-vous également à votre adresse e-mail principale et à votre banque pour vérifier vos mots de passe et vos coordonnées de récupération. Vérifiez vos dernières opérations et prévenez votre banque en cas de mouvement suspect.

Deuxième règle d'or : méfiez-vous des messages suspects. Un "Sim swapping" peut commencer par une campagne de phishing destinée à récupérer vos informations personnelles ou un code reçu par SMS. Ne cliquez pas sur les liens reçus par message et ne communiquez jamais de code ou d'information sensible par SMS, mail ou téléphone à un interlocuteur qui vous le demande.

Troisième règle : renforcez la sécurité de vos comptes. Lorsque c'est possible, privilégiez une application d'authentification plutôt que la validation par SMS. Pour vos comptes bancaires, activez toutes les options d'authentification forte proposées par votre banque. Dans son post Facebook justement, la gendarmerie nationale recommande de privilégier, lorsque c'est possible, une application d'authentification comme Google Authenticator ou Microsoft Authenticator.

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