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VIDÉOS - Primaire de la droite : les séquences à retenir de ce troisième débat

ÉCLAIRAGE - Attaques contre les journalistes et l'organisation, Donald Trump ou petites bourdes, ce troisième débat était particulièrement électrique.

Le plateau du 3e débat de la Primaire de la droite, le 17 novembre 2016
Le plateau du 3e débat de la Primaire de la droite, le 17 novembre 2016 Crédit : France 2
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Europe, Macron, éducation, Trump, politique sociale et... des tensions avec les journalistes. Voilà ce que l'on peut retenir de ce troisième et dernier débat entre Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson. Diffusé sur France 2, cet ultime débat pourrait bien être décisif tant les écarts entre les favoris se sont resserrés à maintenant 3 jours du premier tour de cette primaire ouverte.

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy sont désormais au coude-à-coude à trois jours de la primaire de la droite, juste devant François Fillon qui a plus que doublé ses intentions de vote en un mois, selon un sondage Ifop-Fiducial diffusé ce jeudi. Au second tour, Nicolas Sarkozy serait battu aussi bien par Alain Juppé que par François Fillon. Le maire de Bordeaux et le premier ministre de Nicolas Sarkozy seraient en revanche à égalité en cas de duel.

Le "Vous n'avez pas honte ?" de Nicolas Sarkozy

Lors du troisième débat de la primaire de la droite et du centre, jeudi 17 novembre, David Pujadas a demandé à Nicolas Sarkozy de dire sa vérité à propos des révélations de Ziad Takkiedine, qui affirme avoir remis près de cinq millions d'euros dans des valises en liquide entre la fin de l'année 2006 et le début de l'année 2007, pour financer la campagne présidentielle du candidat de l'ex-UMP.

À cette évocation, Nicolas Sarkozy n'a pas répondu à la question posée. "Vous n'avez pas honte ? a-t-il lancé au journaliste. Quelle indignité, nous sommes sur le service public. [...] Vous n'avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison ? Ce n'est pas l'idée que je me fais du service public". Ziad Takkiedine s'est confié au pure player Mediapart à ce sujet, mardi 15 novembre. Dans la foulée, il a effectué une déposition auprès de la justice dans le cadre de l'enquête sur le financement présumé libyen de la campagne de 2007.

La colère de Bruno Le Maire face à Jean-Pierre Elkabbach

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Bruno Le Maire venait d'évoquer la place de la France sur le plan international lorsqu'il a souhaité évoquer le cas d'Emmanuel Macron, sur lequel avaient été interrogés avant lui Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy. Vantant les mérites d'un renouvellement de la classe politique qui ne devrait pas, selon lui, "être le monopole de la gauche et des Verts", il a eu droit à une remarque ironique de Jean-Pierre Elkabbach lui demandant "pourquoi cela ne marchait pas avec lui".

Bruno Le Maire a alors vivement répliqué au journaliste d'Europe 1 : "Vous connaissez déjà le résultat ? On en reparlera lundi". Le candidat s'emporte : "Je suis candidat (...), ça mérite le respect. Je n'ai pas de leçon à recevoir" avant de déplorer l'existence d'une "France des journalistes", déconnectée de la réalité du reste des citoyens.

Donald Trump, entre critiques et accords

Le débat a démarré par une question concernant les votes "anti-élite" : Brexit ou encore Donald Trump. Pour François Fillon, "il faut toujours dire la vérité et ne pas changer d'attitude parce que les Américains ont voté pour Donald Trump (...) Nous avons beaucoup de contentieux avec les États-Unis et ce n'est pas à cause de M. Trump". L'ancien premier ministre a annoncé vouloir discuter avec le futur président américain pour mettre fin à un certain nombre de ce qu'il considère comme des problèmes. Il cite notamment la situation au "Proche-Orient".

Jean-Frédéric Poisson, seul candidat à avoir salué la victoire de Donald Trump, a estimé que son éventuelle proximité idéologique avec le futur président "n'est pas le sujet". Et de se réjouir que "le politiquement correct" n'ait "plus de droit de cité dans la vie politique". Bruno Le Maire souligne que les votes anti-élite se multiplient. "Il y a une colère dans les pays occidentaux", estime-t-il, citant en exemple l'Allemagne, l'Autriche, le Brexit et la victoire de Donald Trump. "Il ne faut pas faire avec plus de colère, comme lui (...) Il faut faire des propositions positives".

"Nous devons nous préparer à trois chocs, annonce Alain Juppé. Le commerce (...), la défense (...), le développement durable". Et le maire de Bordeaux de prévenir que la France et l'Union européenne devront adopter une attitude "offensive" pour tenir tête aux États-Unis. Dans la foulée, Nathalie Kosciusko-Morizet souligne "la misogynie, le racisme et l'homophobie" du futur président américain et rappelle qu'Hillary Clinton a bénéficié "d'un million de votes de plus" que celui qui l'a battue.

David Pujadas demande à Nicolas Sarkozy si Alain Juppé n'est pas "le meilleur candidat face à la montée du populisme". L'ancien président de la République réagit immédiatement : "Vous êtes bien dans la ligne journalistique. On parle de l'élection américaine et l'on arrive à l'un de mes concurrents". Nicolas Sarkozy voit en la victoire de Donald Trump l'occasion pour la France de "réaffirmer un leadership". Et d'espérer un retour de l'UE au premier plan. Jean-François Copé craint, lui, une victoire de Marine Le Pen, permise par "la colère" des électeurs.

Les bourdes géographique de Poisson

À deux reprises, le candidat Jean-Frédéric Poisson s'est fait reprendre sur ses approximations géographiques par ses voisins. Lors d'une première séquence, il a opposé la Martinique et la Guadeloupe à "la France" au lieu d'utiliser le terme de "métropole". Première leçon de Nathalie Kosciusko-Morizet : "Tout à l'heure, tu avais l'air de dire que la Martinique et la Guadeloupe ce n'était pas clairement en France, ça l'est et l'Alsace aussi... Tu as fait un lapsus, c'est pas grave".

Deuxième leçon, dispensée par Alain Juppé et Nicolas Sarkozy sur le nombre de départements corses. "C'est quand même un département particulier dans notre pays, a commencé Jean-Frédéric Poisson avant de se faire corriger par Nicolas Sarkozy et Alain Juppé et leur "il y en a même deux". Le candidat chrétien-démocrate a tenté de se rattraper en parlant de "deux départements pour un peuple" sous les regards dubitatifs de ses adversaires.

Le coup de gueule de Fillon sur la séquence finale

Avant de rendre l'antenne, David Pujadas a proposé aux candidats de débattre entre eux afin de sortir du schéma très classique "question de journaliste - réponse de candidat". C'était sans compter sur une petite révolte des candidats particulièrement frustrés du déroulement de ce troisième débat. C'est François Fillon qui s'est fait le porte-parole de ses camarades.

"Je vais vous faire une remarque. Vous nous coupez la parole sur des sujets absolument fondamentaux", a commencé l'ancien Premier ministre. "Pour vous donner de la liberté...", a rétorqué David Pujadas. "Mais on n'en veut pas ! On n'est pas des commentateurs, on n'est pas là pour s'interpeller les uns les autres ! a tranché François Fillon. C'est tout le problème de la conception que vous avez de ces débats, c'est une conception en terme de spectacle et pas de fond". pour David Pujadas, cette attaque était mal venue puisque selon le journaliste "il y a eu des discussions avant cette émission et c'est la position que (les candidats) ont prise".

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