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Marine Tondelier à Strasbourg, le 21 août 2025.
Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP
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Fronde chez les Écologistes. Une crise interne est actuellement en cours, ce vendredi 30 janvier et son origine est multiple : défections pour rejoindre La France insoumise dans plusieurs villes pour les élections municipales, une tribune critiquant la ligne de Marine Tondelier et la crainte de perdre des bastions lors du scrutin local.
L'étincelle est partie, le jeudi 29 janvier au soir lorsque les conseillers de Paris écologistes Jérôme Gleizes et Emile Meunier ont annoncé rejoindre Sophia Chikirou, candidate LFI dans la capitale. Un ralliement qui se produit alors que leur parti a choisi de s'allier dès le premier tour avec le socialiste Emmanuel Grégoire, positionné sur une ligne anti-LFI.
Coup de tonerre aussi à Montpellier où la présidente du conseil fédéral écologiste, Julia Mignacca, a quitté la liste autonome de Jean-Louis Roumégas, pour se rallier à celle de la députée LFI Nathalie Oziol. À Avignon, la cheffe de file des écologistes Sabah Badji s'est aussi alliée avec la liste insoumise.
Ces initiatives locales s'inscrivent donc dans l'opposition à la ligne dictée par Marine Tondelier à la tête des Écologistes. La secrétaire nationale du parti prône un rapprochement avec le Parti socialiste. Un rapprochement qui a pris forme avec sa participation à la primaire de la gauche pour l'élection présidentielle de 2027, scrutin organisé par le Parti socialiste. Cette décision a placé Marine Tondelier dans le viseur de l'aile gauche de son parti qui lui reproche de préférer, aux municipales mais aussi à la prochaine présidentielle, l'alliance avec le Parti socialiste, qui n'a pas censuré le gouvernement sur le budget, plutôt qu'avec les insoumis.
Plusieurs d'entre eux sont signataires d'une tribune, publiée lundi dans Mediapart, dans laquelle ils affirment ne pas accepter "que l'écologie se dissolve à nouveau dans la social-démocratie", déplorant la ligne électorale "illisible" de la direction du parti qui a "privilégié l'alliance avec le PS" aux municipales
Pour ces scrutins des 15 et 22 mars, les Écologistes ont majoritairement fait des accords avec les socialistes, comme à Paris, Marseille, Nantes, Rennes derrière le PS. À Lyon, Bordeaux, Grenoble ou Besançon, c'est un des leurs qui a pris la tête de liste. Mais ils partent aussi avec les insoumis dans certaines villes, comme à Boulogne-Billancourt, Fécamp, Boulogne-sur-Mer ou La Courneuve.
Face à cette fronde, la direction évoque un événement "picrocholin" et a exigé que les signataires de la tribune retirent leur signature, menaçant de les suspendre du parti. Le secrétaire général adjoint des Écologistes, Aïssa Ghalmi, a dénoncé à l'AFP une "opération de déstabilisation" et de "débauchage" orchestrée par LFI.
"La France insoumise ne manipule personne et n'agit pas autrement que par une démarche de conviction basée sur des engagements politiques clairs", a répondu sur X le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, alors que plusieurs cadres insoumis se sont réjouis de ces prises de guerre.
Les deux partis s'accusent mutuellement d'être responsables du peu d'accords conclus entre eux pour ce scrutin. Aïssa Ghalmi rappelle que chez les Verts, les alliances aux municipales se décident au niveau local. Jérôme Gleizes rétorque que la direction a exercé des "pressions" pour que les groupes locaux acceptent des accords avec le PS. "Tout ça se fait en sous-main, insidieusement", affirme un autre signataire, soulignant que les craintes de perdre les villes acquises par les Écologistes en 2020 a poussé la direction à défendre des alliances avec le PS.
"Il fallait bien qu'on se range derrière Emmanuel Grégoire à Paris, pour que les socialistes se rangent derrière Grégory Doucet (le maire sortant écologiste) à Lyon", décrypte le même, évoquant des pressions dans d'autres villes, comme à Rennes ou à Dunkerque, où les écologistes locaux souhaitaient faire des listes autonomes. "On est en train de revenir à la pire période de notre histoire, quand on était un satellite des socialistes", regrette Jérome Gleizes.
"Il y a toujours eu des mécontents dans les organisations politiques, qui au moment des élections vont voir si l'herbe est plus verte ailleurs", estime Aïssa Ghalmi, sans nier "les désaccords sur la stratégie". Marine Tondelier "paye le prix de sa ligne incohérente" consistant à être "le trait d'union entre le PS et LFI". "Pour le moment elle tient debout, parce qu'elle n'a pas tranché", estime un autre élu écologiste.
Il souligne que d'autres militants, partisans d'une rupture totale avec LFI, ont aussi quitté le parti, pour rejoindre notamment Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann. "Je suis convaincu qu'il y aura une explosion du parti après les municipales".
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