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Bruno Retailleau, le 6 octobre 2025
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
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"En leur âme et conscience". Bruno Retailleau a refusé d'apporter son soutien à Christian Estrosi pour le second tour des élections municipales. Engagé dans une lutte sans merci contre Éric Ciotti à Nice, le maire sortant Horizons est en position de challenger à quatre jours du vote qui aura lieu dimanche 22 mars.
Cette décision a déclenché l'ire d'Édouard Philippe, de Gabriel Attal et jusque dans son propre camp. La raison ? Un accord conclu entre Les Républicains et Horizons. Critique à laquelle a répondu Bruno Retailleau. "On avait un accord national avec Horizons notamment, qui comprenait Nice (mais) cette campagne a été délétère", a expliqué le patron des Républicains ce mercredi 18 mars sur BFMTV.
Bruno Retailleau n'a pas apprécié "l'appel à la gauche et au communautarisme" lancé par l'ancien membre des Républicains, même s'il compte plusieurs candidats LR sur sa liste. Lui qui au soir du premier tour des municipales appelait à "un grand rassemblement de la droite pour battre la gauche et le RN".
S'il ne soutient pas Christian Estrosi, Bruno Retailleau soutient-il Éric Ciotti ? C'est en tout cas ce qu'en a déduit l'ancien patron du parti. Sur X, il s'est réjoui : "Je remercie Bruno Retailleau d'avoir condamné la campagne délétère de Christian Estrosi et de retirer son soutien au candidat macroniste".
Mais Bruno Retailleau a insisté sur X et rappelé "condamner" son prédécesseur à la tête du parti qui s'était allié avec le Rassemblement national, en 2024. "J'ai redit que je ne soutenais pas Éric Ciotti", a-t-il écrit sur X.
Cela n'a pas suffi à calmer les voix dissonantes au sein des Républicains. À commencer par celle de Gérard Larcher qui a appelé à "respecter" les accords et a apporté son soutien à Christian Estrosi. Michel Barnier a dit soutenir "sans ambiguïté" Christian Estrosi. Xavier Bertrand, qui nourrit également des ambitions élyséennes, a pour sa part déploré ce soutien "insidieux" apporté par le président de son parti à Éric Ciotti, y voyant une "indignité".
Quant à la sénatrice (LR) Dominique Estrosi-Sassone, qui figure sur la liste du maire sortant et qui est pourtant proche de Bruno Retailleau, elle a mis les déclarations du patron du parti "sur le compte d'un moment d'égarement". "C'est une double faute de la part de Bruno Retailleau", déplore un cadre LR auprès de l'AFP. "La première comme président de parti dans un département des Alpes-Maritimes où LR est en train d'être grand-remplacé par le RN". "Et la deuxième comme présidentiable en envoyant à ses partenaires du socle commun le message qu'il n'est pas un partenaire fiable", ajoute cette source.
Sur LCI, le secrétaire général adjoint des Républicains Pierre-Henri Dumont estime "le climat à Nice, c'est deux anciens alliés et deux anciens amis qui se connaissent depuis 40 ans et qui se font la guerre l'un, l'autre". "C'est une querelle entre chien et chat. C'est une querelle qui ne peut pas être extrapolé au niveau national (...) C'est du vaudeville cette élection municipale à Nice", a-t-il ajouté
Édouard Philippe et Bruno Retailleau se sont appelés, mais la discussion n'a rien donné. En témoigne le communiqué assassin d'Horizons publié dans la foulée. Les déclarations de Bruno Retailleau, "c'est la dernière d'une longue série d'ambiguïtés des Républicains dans cette ville, et c'est aussi l'ambiguïté la plus grave, à l'heure d'un second tour décisif", a ainsi regretté le parti de l'ancien Premier ministre, appelant Les Républicains à "clarifier leur position". Selon l'eurodéputé Gilles Boyer, l'ambiguïté était réelle et inquiétante.
"Des repères fondamentaux disparaissent", a regretté Gabriel Attal, le leader de Renaissance. Selon un proche d'Emmanuel Macron, "la digue contre le RN est en train de se transformer en sable". Sous pression, Bruno Retailleau a essayé alors de déminer : il a rejeté clairement la main tendue par le RN, qu'il accuse de vouloir "faire gagner la gauche contre la droite" en maintenant ses candidats au second tour, citant notamment les exemples de Gap, Brest, Fougères, Alençon ou encore Limoges.
Conclusion d'un ministre : "Bruno Retailleau est très seul dans son parti". L'enjeu derrière, c'est bien la présidentielle de 2027 et ce choix fondamental pour Les Républicains, tenir ou pas la digue face à l'extrême droite.
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