2 min de lecture

"La politique des bons sentiments est condamnée à l'échec" : Bruno Retailleau répond à Emmanuel Macron qui a fustigé les "mabouls" qui veulent "se fâcher avec l'Algérie"

Après les propos d'Emmanuel Macron sur les "mabouls" qui veulent "se fâcher avec l'Algérie", Bruno Retailleau contre-attaque. Le patron des Républicains dénonce une diversion et réclame davantage de fermeté face au régime algérien.

Bruno Retailleau, le 5 mars 2026

Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP

Jérémy Descours

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Comme on pouvait s'en douter, la dernière sortie d'Emmanuel Macron n'est pas restée sans réponse. Questionné sur la situation des "Padhue" (praticiens diplômés hors Union européenne), en marge d'un déplacement dans un hôpital de l'Ariège, le chef de l'État a lancé une pique aux partisans d'une ligne dure avec le pouvoir algérien, en regrettant "tous les mabouls" qui veulent "se fâcher avec l'Algérie".

"Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu'il faudrait se fâcher avec l'Algérie", a lâché le président de la République, ce lundi 27 avril, en visitant l'hôpital de Lavelanet.


Visé sans être nommé, l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a répliqué avec virulence, dénonçant une tentative de diversion. Dans un communiqué, le président des Républicains affirme : "Aujourd'hui, Emmanuel Macron s’en est pris à ceux qui, comme moi, sont partisans de la fermeté avec l’Algérie, en prétextant notamment les lourdeurs administratives pour les médecins étrangers". "Je veux lui répondre calmement mais fermement : ce faux prétexte ne vise qu'à dissimuler les vrais problèmes", a-t-il ajouté

"Les barbouzeries de ce régime sur notre propre sol"

Selon l'ancien ministre de l'Intérieur, le chef de l'État élude les sujets de fond. "Le problème, ce ne sont pas les médecins algériens mais les centaines d'OQTF dangereux qui n'ont plus rien à faire en France", insiste-t-il, accusant Alger de refuser de reprendre certains ressortissants malgré les accords en vigueur.

Dans le détail, Bruno Retailleau élargit son propos à plusieurs contentieux. Il évoque notamment "les barbouzeries de ce régime sur notre propre sol" ou encore "la détention totalement arbitraire du journaliste Christophe Gleizes". Il cite aussi le cas de l'écrivain Kamel Daoud, prix Goncourt, dont la condamnation n'aurait, selon lui, suscité "aucune réaction du Président de la République".

Autre point de crispation : les accords bilatéraux de 1968, régulièrement critiqués à droite. Ils offriraient, d'après le sénateur LR, "des privilèges exorbitants avec l'argent des contribuables français", tout en permettant à l'Algérie de ne pas respecter certaines obligations, notamment en matière de reconduites à la frontière.

Bellamy parle d'"une faiblesse revendiquée au sommet de l'État"

Par ailleurs, Bruno Retailleau estime que "la politique des bons sentiments est condamnée à l'échec" face au pouvoir algérien, appelant à "avoir le courage de la fermeté".

"Je le redis une nouvelle fois : avec le régime d'Alger, la politique des bons sentiments est condamnée à l'échec, et aucune douleur de l’histoire ne donne le droit à ses dirigeants d'humilier et d'insulter la France". 

Une réponse directe à Emmanuel Macron, accusé de ne pas affronter ces enjeux "qui engagent la sécurité des Français et la souveraineté de la France".

De son côté, l'eurodéputé LR, François-Xavier Bellamy, estime que le président fait preuve de "faiblesse revendiquée au sommet de l'État" face au régime algérien. "Faute d'avoir le courage d'être ferme avec les dirigeants algériens, le président préfère insulter les Français qui refusent de se renier", insiste-t-il. 

 Ces échanges illustrent, une nouvelle fois, la tension persistante autour des relations entre Paris et Alger.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info