- 01m49s
4 min de lecture
Marine Le Pen a été condamnée en appel dans le procès des assistants des eurodéputés du RN
Crédit : AFP
Je m'abonne à la newsletter « Politique »
Mettre RTL en favori sur Google
La campagne présidentielle vient de prendre un nouveau tournant. Quelques heures après sa condamnation par la Cour d'appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national, Marine Le Pen a annoncé au 20 heures de TF1 qu'elle sera candidate à l'élection présidentielle en duo avec Jordan Bardella, qu'elle prévoit de nommer Premier ministre en cas de victoire.
Marine Le Pen a été condamnée à trois ans de prison, dont deux avec sursis et un an ferme sous surveillance électronique, ainsi qu’à 100.000 euros d’amende. Elle a aussi été frappée de quarante-cinq mois d’inéligibilité, dont trente avec sursis.
La députée du Rassemblement national a annoncé qu’elle se pourvoyait en cassation, une démarche qui suspend les effets de sa condamnation jusqu’à la décision de la Cour de cassation. "Je ferai campagne sans bracelet électronique", a-t-elle assuré. Son choix est définitif : "Je ne changerai pas d'avis".
Le calendrier est très contraint pour Marine Le Pen : la Cour de cassation avait déjà indiqué que, si elle était saisie, elle rendrait sa décision avant la présidentielle, vraisemblablement d’ici à la fin de l’année. Si sa condamnation est confirmée par la troisième chambre civile, Marine Le Pen pourrait alors porter un bracelet électronique au début de l'année 2027, lors de la dernière ligne droite vers l'élection présidentielle.
Questionnée sur TF1 sur cette possibilité, Marine Le Pen a balayé ces hypothèses. "Nous verrons", a-t-elle répondu, avant d’ajouter que "les Français en seront juges". En annonçant sa candidature malgré l’incertitude judiciaire, Marine Le Pen choisit de ne pas se retirer elle-même de la course et laisse à la Cour de cassation le soin de décider, avant la présidentielle, si elle peut ou non rester candidate.
"C'est une énorme roulette russe, elle gagne quelques semaines", estime sur RTL Tugdual Denis, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, qui considère ce "coup de force de Marine Le Pen" comme "une espèce de tapis au poker avec une paire de 4". "C'est elle qui impose son agenda", conclut-il.
Dans sa stratégie, Marine Le Pen espère que sa deuxième condamnation ne change pas son statut de favorite dans les sondages. Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de l'institut de sondage Toluna Harris Interactive, considère d'ailleurs sur RTL que "le coeur de l'électorat du Rassemblement national, ceux qui se déclarent proches du RN aujourd'hui, ne vont pas changer d'intention de vote".
Mais si Marine Le Pen est créditée de plus de 30 % des intentions de vote, souligne-t-il, c’est précisément parce qu’elle a élargi sa base. Dès lors, l’enjeu est de voir comment réagiront "les électeurs de droite traditionnelle, voire même les électeurs d’Emmanuel Macron". Autrement dit, sa solidité politique dépendra moins de son camp que de la fidélité de cet électorat plus large gagné ces dernières années.
La candidature de Marine Le Pen apparaît plus solide que celle de Jordan Bardella aux yeux d’une partie de la classe politique. Selon Tugdual Denis, plusieurs responsables politiques de premier plan considèrent en privé Marine Le Pen comme "une meilleure candidate que Jordan Bardella".
"Pour ceux qui concourent à une élection présidentielle, ils savent que c’est une histoire intime que vous façonnez entre un individu et le peuple français", explique-t-il. "On imagine mal Jordan Bardella devenir du jour au lendemain le père de la nation", ajoute-t-il.
En même temps, cette candidature est plus exposée aux attaques. D’abord à cause de sa condamnation, qui offre à ses adversaires un angle d’attaque immédiat sur la morale et l’exemplarité. Gabriel Attal, questionné par TF1 à la suite de l'intervention de Marine Le Pen, a ainsi pointé la "dimension morale" d'une candidate "condamnée à deux reprises" pour "détournement de fonds publics".
Contrairement à la candidature de Jordan Bardella, qui aurait pu incarner un renouvellement générationnel, celle de Marine Le Pen ramène le débat sur son passif politique et judiciaire. La députée rassure davantage sur le plan présidentiel, mais elle donne aussi plus de prises à ses opposants.
Ce coup de force de Marine Le Pen est loin de plaire aux Républicains. Othman Nasrou, secrétaire général du parti, a vivement critiqué la décision de la cheffe de file du RN de maintenir sa candidature à l’élection présidentielle. Dans une déclaration transmise à l’AFP, il l’accuse de "prendre la démocratie en otage" et de "fragiliser les institutions", estimant que ce choix fait peser une incertitude lourde sur le fonctionnement normal de la vie démocratique.
Le dirigeant des Républicains voit dans cette candidature un nouveau revirement politique, susceptible selon lui d’abîmer encore davantage la confiance des Français envers leurs responsables publics. "Sa candidature, malgré sa condamnation, est un revirement de plus qui abîme la confiance des Français envers la politique", affirme-t-il, en dénonçant une stratégie qui, à ses yeux, brouille les repères démocratiques.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte