3 min de lecture Transports

SNCF : avec le recours aux ordonnances, Philippe entre en confrontation avec les syndicats

DÉCRYPTAGE - Le Premier ministre a déclaré, ce lundi 26 février, que le recours aux ordonnances pour la réforme du Code du travail avait fait ses preuves. Il a ainsi annoncé que la même méthode serait utilisée et que les "principes-clés" seraient votés "avant l'été".

Édouard Phillippe dévoile la méthodologie pour réformer la SNCF, lundi 26 février 2018
Édouard Phillippe dévoile la méthodologie pour réformer la SNCF, lundi 26 février 2018 Crédit : Eric FEFERBERG / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Ce que nous voulons, c'est une nouvelle SNCF". Le ton est donné, ce lundi 26 février, par Édouard Philippe. Le premier ministre a présenté, au côté de la ministre des Transports Elizabeth Borne, le calendrier et la méthode retenus pour réformer la SNCF. 

Le gouvernement va ainsi recourir aux ordonnances, afin que les "principes-clés" soient votés "avant l'été". "Nous voulons aller vite sans escamoter pour autant la concertation ou le débat parlementaire", a-t-il indiqué tout en précisant que "le contenu des ordonnances aux seuls aspects techniques".

Malgré le recours aux ordonnances, Édouard Philippe insiste sur le fait qu'il ne "cherche l'affrontement avec personne". Il fait le constat que "la dégradation du service public est allée de pair avec un endettement vertigineux de la SNCF. Pour rembourser les seuls intérêts, la SNCF doit payer chaque année 1,5 milliard d'euro. Cet argent va aux banques, il ne rend aucun service public".

Pas de privatisation, pas de réforme des petites lignes

Avant d'annoncer le recours aux ordonnances, le premier ministre a pris soin de préciser qu'il ne suivrait pas le rapport Spinetta dans toutes ses propositions. La publication de certaines pistes avait déjà mis le feu aux poudres avec les syndicats et les cheminots. C'est donc dans un soucis d'apaisement, Édouard Philippe a commencé à préciser ce que cette réforme n'est pas. "Ce n'est pas une réforme qui préparerait la privatisation de la SNCF. La SNCF est un groupe public qui porte des missions de service public. Elle est dans le patrimoine des Français et elle y restera", a-t-il déclaré. 

À lire aussi
Un bus de la RATP en 2016 (illustration) transports
Bientôt des bus autonomes à Paris ?


L'autre point, sur lequel le chef du gouvernement a insisté, concerne la "réforme des petites lignes" : "Ce n'est pas une réforme des petites lignes. Je ne suivrai pas le rapport Spinetta sur ce point. On ne décide pas la fermeture de 9.000 kilomètres de lignes depuis Paris sur des critères administratifs et comptables. Dans bien des territoires, le rail est au cœur de la stratégie des régions pour le développement des mobilités".

Mettre de "l'huile sur le feu"

Selon Édouard Philippe, "le temps est venu d'oser la réforme que les Français savent nécessaire. Je sais que certains prédisent le conflit, annoncent l'épreuve de vérité (...) Ce n'est pas du tout mon approche (...) Je crois que nous pouvons bâtir une réforme équilibrée, bonne pour tout le monde, pour le service public, pour les cheminots comme pour les usagers". 

Trop d'ordonnances, ça peut tuer le malade

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO sur Franceinfo
Partager la citation

Mais de l'autre côté, ce message ne risque pas d'être entendu. Le secrétaire général de Force ouvrièreJean-Claude Mailly, estime qu'une réforme par ordonnances de la SNCF "risque de mettre de l'huile sur le feu". Invité de Franceinfo ce lundi 26 février, il a ajouté que "trop d'ordonnances, ça peut tuer le malade (...) On ne nous a jamais parlé d'ordonnances sur la SNCF (...) Sur un dossier comme celui-là, il pourrait prendre le temps d'une véritable consultation".

Le discours n'est guère différent du côté de la CGT. Le secrétaire général su syndicat, Philippe Martinez, a prévenu dimanche 25 février, que les cheminots hausseraient le "ton" en cas de "passage en force" du gouvernement. Ils "feront en sorte d'être entendus", a-t-il expliqué sur France 3.

Quand le gouvernement ne veut pas discuter, eh bien il faut passer un ton au-dessus

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT sur France3
Partager la citation

"Quand le gouvernement ne veut pas discuter, eh bien il faut passer un ton au-dessus (...) Pour l'instant, il y a une journée d'action qui est prévue le 22 mars, qui va être un grand succès. C'était déjà bien préparé, mais ce que veut faire le gouvernement, c'est-à-dire passer en force sans discussions, sans mettre le doigt sur les véritables problèmes, cela risque d'envenimer les choses", a-t-il mis en garde. 

Réforme SNCF : soutenez-vous la fin du statut de cheminot pour les nouveaux entrants ?
Nombre de votes : 10623 *Sondage à valeur non scientifique
La rédaction vous recommande
Lire la suite
Transports SNCF Édouard Philippe
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7792422306
SNCF : avec le recours aux ordonnances, Philippe entre en confrontation avec les syndicats
SNCF : avec le recours aux ordonnances, Philippe entre en confrontation avec les syndicats
DÉCRYPTAGE - Le Premier ministre a déclaré, ce lundi 26 février, que le recours aux ordonnances pour la réforme du Code du travail avait fait ses preuves. Il a ainsi annoncé que la même méthode serait utilisée et que les "principes-clés" seraient votés "avant l'été".
https://www.rtl.fr/actu/politique/sncf-avec-le-recours-aux-ordonnances-philippe-entre-en-confrontation-avec-les-syndicats-7792422306
2018-02-26 10:50:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/nEiEJv-iTNPAlNAL9FUoyw/330v220-2/online/image/2018/0226/7792423128_edouard-phillippe-devoile-la-methodologie-pour-reformer-la-sncf-lundi-26-fevrier-2018.jpg