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Service national universel : "Un projet largement revu à la baisse", note Alba Ventura

ÉDITO - C'est ce mercredi 27 juin en Conseil des ministres qu'Édouard Philippe donne le coup d'envoi du nouveau service national universel. On est loin de la promesse de campagne du candidat Macron !

Le gouvernement veut mettre en place un Service national universel
Le gouvernement veut mettre en place un Service national universel
Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP
Service national universel : "Un projet largement revu à la baisse", note Alba Ventura
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Service national universel : "Un projet largement revu à la baisse", note Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Le président Macron, vous savez, a dû en rabattre. L'idée de départ n'était pas du tout celle d'aujourd'hui. Souvenez-vous : Emmanuel Macron voulait que chaque jeune, à partir de 18 ans, puisse avoir une expérience militaire d'un mois, encadrée par l'armée et la gendarmerie. Il voulait du "régalien". Il voulait refonder le lien entre l'armée et la nation.

Il n'hésitait pas à imaginer ces jeunes former des bataillons mobilisables - un "réservoir complémentaire de la Garde nationale", disait-il. D'ailleurs, il appelait ça le "service militaire universel". Vous savez, c'est le genre de promesse que l'on fait à la fin d'une campagne présidentielle. Une promesse qui a la marque de l'autorité, le souci du destin de la jeunesse du pays. Une belle promesse, mais dont on ignore tout de sa faisabilité.

D'ailleurs, l'armée a tout de suite dit "demi-tour droite !". On a gentiment fait savoir que ce n'était pas le rôle d'une armée de métier. Du coup, c'est devenu un service mi-militaire, mi-civique. Un service qui est devenu "national", qui est passé d'un mois obligatoire à trois à six mois obligatoires pour revenir à un mois obligatoire, et qui est passé de 18 ans à 15/16 ans.

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Et je vous passe les rapports (au moins trois), les couacs entre ministres sur le caractère "obligatoire". Bref vous l'avez compris, la promesse de campagne n'aura jamais vu le jour et le service national aura vu du pays.

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Faire un mois obligatoire à partir de 16 ans, puis trois à six mois facultatifs plus tard jusqu'à 25 ans, je trouve que c'est une bonne idée sur le principe. Apprendre les gestes de premier secours, faire un bilan de santé, passer son BAFA, être aidé pour le permis de conduire, s'engager dans l'aide aux personnes, participer à des missions sur le développement durable, le numérique, acquérir les bases de l'instruction civique, faire du tutorat, tout ça est très bien. C'est même valorisant sur un CV. 

Gare à l'usine à gaz !

Mais même si Edouard Philippe donnera des "orientations", comment être sûr que ça ne se transforme pas en grand bricolage tout ça ? Comment inciter les jeunes "décrocheurs" à poursuivre un engagement au-delà d'un mois obligatoire ? Et pas que les "décrocheurs" d'ailleurs. Où seront-ils hébergés ? Sur quelle période de vacances ?

À ce propos, pourquoi ne pas proposer la période obligatoire aux élèves de Seconde qui sont en vacances dès la  fin mai pour cause de baccalauréat ? Cela dit, ça ne résout pas le problème pour tous les autres jeunes qui sont en filières professionnelles. Et puis qui va encadrer tout ce petit monde ? Pour le coût, on nous dit environ 1,5 milliard d'euros par an. Oui mais sur quel budget ? Il y a plein de questions à voir.

Si vous voulez, j'aimerais que ce service national permette à la jeunesse d'éviter la déscolarisation. J'aimerais qu'il les aide à trouver un job. Mais j'ai aussi la crainte que ce service national se transforme en usine à gaz, en une belle et grande idée, inédite, qui finisse par se fracasser.

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