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Séparatisme islamiste : "Une nouvelle salve de paroles en l'air pourrait coûter très cher à Macron"

ÉDITO - Emmanuel Macron se rend à Mulhouse dans un quartier de reconquête républicaine. Le président de la République a décidé de s’attaquer aux problèmes liés au séparatisme islamiste.

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Séparatisme islamiste : "Une nouvelle salve de paroles en l'air pourrait coûter très cher à Macron" Crédit Image : ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Pauline de Saint-Remy
Pauline De Saint-Rémy
édité par Marie-Pierre Haddad

Emmanuel Macron se déplace aujourd’hui à Mulhouse, dans le Haut-Rhin, où il va présenter une partie de son plan de lutte contre le "séparatisme" islamiste. Sur ce sujet là, Emmanuel Macron n’a pas le droit à l’erreur. En tout cas, il n’a pas le droit de tomber dans un écueil : celui de la demi-mesure. 

D’abord parce qu’il a pris trop de temps. Voilà plus de deux ans et demi qu’il est à l’Élysée et qu’il n’a rien fait, ou presque, à part un plan de lutte contre la radicalisation, qui traitait notamment le sujet des prisons, c’était en février 2018 et c’est le Premier ministre Édouard Philippe qui l’avait présenté. 

C’est très paradoxal : d’un côté, ce sujet inquiète une grande majorité de Français - une étude de l’institut Ifop l’a encore montré en octobre dernier : ils sont près de 80% à estimer que la laïcité est menacée - de l’autre, il est apparu jusqu’à présent comme un impensé majeur du macronisme, un vide dans la "pensée complexe" du chef de l’État, et ce, dès la campagne de 2017. 

Le choix des mots

Ce contraste en fait l’un des symboles de sa déconnexion supposée avec les Français. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquels il se dit désormais décidé à s’attaquer au sujet. Il a quand même évolué depuis 2017. Et heureusement. 

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Il y a eu récemment un micro-événement dont la presse s’est fait écho et qui est censé illustrer son évolution : le 6 février dernier on apprenait par le service de communication de l’Élysée que le chef de l’État avait décidé de ne plus parler de lutte contre le "communautarisme", mais de lutte contre le "séparatisme", au sens de séparatisme islamiste. C’est un changement dans le choix des mots qui a été salué y compris par des intellectuels plutôt hostiles à Emmanuel Macron. 

Le terme de "séparatisme" est moins vague que celui de "communautarisme"

Pauline de Saint-Rémy
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Pourquoi ? Tout simplement parce que le terme de "séparatisme" est moins vague que celui de "communautarisme". Il y ajoute une volonté de mise à distance. Pour reprendre les mots de Didier Leschi, qui est le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, il a été interviewé récemment par L’Express, le mot séparatisme désigne "des dynamiques sociales qui visent à faire sentir aux autres, parce qu'on ne partage pas les mêmes croyances, qu'on n'appartient pas à la même commune humanité".
 
Donc le président consent enfin à nommer les choses… Encore qu’il aurait pu aller jusqu’à parler tout simplement d’islamisme, on aurait encore gagné en clarté. Côté évolutions récentes, on pourrait aussi rappeler que pas plus tard qu’au mois d’octobre dernier, alors qu’il nous promettait justement des annonces fortes pour bientôt, le chef de l’État tenait encore mordicus à dissocier les sujets de radicalisation, de communautarisme et de réforme du culte musulman

Macron attendu au tournant

Il s’en était expliqué sur RTL. Aujourd’hui plus question, son entourage nous explique benoîtement qu’ils se sont "rendus compte que les sujets se croisaient". Je les cite. Je crois que ça se passe de commentaire…
 
Le magazine Le Point a eu accès ce weekend à un document de travail provisoire du gouvernement sur ce plan de lutte. On y parle notamment d’un projet de loi visant à mieux encadrer le financement et l’organisation des cultes. Rappelons que fin 2018 le gouvernement avait fait brutalement marche arrière quand son projet pour toucher à la loi de 1905 avait fuité dans la presse. 

Cette fois, non seulement, Emmanuel Macron ne pourra pas revenir en arrière, mais il sera très attendu sur la mise en œuvre de ses propositions. Une nouvelle salve de paroles en l’air pourrait lui coûter très cher.  

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