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Des policiers sur la place de la Nation à Paris lors d'une manifestation autour du mouvement lycéen, le 6 octobre 2026.
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
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Leur usage était mis entre parenthèses dans le cadre du mouvement lycéen. Les grenades assourdissantes, dont l'utilisation a été suspendue face aux lycéens après l'amputation d'un adolescent à Lens en marge des blocus, pourront être utilisées en cas de "violences urbaines extrêmement graves" lors de la journée d'action des gilets jaunes samedi, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez vendredi.
Les autorités s'attendent à la mobilisation de 150.000 personnes hors agglomération parisienne, et autour de 40.000 à Paris, selon une source policière.
"Demain (samedi, ndlr), s'il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves, en marge d'un cortège ou ailleurs, évidemment, ce type d'armement peut être utilisé", a déclaré le ministre sur France 2. "Les instructions que j'ai passées sont très claires, les policiers et les gendarmes doivent pouvoir utiliser l'ensemble des armes qui sont à leur disposition", a-t-il ajouté, assurant que les grenades assourdissantes ne sont jamais "utilisées en maintien de l'ordre dans une manifestation quand les choses se passent bien".
Le 7 octobre, le "premier flic de France" avait annoncé la suspension de l'usage des grenades assourdissantes, de type ASSD, après qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée à Lens lors du mouvement de blocage des lycées. Une suspension "uniquement pour le mouvement lycéen, le temps de comprendre ce qui s'est passé", avait alors précisé Laurent Nuñez.
Les gilets jaunes ont annoncé un millier d'actions contre la vie chère samedi. Les principales organisations de jeunesse mobilisées depuis mi-septembre pour de meilleures conditions d'apprentissage et contre Parcoursup ont appelé à rejoindre cette mobilisation.
"S'il devait y avoir des affrontements graves et lourds, tous les types d'armes intermédiaires pourraient être utilisés", a prévenu vendredi Laurent Nuñez. "Répondre à un mouvement légitime par la peur n'est pas digne d'un État de droit", a commenté sur X la branche française d'Amnesty International. "Dans un État de droit, on doit privilégier la désescalade, pas le recours aux armes. Surtout quand les manifestants sont des enfants", a accusé Amnesty France.
Environ 500 actions sont "envisagées" et plus de 90 manifestations sont "en cours de structuration" à ce stade, a indiqué vendredi l'entourage du ministre de l'Intérieur, prévenant que "les actions de blocages sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels, ne seront pas tolérées".
À Paris, il sera par ailleurs interdit de manifester samedi dans plusieurs secteurs stratégiques, autour de l'Elysée, de Matignon et incluant les Champs-Elysées.
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