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Rodez : Agnès Pannier-Runacher chahutée par des salariés de Bosch

La ministre chargée de l'Industrie était en visite à Rodez ce vendredi 19 mars, auprès de l'usine Bosch.

Agnès Pannier-Runacher, le 7 juillet 2020
Agnès Pannier-Runacher, le 7 juillet 2020
Crédit : Eric PIERMONT / AFP
Jérémy Billault & AFP

La ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a été chahutée vendredi 19 mars par des salariés de l'usine Bosch de Rodez, après une réunion consacrée à l'avenir du site où la direction veut supprimer 750 emplois.

"C'est quoi le putain de projet industriel en France ? Il n'y en a aucun avec vous, aucun. Vous êtes à la rue, vous êtes un gouvernement de merde", a hurlé un manifestant face à la ministre. "Vous n'apportez rien. Elle est où la relocalisation que vous promettez à tout le monde ? Elle est où pour Michelin ? Elle est où pour Renault ? Que dalle!", a-t-il lâché.

"Je suis de votre côté, je veux vous parler les yeux dans les yeux", a lancé la ministre sans parvenir à calmer les sifflets et les protestations de 1.200 manifestants, selon les syndicats, 800 selon la police, venus exprimer leurs inquiétudes. "Aujourd'hui, les engagements n'ont pas été satisfaisants", a-t-elle admis face à des salariés qui estiment que le gouvernement a lâché la filière diesel.

750 emplois supprimés d'ici à 2025

Le 5 mars, l'équipementier automobile allemand a annoncé qu'il allait supprimer d'ici à 2025 quelque 750 emplois dans son usine aveyronnaise qui produit des injecteurs pour moteur diesel. Le site ne conserverait ainsi que 500 salariés.

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"Le projet qui est proposé n'est pas suffisamment étayé, pas suffisamment crédibilisé", a estimé la ministre après avoir rencontré la direction de Bosch et son PDG France, Heiko Carrie, en présence des représentants des salariés.

Selon Agnès Pannier-Runacher, l'équipementier a exprimé "plusieurs pistes de diversification", la première en rapatriant "des éléments confiés à d'autres sites", la deuxième "en faisant de Rodez l'usine mère pour des procédés hydrogènes pour des solutions frigorifiques", ou encore en implantant "un incubateur pour d'autres industriels".

Elle a marqué sa volonté "de passer en mode commando" en organisant un suivi mensuel de la réorganisation de l'usine de la banlieue ruthénoise, s'engageant à revenir "dans les trois mois".

"La réunion a été très utile pour fixer un cap"

La ministre a également participé à une seconde réunion réunissant le comité de suivi avec la participation des élus locaux, notamment la présidente de la Région Occitanie Carole Delga et le maire de Rodez, Christian Teyssèdre.

"La réunion a été très utile pour fixer un cap", a affirmé l'édile, regrettant cependant que la direction de Bosch n'ait pas répondu "depuis trois ans" aux souhaits de diversification voulus par les élus locaux.

Dans la soirée, l'équipementier a confirmé dans un communiqué "son souhait de confier au site de Rodez la responsabilité globale de l'industrialisation d'une solution hydrogène innovante pour les containers frigorifiques (...) en vue d'une potentielle production sur le site".

Sur le plan social, Bosch indique que "des discussions (vont être engagées) dans les prochaines semaines" et affirme vouloir "éviter les départs contraints" au moyen "d'un plan de départ en retraite anticipée et d'un programme de départs volontaires".

La région inflexible

La présidente de la région Occitanie, Carole Delga souligne qu'elle restera "inflexible quant à des licenciements secs". "J'ai d'ailleurs demandé à la direction de formaliser cet engagement. La Région ne sera accompagnante que si tout licenciement contraint est exclu d'ici 2027", a-t-elle indiqué.

Carole Delga demande ainsi au groupe allemand de "préciser" son projet d'incubateur : "Une telle initiative n'a de sens que si elle dispose d'un socle industriel qui permette d'essaimer des savoir-faire et créer de l'activité localement", assène-t-elle.

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