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Retraités : une "grogne qui peut être dangereuse", estime Alain Duhamel

REPLAY - Les retraités étaient dans la rue ce jeudi 15 mars, pour protester contre la hausse de la CSG. Une colère risquée pour Emmanuel Macron, explique l'éditorialiste.

Emmanuel Macron interpellé par des retraités à Tours.
Emmanuel Macron interpellé par des retraités à Tours.
Crédit : BFMTV
Retraités : une "grogne qui peut être dangereuse", estime Alain Duhamel.
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Alain Duhamel

Les retraités et les salariés des Ehpad sont en colère. Est-ce un mécontentement justifié ? Oui, je crois que globalement, il l'est. C'est justifié pour les Ehpad, les maisons de retraite médicalisées, ça l'est pour les retraités en général. Pour les Ehpad, c'est difficilement contestable. Il y a un manque de place, d'argent, de personnel... Donc il y a détérioration des soins, moins d'humanité. C'est un problème.

Alors on va répondre que ce n'est pas de la faute de ce gouvernement, ce sont des problèmes qui s'accumulent, des retards qui s'entassent depuis dix ans. Ils sont d'autant moins admissibles qu'ils étaient parfaitement prévisibles et qu'ils étaient même quantifiés. Il n'empêche qu'il y a ce mécontentement.

En ce qui concerne les retraités, il y a une responsabilité plus directe du gouvernement. Il y a l'augmentation de la CGS pour ceux recevant plus de 1.200 euros. Cela concerne 60% des retraités. Comme c'est calculé à partir des ménages, beaucoup qui croyaient y échapper n'y échappent pas. Sur la situation des retraités, les gouvernements précédents ont aussi des responsabilités, mais en l'occurrence celui-là, parce qu'il veut valoriser le travail et les jeunes, prend ses responsabilités qui entraînent un mécontentement qui se comprend.

Et électoralement, cette grogne peut être dangereuse. Les retraités ne peuvent pas faire grève. Ils manifestent, mais ne manifestent pas beaucoup. En revanche, ils ont la mémoire longue. Ils se rendent compte qu'ils ne sont pas assez pris en compte, qu'ils n'ont pas assez de moyens d'expression. Or, il se trouve qu'à eux seuls, ils correspondent au tiers du corps électoral. À l'intérieur duquel, c'est eux, de très loin, qui votent le plus et qui s'abstiennent le moins.

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Donc leur poids est considérable. On sait aussi qu'ils votent peu pour les extrêmes, donc en réalité, c'est entre LR et les macronistes, donc, incontestablement, il y a une prise de risque. Mener autant de réforme, au pas de charge, c'est risqué pour Emmanuel Macron. D'ailleurs, il le sait bien. Mais il poursuit, à la fois par méthode, pas convictions et par caractère.

Par méthode, parce qu'il croit qu'il faut aller très vite, très fort, tout de suite et qu'on arrive à faire beaucoup plus facilement ce qu'on fait au début d'un mandat que ce qu'on fait à la fin d'un mandat. En ce qui concerne la conviction, il pense qu'il est là pour la transformation de la France, donc pour beaucoup de réformes dans beaucoup de domaines en même temps, et il est résolu à le faire.

Pour ce qui est du caractère, on sait qu'il est hardi, obstiné, même autoritaire. Donc, en réalité, il sait qu'il est téméraire, mais il croit que c'est nécessaire.

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