3 min de lecture Réforme des retraites

Retraites : les pistes de la majorité pour trouver un compromis avec les syndicats

ÉCLAIRAGE - À la veille de la reprise des négociations entre le gouvernement et les syndicats à Matignon, Richard Ferrand souhaite trouver une sortie de crise dans le dossier des retraites. Afin d'y parvenir, il propose de moduler l'âge pivot.

Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale
Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Après un mois de grève contre la réforme des retraites, Emmanuel Macron réunit, ce lundi 6 janvier, le premier Conseil des ministres de 2020. Le président de la République entame une semaine-clé dans le dossier de la réforme des retraites. Semaine ponctuée par la reprise de discussions difficiles avec les syndicats en colère, le 8 janvier et de deux journées de manifestations jeudi 9 janvier et samedi 11 janvier. 

Gouvernement comme syndicats campent sur leur position sur l'âge pivot. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT a plaidé pour l'organisation d'une "conférence de financement" du système de retraite distincte du projet de loi actuellement en préparation.

Du côté de la majorité, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a attaqué ceux qui "concourent à hystériser le débat" sur la réforme des retraites, estimant que trouver un compromis n'est "pas insurmontable". 

Une décote temporaire pour l'âge pivot ?

Lors de ses vœux, Emmanuel Macron avait plaidé pour une sortie de crise "rapide". Richard Ferrand, lui, se dirige vers le "compromis". Dans un entretien au Parisien, le président de l'Assemblée nationale évoque la piste d'une décote temporaire sur l'âge pivot.

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"Regardez le système des retraites complémentaires, celui de l’Agirc-Arrco que tout le monde connaît. Ce n’est rien d’autre qu’un système à points avec un âge pivot et une décote, plus forte d’ailleurs que celle proposée par le gouvernement puisqu’elle est de 10%. Mais une décote de trois ans, donc temporaire !", explique-t-il. 

Toujours dans une volonté de faire le lien, Richard Ferrand ajoute que "la volonté du gouvernement d’une part, le savoir-faire et l’expérience des partenaires sociaux d’autre part devraient permettre de trouver des points de convergence. Aux négociateurs de trouver les voies de rapprochement en sortant des postures. Avec un peu de bonne foi, cela ne me paraît pas insurmontable". 

Une meilleure prise en compte de la pénibilité

Autre piste évoquée : la pénibilité. Une vingtaine de députés, dont des élus La République En Marche, Jean-François Cesarini, Matthieu Orphelin, Delphine Bagarry ou encore Paula Forteza, demandent, dans une lettre ouverte à Édouard Philippe et son gouvernement une modulation de l'âge d'équilibre suivant la pénibilité. "La réforme des retraites doit être une réforme sociétale et non budgétaire. Elle est nécessaire et juste car elle réduit les inégalités et supprime des injustices", écrivent-ils dans cette lettre publiée par Le Journal du Dimanche

Selon eux, "la fin des régimes spéciaux ne signe pas la fin des différences entre les personnes" car "arrivé à 60 ans, un cadre peut espérer vivre jusqu'à 75 ans en bonne santé, contre 65 ans pour un ouvrier". Il faudrait donc, selon eux, "poser comme principe que les durées de cotisation soient modulées en fonction de seulement deux critères : le risque quotidien et la pénibilité, mesurée à l'aune de l'espérance de vie en bonne santé". 

Concernant le financement, ils proposent de jouer sur le taux de cotisation de solidarité sur les revenus, avec par exemple "un relèvement du taux de 2,8% sur les revenus au-delà de 10.000 euros/mois". "L'idée est d'acter une revalorisation annuelle par tranches, sans toucher à la revalorisation au niveau de l'inflation pour les pensions modestes". 

Une "conférence de financement"

Une autre possibilité est encore évoquée. La solution pourrait venir de Laurent Berger qui a proposé sur France 2 "une conférence de financement" du système de retraites distincte du projet de loi en préparation. Dans le même temps, sur la question financière, "on convoque une conférence de financement des retraites qui jusqu'à fin juillet travaille à des propositions sur l'équilibre du régime à moyen et long terme", ajoute-t-il. 

"Banco" pour Bruno Le Maire. "Une très bonne proposition", a-t-il ajouté. Le gouvernement va "regarder" cette proposition, a renchéri Marc Fesneau, ministre des Relations avec le Parlement. 

Un autre signe d'ouverture a été donné par le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui a indiqué ne pas être "arc-bouté sur l'âge pivot". "Demain on ira à Matignon en étant constructif", a-t-il dit sur BFM Business, même s'il a jugé que la "mesure d'âge, même si on peut peut-être l'améliorer", était "la seule manière intelligente de financer le régime". 

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