3 min de lecture Remaniement ministériel

Remaniement : avec Marc Fesneau, Emmanuel Macron fait-il un coup de poker ?

DÉCRYPTAGE - Le centriste Marc Fesneau a été nommé ministre des Relations avec le Parlement. Une lourde tâche puisqu'il reprend le poste de Christophe Castaner.

Marc Fesneau et Christophe Castaner, à l'Assemblée nationale
Marc Fesneau et Christophe Castaner, à l'Assemblée nationale Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un poste stratégique. Avec ce remaniement, Marc Fesneau prend la succession de Christophe Castaner au gouvernement d'Édouard Philippe. Sauf qu'un détail à changer : l'intitulé du poste. De secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, l'ancien président du groupe MoDem à l'Assemblée est ministre auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement.

Quel sera son rôle ? Celui du "facilitateur", note l'AFP. Et pour cause, Marc Fesneau semble être celui qui cochait toutes les cases puisque ses talents de diplomates et ses qualités de fin connaisseur  des rouges politiques entre l'Assemblée et le Sénat, lui sont attribués.

"Mon rôle est de faire le lien entre l'État et les parlementaires. Il faut réformer le pays, tout en étant attentif au rythme de travail de l'Assemblée et du Sénat", indiquait-il sur France 5.

Un élément perturbateur face à Ferrand ?

L'arrivée de Marc Fesneau est une belle prise de guerre pour Emmanuel Macron. Tout est parti de la démission de Nicolas Hulot du ministère de la Transition écologique et solidaire. François de Rugy a laissé son poste de président de l'Assemblée nationale, pour lui succéder. C'est alors qu'une élection a été organisée pour élire la nouvelle personnalité à la tête du palais Bourbon.

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C'est alors que Marc Fresneau est venu jouer les éléments perturbateurs. Richard Ferrand a bel et bien été élu à la présidence de l'Assemblée nationale... mais moins largement que prévu. Le président du groupe MoDem au sein de l’hémicycle s'était présenté à la dernière minute et a rebattu les cartes. Richard Ferrand a obtenu 254 voix. Marc Fesneau 86 voix. À noter que le groupe MoDem est composé de 46 députés.

Une mise en garde sévère pour La République En Marche et le fraîchement élu président de l'Assemblée. Un message bien reçu par le couple exécutif. Selon un proche d'Emmanuel Macron, cité dans Les Échos, Marc Fesneau est "un pilier de la majorité". "Un homme-clef", assure Matignon. Un ténor du groupe de députés La République En Marche renchérit : "C'est lui qui a fait office de président de groupe quand Richard Ferrand était aux abonnés absents".

L’unanimité à l'Assemblée ?

Autre force de Marc Fesneau : il semble être aimé de tous. "Si le MoDem existe et a toute sa place, c'est grâce à ses qualités. Beaucoup de choses ont tenu grâce à Marc Fesneau", loue Jacqueline Gourault. Présent et investi, cet adepte de la chasse dirige d'une "main de fer dans un gant de velours" les députés centristes, aux opinions et tempéraments variés, dit-on au groupe, où l'on s'inquiétait déjà ces derniers jours de sa succession.

"Il a de la finesse politique et sait aplanir les conflits", salue le député Jean-Louis Bourlanges. "Difficile de lui trouver des défauts", selon Erwan Balanant, admiratif de son "leadership naturel". Un élu d'opposition le juge "assez sympathique" mais allant "un peu au gré du vent". "Pas un capitaine Fracasse", admet-on dans les rangs de la majorité. "Il ne cherche pas les effets de manche", le défend Jacqueline Gourault. 

Un ministre qui n'appartient pas au parti de la majorité

"Les centristes ont peiné à maintes reprises à se faire entendre de l'écrasante majorité REM qui n'a nullement besoin de leurs voix. Ils ont même avec François Bayrou avalé des couleuvres, comme le faible taux de proportionnelle (15%) projeté dans la réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron", rappelle l'AFP.

Comme l'indique L'Express, "c'est la première fois depuis 1995 que ce poste est confié à un ministre n'appartenant pas au principal parti de la majorité". Un risque qui peut, en cas de conflit au sein du gouvernement, faire basculer le quinquennat d'Emmanuel Macron. 

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