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Régionales : Jean-Marie Le Pen laisse planer le spectre d'une candidature contre sa petite-fille

Le cofondateur du Front national envisagerait de se présenter contre Marion Maréchal-Le Pen en PACA, 3 mois après avoir promis l'inverse.

Jean Marie Le Pen et Marion Maréchal Le Pen en septembre 2012 à La Baule-Escoublac
Jean Marie Le Pen et Marion Maréchal Le Pen en septembre 2012 à La Baule-Escoublac Crédit : AFP PHOTO ALAIN JOCARD
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et AFP

Jean-Marie Le Pen a agité lundi l'épouvantail d'une candidature aux régionales en Paca contre sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen, surfant sur une fronde locale et faisant craindre l'ouverture d'un deuxième conflit familial au Front national.

Le cofondateur du FN laisse planer le doute : "Je ne prends pas de décision seul, je vois des amis, je les consulte, nous échangeons des idées, nous imaginons des perspectives pour arracher notre pays au sort qui lui est promis", a t-il déclaré. "Beaucoup de gens demandent (ma candidature), il y a même des listes qui se constituent, mais je n'ai pas pris de décision du tout dans cet axe-là", a t-il poursuivi.

Un revirement qui gêne au sein du FN

Le 13 avril 2015, en tout cas, est déjà bien loin. À cette date, Jean-Marie Le Pen avait renoncé dans un communiqué, certes rempli d'amertume, à sa candidature en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) au profit de sa petite-fille. "Je demande, dans l’intérêt supérieur de la France, de soutenir (sa) candidature", avait-il également ajouté. Depuis, malgré sa suspension en tant que président d'honneur du FN, malgré les procès intentés au parti et à sa présidente de fille, Marine Le Pen, et au-delà de quelques piques sur la jeunesse de "Marion", Jean-Marie Le Pen restait de marbre concernant les régionales : pas de candidature, affirmait-il encore vendredi 10 juillet.

Mais, lundi, il a assuré n'avoir fait "aucune promesse" à sa petite-fille, qui pensait avoir la garantie qu'il "ne pratiquerait pas l'ingérence". Pourquoi une telle évolution en quelques jours? En Paca, son fief historique au sein du FN, "il y a le feu au lac", assure Jean-Marie Le Pen, et "des remous dans toutes les fédérations". Plusieurs élus ont été suspendus pour avoir critiqué la teneur des listes locales et la "ligne" Philippot, rendue responsable de l'éviction du "Vieux". Florian Philippotvice-président du FN et bras droit de Marine Le Pen, initialement, puis Marion Maréchal-Le Pen, pourtant pas alliés au sein du parti, sont tous les deux au cœur de l'éruption locale.

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Lydia Schenardi, ex-eurodéputée et ancienne patronne du FN dans les Alpes-Maritimes, explique que "la fronde vise Philippot sur le plan national". "Mais, nous, dans notre région, on est contre Olivier Bettati", un ancien proche de Christian Estrosi (Les Républicains), rival de Marion Maréchal-Le Pen pour ces régionales, et qui a été investi par celle-ci tête de liste du FN dans les Alpes-Maritimes. Dénonçant un manque de consultation de la base dans l'établissement des listes FN, Lydia Schenardi se félicite que, dans l'attente de "ce que (Jean-Marie Le Pen) décidera", d'autres listes soient déjà "prêtes" dans les Alpes-Maritimes et bientôt dans les Hautes-Alpes ou les Alpes-de-Haute-Provence.

Match Le Pen/Philippot

"Venir créer le souk en Paca, alors que Le Pen a demandé à Marion de se présenter... Tout ce qu'il pourra faire pour lui nuire va de facto renforcer Philippot", son principal ennemi, s'étrangle un soutien local de la députée du Vaucluse. Mais "s'il a envie d'aller dans l'Est...", là où se présente le vice-président du FN. Face à l'hypothèse d'une candidature du "Vieux", certains soutiens de la troisième représentante de la famille Le Pen s'inquiètent.

Il ne faut pas qu'on rentre dans ce jeu-là

Frédéric Boccaletti, directeur de campagne de Marion Maréchal-Le Pen
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"Ça serait un spectacle effrayant. Au premier tour, on peut perdre des voix. Il a un électorat, une influence, c'est une bête politique", dit l'un d'eux, comme sonné à l'idée d'une telle éventualité. Frédéric Boccaletti, directeur de campagne de la petite-fille Le Pen, conteste l'ampleur de la fronde. "On verra qui est candidat au final. Il ne faut pas qu'on rentre dans ce jeu-là. Et Jean-Marie Le Pen m'a appris une chose, c'est qu'il ne faut pas faire de prévisions sur ce qui peut être un handicap ou un atout" pour une campagne. Le maire FN de Cogolin (Var), Marc-Étienne Lansade, un proche de Marion Maréchal-Le Pen qui revendique 25 ans de militantisme auprès de Jean-Marie Le Pen, croit que celui-ci "est un homme de parole: il ne finira pas sa carrière politique par la présentation d'une liste contre sa petite-fille".

Florian Philippot contre Jean-Marie Le Pen

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