2 min de lecture Politique

Réforme des retraites : qu'est-il reproché à Jean-Paul Delevoye ?

Le haut commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye a démissionné d'un de ses postes d'administrateur lundi 9 décembre à cause d'un potentiel conflit d'intérêts.

Jean-Paul Delevoye, le 19 juin 2019
Jean-Paul Delevoye, le 19 juin 2019 Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

La réaction a été rapide. Quelques heures après les révélations faites par le Parisien, le haut commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye a annoncé lundi 9 décembre qu'il démissionnait de ses fonctions d'administrateur à l'Institut de formation de la profession de l'assurance (IFPASS). En cause : un potentiel conflit d'intérêt qu'il dit avoir "oublié" de signaler à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

"Je reconnais que ce n'est pas responsable", admettait-il lundi matin dans les colonnes du Parisien, qui publie une enquête sur sa déclaration de patrimoine à l'HATVP. Bien que son poste d'administrateur à l'IFPASS soit bénévole, de telles fonctions peuvent être sources de conflit d'intérêt avec la mission qui lui a été confiée par le gouvernement : réformer le système des retraites français, explique le journal.

Une aubaine pour les assureurs ?

Concrètement, certains voient dans la position ambiguë de Jean-Paul Delevoye, un cadeau aux assureurs privés : ceux-ci pourraient bénéficier de la réforme des retraites en encourageant les Français à se tourner vers eux afin de se constituer une épargne pour leurs vieux jours (et délaisser le régime général). "La réforme des retraites ouvre des perspectives", affirmait d'ailleurs André Renaudin, directeur général d'AG2R La Mondiale, dans Le Journal du Dimanche.

"C'est gênant", a ainsi déclaré Philippe Martinez au sujet de Jean-Paul Delevoye lundi matin sur France Info. "On voit que, dans la période, les assureurs privés montrent plus le bout de leur nez car ils sentent bien qu'il y a un coup à jouer avec cette réforme. Pour de plus en plus sortir les salariés du régime général et de ce qui se fait de bien en France pour capter une autre forme de retraite, la retraite par capitalisation."

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Une privatisation du système de retraites dénoncée également par Ian Brossat, maire adjoint à la mairie de Paris. "Pur hasard, a-t-il ironisé sur Twitter. Rien à voir avec le fait qu'il saccage les retraites par répartition. Et hasard aussi si le gouvernement a accordé une fiscalité super avantageuse pour ceux qui placent leur argent dans des fonds de pension en avril dernier."

À droite également, les critiques se sont faites entendre. Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national a dénoncé une politique qui "déconstruit tout notre modèle au profit d'intérêts particuliers et de puissances d'argent". "La macronie a quelque chose de désespérant dans sa constance à donner des leçons de morale et se croire au dessus des règles", a pour sa part tweeté Valérie Boyer, députée Les Républicains.

Jean-Paul Delevoye assure de son côté n'avoir assisté qu'à très peu de conseils d'administration de l'IFPASS et ne "rien connaître du métier d'assureur". Il démissionne ce lundi, assure-t-il, "pour clore toute polémique". 

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