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Rassemblement national : Thierry Mariani, d'ancien ministre de Sarkozy à recrue de Le Pen

PORTRAIT - L'ex-ministre des Transports de Nicolas Sarkozy a sauté le pas et rejoint le Rassemblement national en vue des élections européennes de mai 2019.

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Thierry Mariani : du gaullisme au Rassemblement national Crédit Image : bertrand GUAY / AFP | Date :
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Une recomposition de la vie politique ? Thierry Mariani a officialisé son départ des Républicains et surtout son arrivée au Rassemblement national. L'ancien ministre des Transports de Nicolas Sarkozy met ainsi fin au feuilleton qui durait depuis plusieurs semaines.

Dans une interview accordé au Parisien, l'ancien député ne se montre pas tendre avec son ancienne famille politique. "Ce parti est devenu une sorte de club sympathique, avec des gens de valeur, honnêtes, dont certains que je regretterai comme Valérie Boyer ou Guillaume Peltier, mais qui ne partagent plus grand-chose et qu’on gâche en les emmenant dans une impasse".


Laurent Wauquiez, le patron des Républicains, a manqué de "courage" selon Thierry Mariani qui estime qu'il ne "va pas rien changer". "Pour gagner, il faut des alliés. Le RN de 2019 n'est pas le FN de 1990", ajoute-t-il.

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Ancien député LR, proche du Kremlin

Thierry Mariani a soufflé un air nouveau au sein des Républicains, en revendiquant tout haut que les temps ont changé, et les relations aussi avec le Front national, (devenu depuis le Rassemblement national ndlr). L'ancien ministre s'est engagé en 1976 dans les rangs du RPR (Rassemblement Pour la République ndlr), et il suivra ainsi l'évolution de son mouvement politique avec l'UMP, puis Les Républicains.

Député des Français de l'étranger jusqu'en 2017, Thierry Mariani s'est "taillé ces dernières années la réputation - non usurpée - de plus fervent promoteur de Vladimir Poutine sur la scène politique française", raconte Le Monde qui le qualifie de "voix de la Russie". "Avant, je pensais qu’il y avait deux chefs d’État valables en Europe : Merkel et Poutine. Avec l’attitude de l’Allemagne dans la crise migratoire, je n’en vois plus qu’un", dit-il au quotidien. Mais il ne se définit pas pour autant comme un "prorusse".

"Ses deux idoles de jeunesse sont les deux grands Charles : le Général et Pasqua. Des patriotes. Thierry Mariani est 'profrançais', précise-t-il. 'Mais la France a besoin des Russes'", ajoute le journal. 

Plusieurs voyages effectués en Syrie

L'ancien député a effectué plusieurs déplacements en Syrie. Et cela lui vaudra une polémique en novembre 2017. Peu avant son voyage, il annonce sur Twitter qu'il sera en déplacement pour trois jours "au Liban puis en Syrie. Rencontre avec des responsables politiques qui depuis des années résistent au jihadistes...".

Et c'est ainsi qu'il débute un récit "touristique" : "Le charme des souks de Damas, l'odeurs des épices, les couleurs, la chaleur, le sourire des commerçants". Il ne fera aucune mention des "massacres perpétrés par Bachar al-Assad et le régime syrien", note Libération.

Un tweet bien précis va créer la polémique : "Promenade nocturne, en toute sécurité, dans les rues de Damas... finalement bien plus propres que nos rues de Paris en fin de journée !". Ce message a provoqué l'indignation de nombreuses personnalités politiques. Comme Gérard Araud, ambassadeur de France aux États-Unis : 'Nous avons la preuve que le régime d’Assad a fait mourir sous la torture des milliers de Syriens. Est-ce trop de suggérer un peu de décence ?'".

Mais ces critiques ne changeront rien à l'attitude de Thierry Mariani. 

Un tournant en 2017

L'union des droites n'a pas toujours été une solution revendiquée par Thierry Mariani. Repéré par Marianne, l'ancien député jugeait, dans une interview à Atlantico en 2012, toutes alliances avec le Front national aux élections législatives "d'anti-démocratique ou d'anti-républicaine". Même discours quelques années plus tard, en 2015 au Lab. L'ancien ministre affirmait n'être "pas en accord avec ce parti qui se veut à droite sur les sujets régaliens mais à des positions de gauche archaïque sur le social".

En juin 2017, il donne une interview à Minute, journal d'extrême droite. Sur une possible alliance avec le Front national, Thierry Mariani indiquait : "C'est trop tôt, mais si un jour, la droite veut revenir aux affaires, il est évident qu'il y a quelques barrières à casser, non pas en terme de partis mais en terme de personnes (...) Je dis que nous avons deux ans d'ici aux européennes pour faire en sorte que les gens qui partagent les mêmes valeurs, sans excès mais sans mollesse, puissent se retrouver. Il faut regarder les évolutions des uns et des autres, les personnalités, et commencer au moins à discuter ensemble". Il semblerait que ce moment soit arrivé pour Thierry Mariani.

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2019-01-09 16:10:00
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