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Primaire de la gauche : Valls lâche les coups, Hamon fait le dos rond

DÉCRYPTAGE - Le débat de l'entre-deux tours s'annonce musclé entre les deux candidats aux stratégies et attitudes radicalement opposées.

Benoît Hamon et Manuel Valls
Benoît Hamon et Manuel Valls Crédit : AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Le ton a été donné dès le soir du premier tour de la primaire de la gauche. Manuel Valls, arrivé deuxième avec 31,22% des voix, avait estimé que les électeurs devraient faire un choix "entre la défaite assurée et la victoire possible, entre des promesses irréalisables et infinançables et une gauche crédible qui assume les responsabilités du pays". De son côté, Benoît Hamon, devenu favori avec 35,86%, s'estimait "très heureux de poursuivre le débat avec Manuel Valls". Depuis, chacun poursuit sa campagne sans changer de stratégie, Manuel Valls multipliant les attaques à l'encontre de son adversaire, Benoît Hamon tentant de les ignorer. Jusqu'à un certain point. 

Réagissant aux propos tenus par Manuel Valls au soir du premier tour, Benoît Hamon avait répliqué sur France Inter : "Tout ça, c'est de la vieille politique. Ce genre d'arguments (...), je le lui laisse. Je n'ai pas dénigré qui que ce soit dans cette campagne. Je suis ravi de débattre avec lui, j'espère qu'il aura un deuxième argument". Et le deuxième argument de Manuel Valls ne s'est pas fait attendre. Dès lundi 23 janvier, au micro de RTL, l'ancien premier ministre, pour qui "une autre campagne commence", avait continué d'attaquer le programme de son concurrent. "Est-ce que la gauche c'est plus d'impôts, plus de déficits, une gauche où l'on distribue la même allocation à tous ? Je ne veux pas enfermer la gauche dans l'irréalisme, l'illusion". 

Une stratégie très offensive qui est loin de plaire à tout le monde, notamment du côté d'Arnaud Montebourg, qui a annoncé son ralliement à Benoît Hamon immédiatement après son élimination de la primaire. L'un de ses proches déclarait mardi 24 janvier : "Les vallsistes mènent une politique de la terre brûlée. Ils cognent comme des sourds pour mobiliser un maximum mais cela ressemble à une attitude de mauvais perdants". 

Hamon accusé d'être "en résonance avec une frange islamo-gauchiste"

À l'approche du débat de l'entre-deux tours de ce mercredi 25 janvier, les attaques du clan Valls se sont encore amplifiées. Malek Boutih, un fidèle de Manuel Valls, accuse ainsi Benoît Hamon d'être "en résonance avec une frange islamo-gauchiste". Des propos confirmés par Manuel Valls sur France Inter : "Malek Boutih a raison de pointer les ambiguïtés sur la radicalisation dans les quartiers, sur laquelle certains n'ont pas pris suffisamment conscience". L'ancien premier ministre fait référence à la réaction de Benoît Hamon suite à un reportage diffusé sur France 2, où des femmes avaient été rejetées par des hommes dans un café de Sevran, en Seine-Saint-Denis. "Dans les cafés ouvriers, historiquement, il n'y avait pas de femmes. Mais remettons des questions sociales avant de mettre des questions religieuses", avait déclaré à l'époque le candidat, qui avait regretté quelques heures plus tard de ne pas avoir "condamné" ce qu'il avait vu.

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Des critiques qui ont du mal à passer pour Benoît Hamon. "Vous voyez le poison là, 'ambigu sur le communautarisme', ce n'est fondé sur rien. C'est l'élu de Trappes est forcément ambigu avec le communautarisme, donc on distille un poison", a-t-il répondu sur le plateau de France 2, mercredi 25 janvier, dénonçant une "attitude pas très responsable" de son adversaire. Et c'est cette attitude qui a poussé son directeur de campagne Mathieu Hanotin à écrire au patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, pour lui demander d'intervenir. "Ces "sorties de route" installent un climat nauséabond jusqu'ici étranger à la campagne", écrit-il au Premier secrétaire du Parti socialiste. Mathieu Hanotin menace même de "saisir formellement la Haute autorité", si la situation persiste.

Les premiers débats ont été inintéressants, là il y a la notion de risque, de prendre des coups

Malek Boutih, proche de Manuel Valls
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Alors ce soir, le plateau du débat va-t-il se transformer en un ring de boxe, sport pratiqué dans le privé par Manuel Valls ? Ce dernier s'est d'ailleurs préparé "comme un boxeur", selon son ami Malek Boutih, au micro de RTL. "Les premiers débats ont été foireux (sic), inintéressants. Là il y a la notion de risque, de se mouiller, de prendre des coups", poursuit ce fidèle soutien de l'ancien premier ministre. 

Benoît Hamon ne part, lui, pas du tout dans la même optique. "Je pense qu'on ne gagne jamais à l'énervement, à l'arrogance, à la brutalité. On n'a jamais été mordre les mollets de je ne sais quel candidat", affirme le le directeur de campagne du candidat. "Nous sommes là pour présenter nos idées, qui sont les seules idées innovantes de cette primaire. Si l'autre candidat souhaite avoir une stratégie différente c'est son choix, mais je pense que ce n'est pas bien pour le débat", déplore Mathieu Hanotin. 

Le débat de ce soir sera donc une véritable opposition d'idées, de styles et de stratégies. Malek Boutih l'annonce : "Ce sera l'émission politique à ne pas rater". 

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