5 min de lecture Primaire PS

Primaire de la gauche : ce qu'il faut retenir du deuxième débat

ÉCLAIRAGE - Les sept candidats de la primaire de la Belle alliance populaire se sont affrontés, ce dimanche 15 janvier.

Les candidats sur le plateau du second débat en vue de la primaire de la gauche, dimanche 15 janvier
Les candidats sur le plateau du second débat en vue de la primaire de la gauche, dimanche 15 janvier Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Et de deux. Trois jours après avoir participé au premier débat de la primaire de la gauche, Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel et Manuel Valls se sont retrouvés sur BFMTV et i>Télé, ce dimanche 15 janvier. Les discussions ont tourné autour de cinq grands thèmes : "La France dans un monde nouveau", "L’Europe et ses frontières", "Objectif, France verte ?", "Quel président de gauche ?" et "L’École de demain".

Si le ton était plus enlevé que lors de la première soirée de débat, les sept prétendants à l'investiture du PS et de ses alliés sont restés corrects entre eux. Ils ont cependant régulièrement montré leurs divergences programmatiques et idéologiques, s'opposant notamment sur la question de l'accueil des migrants, le nucléaire, les énergies renouvelables et le cannabis.

Une France "indépendante" et plus d'Europe

Dès les premières minutes de ce débat, les sept concurrents ont affiché leurs désaccords sur la question européenne. S'ils ont tous affirmé leur volonté de diriger une "France forte", qui n'adopte pas une attitude "suiviste" vis-à-vis des États-Unis de Donald Trump ou de la Russie de Vladimir Poutine, les candidats à la primaire de la gauche ont rappelé leur volonté de renforcer la construction de l'Union européenne, notamment par le biais d'une défense commune. François de Rugy a d'ailleurs proposé de mettre en place une "alliance militaire européenne, en commençant par la France, l'Allemagne et la Pologne". Cette Europe "unie et forte" devrait permettre, selon Manuel Valls, d'entrer dans "un rapport de force" avec les présidents américain et russe. L'ex-locataire de Matignon a toutefois appelé de ses vœux "une pause" dans l'élargissement de l'Union européenne, afin de la recentrer sur ses missions de "défense, sécurité, convergences économique et sociale".

>
Manuel Valls : "Il faut savoir où commence l'Europe et où elle se termine" Crédit Image : Capture d'écran BFMTV | Date :

Arnaud Montebourg a plaidé pour un protectionnisme européen, fustigeant le manque de mesures prises par l'UE pour protéger son industrie, alors que, selon lui, "les autres continents le font". Vincent Peillon a, lui, dressé un bilan positif du quinquennat Hollande sur la construction européenne, évoquant le "sauvetage" de la Grèce et la "consolidation du budget européen", et appelé à aller plus loin. L'ancien ministre de l'Éducation nationale a notamment expliqué que la France devait tenir son rang en terme de "désendettement".

À lire aussi
L'ancien Premier ministre, Manuel Valls élections
Manuel Valls : "Parfois, il m'est arrivé de confondre autorité et autoritarisme"

Constatant une "désaffection" des peuples pour l'Europe, Jean-Luc Bennahmias a expliqué sa volonté de changer l'orientation du développement de l'UE. Le président du Front Démocrate veut "bâtir un socle avec l'Europe du Sud : l'Italie, le Portugal et l'Espagne", avant de "discuter avec le Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, ndlr)". Selon lui, "le couple franco-allemand ne fonctionne plus".

Benoît Hamon impose le thème des migrants

Lors du débat du 12 janvier, diffusé par RTL et TF1, Benoît Hamon avait réussi à faire tourner la discussion autour de sa proposition de revenu universel. Ce dimanche, l'ex-ministre est parvenu au même résultat en abordant la question des migrants par le biais de sa proposition de "visa humanitaire". Manuel Valls lui a répondu, estimant que la France a mené "une politique généreuse et maîtrisée" tout au long de ce quinquennat. Une déclaration contredite par Vincent Peillon, qui a estimé que "les Français ont été plus généreux que leurs dirigeants". Même son de cloche chez Arnaud Montebourg, qui a souligné l'action des maires, "entre 500 et 1.000", qui ont volontairement accueilli des migrants, malgré les moyens "parfois chiches" dont ils disposaient.

>
Benoît Hamon veut mettre en place un visa humanitaire Crédit Image : Capture d'écran BFMTV | Crédit Média : RTLNET | Date :

Sylvia Pinel a de son côté proposé la mise en place d'un "droit d'asile européen", afin d'éviter "des différences de traitement des demandes d'un pays à l'autre". Selon la présidente du PRG, la "Jungle" de Calais n'aurait jamais existé si "le traitement de l'asile était pareil partout". Pour François de Rugy, seule la "coopération européenne" permettra de gérer au mieux l'arrivée des migrants. L'écologiste s'est dit favorable à une "politique des quotas" européenne, dont il regrette qu'elle n'ait pas déjà été mise en place.

Manuel Valls défend son action

La tournure du débat a amené plusieurs fois Manuel Valls à défendre le bilan du quinquennat écoulé. Europe, accueil des migrants, intervention au Mali, conflit syrien, politique énergétique... L'ancien premier ministre a plusieurs fois considéré que le gouvernement avait bien agi au cours des dernières années. "J'en ai assez que l'on remette en cause la France", s'est-il même agacé. "Critiquer une politique, ce n'est pas s'en prendre à la France", lui a répondu Vincent Peillon.

Comme lors du premier débat, Manuel Valls a eu l'occasion de redire sa "fierté" d'avoir gouverné avec François Hollande. Et d'ajouter : "Je suis lucide sur les réussites et les échecs. Quand on gouverne, il faut être fier".

Des oppositions idéologiques

Le nucléaire et le cannabis ont permis aux sept candidats de montrer leurs différences. Sur la question énergétique, Arnaud Montebourg a affiché sa volonté de compter sur le nucléaire pour se "défaire" de l'ennemi que sont "le carbone, le charbon et le pétrole". L'ancien ministre du Redressement productif a toutefois souligné que "la montée de l'énergie renouvelable" est sa proposition. Vincent Peillon veut, lui aussi, que "les énergies les plus propres montent en gamme". Au contraire, Benoît Hamon ne voit pas en l'énergie nucléaire une solution durable. L'ancien ministre a affirmé que les énergies renouvelables permettraient de créer "six fois plus d'emplois" que le nucléaire.

La légalisation du cannabis a elle aussi permis aux candidats d'afficher des divergences idéologiques. Les pro-légalisation que sont Benoît Hamon, Sylvia Pinel et Jean-Luc Bennahmias ont mis en avant l'inutilité, selon eux, de la "prohibition" - François de Rugy a évoqué la prohibition américaine des années 30 - et ont affirmé qu'une légalisation permettrait de lutter plus efficacement contre les trafics. Sylvia Pinel a par ailleurs assuré qu'elle permettrait de "redéployer les forces de l'ordre sur les autres trafics de stupéfiants". Jean-Luc Bennahmias, qui a par ailleurs raconté avoir déjà consommé du cannabis, a déploré que la France soit, selon lui, "le seul pays à ne pas être capable de débattre".


Alors que Vincent Peillon a défendu l'idée d'une "grande conférence nationale", Arnaud Montebourg aimerait "associer les citoyens à ce débat", bien qu'il considère qu'il est "inutile que la présidentielle se déroule autour d'un tel sujet". Résolument opposé à la légalisation, Manuel Valls a assuré qu'elle amènerait "plus de trafics". Ainsi l'ancien premier ministre veut-il maintenir une politique de santé axée sur la prévention, "car le curatif coûte plus cher".

>
"Fumer du cannabis ça m'est arrivé ! Pas ce soir" dit Jean-Luc Bennahmias Crédit Média : RTLNET | Date :

Pas d'attaque contre François Hollande

Aucun des sept candidats n'a été très offensif au moment de faire le bilan du quinquennat Hollande. Outre Manuel Valls, dont la candidature est un prolongement de son action à Matignon (2014-2016), les six autres participants à la primaire ont orienté leur réponse sur l'action qu'ils aimeraient mené en tant que président, sans égratigner celui qui dirige l'État depuis 2012.

Benoît Hamon a par exemple "salué la décision du président de la République (de ne pas se représenter, ndlr) parce qu'elle (nous) facilite les choses". Et de renier le principe d'un "président providentiel". Jean-Luc Bennahmias, qui a toujours défendu le Président, a toutefois exprimé une réserve : "Il a essayé d'être normal. C'est impossible". Le président du Front démocrate a confirmé les propos de Benoît Hamon, estimant qu'"il n'y a aura plus de De Gaulle et Mitterrand". Pour l'anecdote, François Hollande n'a pas assisté au débat de ce jeudi 12 janvier, préférant se rendre au théâtre pour assister à la dernière représentation du one-man show de Michel Drucker.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Primaire PS Présidentielle 2017 Benoît Hamon
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7786748440
Primaire de la gauche : ce qu'il faut retenir du deuxième débat
Primaire de la gauche : ce qu'il faut retenir du deuxième débat
ÉCLAIRAGE - Les sept candidats de la primaire de la Belle alliance populaire se sont affrontés, ce dimanche 15 janvier.
https://www.rtl.fr/actu/politique/primaire-de-la-gauche-ce-qu-il-faut-retenir-du-deuxieme-debat-7786748440
2017-01-15 20:45:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/vI2cudB5hJY_Gs4f4ewpLg/330v220-2/online/image/2017/0115/7786749304_les-candidats-sur-le-plateau-du-second-debat-en-vue-de-la-primaire-de-la-gauche-dimanche-15-janvier.jpg